Précarité énergétique : Barentin renforce ses aides face à la hausse du froid subi

En Normandie, un ménage sur cinq est en situation de vulnérabilité énergétique. La Communauté de Communes Caux-Austreberthe répond par un plan d'action concret.

Précarité énergétique : Barentin renforce ses aides face à la hausse du froid subi
Illustration Nathalie Rousselin / info.fr

Un rapport de l'Observatoire National de la Précarité Énergétique publié en novembre 2025 tire la sonnette d'alarme : 35% des Français ont eu froid chez eux l'an dernier, contre 30% en 2024. À Barentin, la collectivité a anticipé en inscrivant la lutte contre la précarité énergétique dans son plan d'action territorial.

Derrière les statistiques nationales, des factures qu’on ne peut plus payer, un radiateur qu’on n’ose plus allumer. Selon le baromètre du Médiateur National de l’Énergie, 35% des ménages français ont déclaré avoir eu froid dans leur logement en 2025, contre 30% l’année précédente - et 37% d’entre eux l’expliquent par des raisons financières. L’Observatoire National de la Précarité Énergétique (ONPE) chiffre à 3,1 millions le nombre de foyers concernés en France, soit 10,1% de la population.

La Normandie, territoire particulièrement exposé

La région n’est pas épargnée. Selon l’INSEE, 293 000 ménages normands sont en situation de vulnérabilité énergétique, soit un sur cinq. Parmi eux, 55 935 ménages dépassent le seuil de pauvreté tout en occupant des logements classés DPE E - des passoires thermiques qui vident les budgets chaque hiver. France Bleu Normandie a relayé l’appel d’une coopérative de consommateurs qui le formule sans détour :

À Barentin, un plan d’action chiffré

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La Communauté de Communes Caux-Austreberthe, dont Barentin est la commune centre, a inscrit la lutte contre la précarité énergétique dans son Plan d’Action PCAET adopté en février 2025. Le dispositif central : le Pacte Territorial, doté d’un budget de 7 500 € pour 2025, en partenariat avec l’ANAH et la DDTM. Objectif affiché - mobiliser les ménages modestes prioritaires vers des solutions de rénovation, via des animations et un accompagnement ciblé.

En parallèle, un réseau de chaleur renouvelable est en cours de déploiement sur le territoire, suite à une étude de faisabilité lancée en 2023. Son coût prévisionnel est estimé à 128 €/MWh avec un taux d’énergie renouvelable de 90,6%, selon les documents publiés par la communauté de communes. L’objectif : réduire la dépendance aux énergies fossiles et alléger les charges de chauffage des foyers raccordés.

Du côté des aides individuelles, les ménages modestes de Seine-Maritime peuvent bénéficier d’un soutien départemental couvrant 25% des travaux jusqu’à 10 000 € TTC, soit jusqu’à 2 500 €, pour tout projet permettant un gain de deux classes DPE. Nationalement, MaPrimeRénov’ a financé 379 428 rénovations en 2025 (+16%), avec une réouverture aux dossiers en 2026, selon Le Courrier Cauchois.

Ombre au tableau : le budget de l’ANAH tombe à 1,5 milliard d’euros en 2026, contre 2,3 milliards l’année précédente. La Fondation Abbé Pierre s’en est inquiétée publiquement, estimant que cette coupe pourrait aggraver la situation des ménages les plus fragiles à court terme.

Sources

Sébastien Duval

Sébastien Duval

Correspondant à Rouen, suit le port, les tensions sur la pétrochimie, l'industrie pharmaceutique et les débats sur la pollution de l'air. Formé à l'ESJ Lille, il a commencé en PQR normande. Conviction : interroger les syndicalistes, les élus, les associations environnementales, croiser les rapports Atmo avant de conclure.

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