Le Portugal élargit le don d’organes après arrêt cardiaque contrôlé

Une réforme historique autorise les prélèvements en soins intensifs après retrait des traitements. Quatre hôpitaux pilotes testent le protocole dès cet été.

Le Portugal élargit le don d'organes après arrêt cardiaque contrôlé
Illustration Tomas Almeida / info.fr
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Le Portugal franchit une étape majeure dans sa politique de transplantation. Depuis fin juillet 2026, les hôpitaux peuvent prélever des organes chez des patients décédés après un arrêt cardiorespiratoire contrôlé en soins intensifs. Une phase-pilote débute dans quatre centres hospitaliers.

L'essentiel

Ce qu'il faut retenir

Faits vérifiés
  • Le Portugal autorise depuis fin juillet 2026 les prélèvements d'organes après arrêt cardiorespiratoire contrôlé en soins intensifs
  • Quatre hôpitaux à Porto, Lisbonne et Coimbra testent le protocole pendant six mois à un an
  • Le gouvernement table sur 20 % de donneurs supplémentaires, soit 50 à 100 par an selon les estimations
  • En 2025, le Portugal a réalisé 948 greffes, un chiffre record mais insuffisant face à la demande
  • La mesure concerne les donneurs de catégorie III de Maastricht, après décision de retrait des soins
5 faits vérifiés 4 sources mis à jour le 23 juillet à 14:05

Le Portugal vient d’élargir ses règles de don d’organes pour inclure les prélèvements après arrêt cardiorespiratoire contrôlé, une pratique déjà courante dans plusieurs pays européens mais inédite dans le pays. La mesure, officialisée fin juillet 2026 par un arrêté de la secrétaire d’État à la Santé Ana Povo, autorise désormais les prélèvements chez des patients en soins intensifs dont les traitements de maintien en vie ont été interrompus.

Cette réforme cible spécifiquement les donneurs de catégorie III de la classification de Maastricht, c’est-à-dire des patients pour lesquels la décision médicale de retrait des soins a été prise. Jusqu’ici, le Portugal limitait les prélèvements aux cas de mort encéphalique ou d’arrêt cardiaque survenu hors de l’hôpital.

Quatre hôpitaux pilotes pour tester le protocole

Une phase-pilote de six mois à un an débute dans quatre grands pôles hospitaliers : l’hôpital São João à Porto, les hôpitaux Santa Maria et São José à Lisbonne, et l’unité locale de santé de Coimbra. Ces centres ont été sélectionnés pour leur expertise en transplantation et leur capacité à gérer le nouveau protocole.

Selon l’Observador, le gouvernement estime que cette réforme pourrait augmenter le nombre de donneurs de 20 % par an. Le Portugal Resident rapporte que le programme pilote pourrait fournir entre 50 et 100 donneurs supplémentaires chaque année.

Une réponse à la pénurie chronique d’organes

Malgré des chiffres record en 2025 avec 948 greffes réalisées selon la Société portugaise de transplantation, le pays reste confronté à une demande croissante. Les listes d’attente s’allongent et les autorités sanitaires cherchent depuis plusieurs années à diversifier les sources de donneurs.

Cette réforme aligne le Portugal sur les pratiques de pays comme l’Espagne, la France ou le Royaume-Uni, où les prélèvements après arrêt cardiorespiratoire contrôlé représentent une part significative des dons. En France, cette procédure appelée Maastricht III est encadrée depuis 2015 et a permis d’augmenter le pool de donneurs d’environ 15 %.

Un cadre éthique et juridique strict

La mesure s’inscrit dans le système de consentement présumé portugais, en vigueur depuis 1993. Tout citoyen est considéré comme donneur potentiel sauf opposition explicite de son vivant. Les familles sont systématiquement consultées, comme le prévoit le Diário da República.

Le protocole impose un délai strict entre l’arrêt des traitements et le début du prélèvement, ainsi qu’une séparation claire entre les équipes soignantes et les équipes de transplantation. Ces garde-fous visent à garantir que la décision de retrait des soins reste indépendante de toute considération liée au don d’organes.

Contexte au Portugal

Le Portugal compte environ 11,4 millions d’habitants et dispose de 18 districts. Le pays est reconnu pour son système de santé public (Serviço Nacional de Saúde) et son avance historique en matière de transplantation, avec un taux de donneurs par million d’habitants parmi les plus élevés d’Europe.

Cette réforme s’inscrit dans une stratégie nationale de santé publique qui privilégie les solutions innovantes pour répondre au vieillissement de la population et à l’augmentation des pathologies chroniques nécessitant des greffes.

Prochaine étape

À l’issue de la phase-pilote, prévue pour début 2027, le gouvernement évaluera l’extension du protocole à l’ensemble des hôpitaux portugais équipés de services de soins intensifs et de coordination de transplantation. Les premiers résultats devraient être communiqués dès l’automne 2026.

Tomas
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Sources

Tomas Almeida

Tomas Almeida

Tomas Almeida est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondant à Lisbonne. basé sur place, Il couvre l'actualité de le Portugal pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Il pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays,…

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