Portugal : 125 morts liés à la canicule, l’état d’alerte prolongé
La DGS confirme un bilan lourd entre le 13 juin et le 7 juillet, tandis que l'incendie de Vouzela mobilise une aide européenne inédite
La Direction générale de la Santé portugaise a recensé 125 décès en excès liés à la chaleur en trois semaines. Dans le district de Viseu, l'incendie de Vouzela a brûlé près de 14 000 hectares et déclenché une mobilisation internationale, alors que l'état d'alerte reste en vigueur.
L’essentiel
- Bilan sanitaire : 125 décès en excès liés à la chaleur recensés par la DGS entre le 13 juin et le 7 juillet 2026
- Incendie majeur : le feu de Vouzela (district de Viseu), parti le 2 juillet, a détruit près de 14 000 hectares
- Moyens engagés : plus de 1 100 pompiers, des Canadairs espagnols et italiens, et 100 militaires de l’Unité militaire d’urgence espagnole
- Alerte prolongée : l’état d’alerte incendie et canicule reste en vigueur dans dix districts jusqu’au 9 juillet 2026 à 23h59
Le Portugal referme une période noire sur le plan climatique. La Direction générale de la Santé (DGS) a confirmé un bilan qui, sans être une surprise pour les autorités sanitaires, illustre l’ampleur de l’épisode de chaleur traversé par le pays depuis la mi-juin.
Ce que révèle le bilan de la DGS
Selon la DGS, 125 décès en excès imputables aux fortes chaleurs ont été enregistrés entre le 13 juin et le 7 juillet 2026. La directrice générale de la Santé, Rita Sá Machado, a toutefois nuancé ce chiffre en précisant, selon des propos rapportés par Observador, que la mortalité constatée lors des dernières vagues de chaleur restait inférieure aux projections initiales des autorités sanitaires. Le média SIC Notícias a résumé ce constat en dix minutes d’antenne consacrées au sujet.
Ces chiffres de surmortalité sont calculés en comparant les décès observés à une moyenne attendue sur la même période, une méthode utilisée classiquement en épidémiologie pour mesurer l’impact réel des vagues de chaleur, au-delà des seuls cas directement diagnostiqués comme coups de chaleur. Le compte dntwit a relayé les mêmes données, précisant qu’elles portaient sur les décès associés aux hautes températures de juin et juillet.
Vouzela, le plus grand feu de l’année en Europe
Parallèlement à cette crise sanitaire, le Portugal fait face à un sinistre forestier d’une ampleur rare. L’incendie de Vouzela, dans le district de Viseu, s’est déclaré le 2 juillet et a détruit près de 14 000 hectares de forêt, selon les données rapportées par Factae. Le média suisse RTS a fait état de plus de 1 100 pompiers mobilisés sur le terrain, appuyés par d’importants moyens aériens et terrestres.
L’ampleur du sinistre se mesure aussi depuis l’espace. Selon The Portugal News, des images satellites ont montré un panache de fumée s’étendant sur 620 kilomètres, un signe de l’intensité du feu et de la sécheresse du couvert forestier dans cette région du centre du pays.
Une mobilisation internationale sans précédent
Face à la difficulté de circonscrire les flammes, Lisbonne a activé le Mécanisme européen de protection civile pour obtenir en urgence des avions bombardiers d’eau de type Canadair depuis l’Espagne et l’Italie, rapporte TSF. L’Espagne a en outre déployé plus de 100 militaires et 30 véhicules de son Unité militaire d’urgence (UME) pour combattre les flammes au sol, selon CNN Portugal. Le gouvernement portugais a également sollicité l’assistance bilatérale du Maroc face au risque élevé de propagation des feux de forêt, précise le média Atalayar.
Cette coopération transfrontalière n’est pas isolée en Europe du Sud, où les moyens de lutte contre les incendies sont régulièrement partagés d’un pays à l’autre lors des pics de saison. Elle illustre néanmoins la gravité perçue par les autorités portugaises face à un feu qualifié de plus important de l’année dans le pays.
L’état d’alerte prolongé jusqu’au 9 juillet
Le gouvernement a prolongé l’état d’alerte incendie et canicule dans dix districts du territoire continental, jusqu’au 9 juillet 2026 à 23h59, selon RTP. Le compte tugadaily a résumé la situation sur le réseau X : l’état d’alerte se maintient la semaine suivante, avec des températures dépassant les 40°C, tandis que Vouzela, plus grand feu de l’année avec près de 14 000 hectares brûlés, continue de mobiliser l’aide européenne sur le terrain.
Concrètement, cet état d’alerte se traduit par des mesures restrictives : interdiction des brûlis agricoles et forestiers, et limitations sur l’usage de machines agricoles susceptibles de provoquer des étincelles dans les zones les plus sèches. Ces restrictions, classiques en période de risque incendie élevé au Portugal, visent à limiter les départs de feu accidentels tant que les températures restent élevées.
Contexte au Portugal : une saison des feux déjà hors norme
L’épisode de Vouzela ne survient pas dans un contexte vierge. Selon le Système européen d’information sur les feux de forêt (EFFIS), plus de 30 000 hectares avaient déjà brûlé au Portugal depuis le début de l’année 2026, rapporte Observador. Le pays, régulièrement confronté à des étés à haut risque incendie du fait de son climat méditerranéen et de vastes massifs d’eucalyptus et de pins, avait déjà connu des saisons noires par le passé, notamment en 2017. Le district de Viseu, où se trouve Vouzela, est une zone rurale et forestière du centre du Portugal, moins densément peuplée que la bande littorale mais régulièrement exposée aux incendies estivaux.
Pour les lecteurs français, ce dossier n’est pas anecdotique : le Portugal reste l’une des destinations touristiques les plus prisées par les voyageurs français, et les épisodes de canicule et d’incendies dans le pays ont, par le passé, déjà affecté la fréquentation touristique et suscité des messages de vigilance des autorités consulaires françaises à l’égard des ressortissants présents sur place.
Ce qui reste à surveiller
La situation sanitaire et le front du feu de Vouzela devraient continuer à occuper les autorités portugaises dans les prochains jours, l’état d’alerte courant jusqu’au 9 juillet 2026 au soir. Les autorités n’ont pas communiqué à ce stade de calendrier de sortie de crise au-delà de cette date.