Porto-Vecchio : des expertises réclamées pour les falaises de Calzarellu

Face à l'érosion littorale, les élus réclament de nouvelles études pour protéger les bâtiments en surplomb sur ce secteur sensible.

Porto-Vecchio : des expertises réclamées pour les falaises de Calzarellu
Illustration Lisandru Marchetti / info.fr

Le secteur de Calzarellu concentre les inquiétudes à Porto-Vecchio. L'érosion des falaises menace des constructions en surplomb, et les élus locaux exigent des expertises complémentaires. La logique de repli stratégique imposée par l'État est contestée.

Le dossier était dans l’air depuis plusieurs mois. Il a pris une dimension plus concrète après le conseil municipal du 7 avril 2026. À Porto-Vecchio, les élus débattent des mesures à prendre pour protéger les bâtiments implantés en surplomb des falaises de Calzarellu, un secteur particulièrement touché par le recul du trait de côte, selon Corse Net Infos.

L’expérimentation comme réponse locale

Le Dr André Rocchi, maire de Prunelli di Fiumorbu, s’est saisi du sujet. Il plaide pour une démarche d’adaptation active, en s’appuyant sur la loi d’expérimentation avec l’accord de l’État. Sa position est claire : le cadre national ne suffit pas. « Aujourd’hui, les réponses apportées reposent principalement sur une logique de repli stratégique. Si cette approche vise à sécuriser l’action publique dans un cadre national, elle ne peut, à elle seule, répondre à la diversité des territoires », déclare-t-il, cité par Corse Net Infos.

Concrètement, la commune souhaite engager une nouvelle démarche pour son littoral. De nouvelles expertises sont demandées pour évaluer précisément les risques et identifier des solutions techniques. Les détails du programme n’ont pas encore été rendus publics.

Un enjeu qui dépasse Porto-Vecchio

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L’érosion côtière n’est pas un problème isolé. En France, environ 20 % des côtes - soit près de 900 km - sont concernées, avec 30 km² de terres perdus en cinquante ans, touchant plus de 500 communes littorales, selon l’association nationale des élus du littoral (ANEL).

En septembre 2025, les élus du littoral s’étaient réunis à Bonifacio pour un congrès de l’ANEL. Ils avaient alors alerté sur les 5 200 logements potentiellement menacés d’ici 2050, pour un coût estimé à 1,2 milliard d’euros, selon France Inter. Le maire de Bonifacio, Jean-Charles Orsucci, réclamait la création d’un fonds dédié financé par l’État. Un amendement budgétaire allant dans ce sens - assis sur 1 % du chiffre d’affaires des plateformes de location touristique courte durée - avait été adopté avant d’être supprimé dans le budget 2026, selon Le Moniteur.

L’érosion des côtes rocheuses autour de Porto-Vecchio est documentée depuis les années 1950, avec des reculs moyens estimés entre 0,3 et 1 m/an dans des secteurs comparables, selon un rapport de la Collectivité de Corse.

Prochaine étape : les propositions concrètes pour adapter la loi Littoral seront présentées au Congrès de l’ANEL les 24 et 25 septembre 2026 à la baie du Mont-Saint-Michel, selon l’association.

Sources

Lisandru Marchetti

Lisandru Marchetti

Correspondant à Ajaccio, suit la politique insulaire, les tensions nationalistes, le tourisme estival et les chantiers routiers. Diplômé de l'IUT info-com de Corte, il a grandi dans le Sartenais et connaît les clans locaux. Principe : ne jamais céder aux pressions, vérifier les marchés publics, interroger élus et militants, croiser les sources avant de conclure.

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