Présomption d’usage des armes : le texte voté à l’Assemblée
Adopté le 7 juillet 2026 via l'article 44.3, le texte inverse la charge de la preuve pour les policiers et gendarmes armés
L'Assemblée nationale a adopté le 7 juillet 2026 la proposition de loi instaurant une présomption d'usage légitime des armes pour les forces de l'ordre. Le gouvernement de Sébastien Lecornu a dû recourir à l'article 44 alinéa 3 de la Constitution pour faire voter le texte, désormais transmis au Sénat.
L’essentiel
- Fait 1 : Le 7 juillet 2026, l’Assemblée nationale a adopté en seconde délibération la proposition de loi sur la présomption d’usage légitime des armes par les forces de l’ordre, selon Vie Publique.
- Fait 2 : Le gouvernement de Sébastien Lecornu a utilisé l’article 44 alinéa 3 de la Constitution, le vote unique, pour accélérer l’adoption du texte.
- Fait 3 : Le texte a été initialement déposé par le député Éric Pauget, du groupe Droite républicaine, selon l’Assemblée nationale.
- Fait 4 : Une pétition citoyenne opposée à la réforme a recueilli plus de 300 000 signatures sur la plateforme de l’Assemblée, selon LCP.
- Fait 5 : La proposition de loi doit maintenant être examinée par le Sénat, selon Boursorama.
Le vote est tombé le 7 juillet 2026, en fin de journée, dans un hémicycle tendu. Les députés ont adopté en première lecture la proposition de loi instaurant une présomption d’usage légitime des armes par les policiers et les gendarmes, rapporte Vie Publique. Le texte, déposé par le député Éric Pauget, du groupe Droite républicaine, était examiné depuis plusieurs semaines et avait donné lieu à de nombreux amendements de l’opposition.
Un vote accéléré par l’article 44.3
Face à l’obstruction annoncée par les députés de gauche, le gouvernement de Sébastien Lecornu a choisi de recourir à l’article 44 alinéa 3 de la Constitution, qui permet de soumettre au vote un texte en une seule fois, sans discussion supplémentaire des amendements restants. Cette procédure, réservée aux textes jugés prioritaires par l’exécutif, a permis d’accélérer l’adoption alors que le débat s’annonçait long, selon les informations rapportées par LCP.
Ce que change le texte pour les policiers et gendarmes
Le cœur de la réforme tient dans l’inversion de la charge de la preuve. Selon Amnesty International, la loi prévoit que les policiers et gendarmes ayant fait usage de leur arme à feu en situation de légitime défense bénéficient désormais d’une présomption d’usage légitime. Concrètement, selon Imaz Press, ce sont les enquêteurs qui devront démontrer que l’usage de l’arme n’était pas justifié, et non plus l’agent qui devra prouver qu’il agissait en état de légitime défense.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a défendu le texte devant les députés en assurant qu’il ne créait aucune irresponsabilité pénale pour les forces de l’ordre, selon LCP. Pour l’exécutif, la présomption ne fait que sécuriser juridiquement des agents confrontés à des situations où leur vie ou celle d’un tiers est menacée, sans les exonérer de tout contrôle judiciaire en cas de faute avérée.
Une opposition vive, de la gauche à la Défenseure des droits
Le camp d’en face n’a pas désarmé. Le député LFI Manuel Bompard a dénoncé un texte susceptible de compromettre la recherche de la vérité lors des enquêtes menées après un tir policier, selon LCP. Les partis du Nouveau Front populaire ont voté contre, tout comme le Syndicat de la magistrature, qui a dénoncé une grave atteinte à l’État de droit dans un communiqué cité par ses propres canaux.
La Défenseure des droits, Claire Hédon, a de son côté alerté sur le risque d’affaiblissement du contrôle judiciaire qu’entraînerait cette inversion de la charge de la preuve, au détriment potentiel des victimes de tirs policiers, selon les éléments rapportés par son institution. Cette prise de position d’une autorité indépendante a pesé dans le débat, sans empêcher l’adoption du texte.
300 000 signatures contre le texte
La contestation ne s’est pas limitée à l’hémicycle. Une pétition citoyenne déposée sur la plateforme de l’Assemblée nationale pour s’opposer à la réforme a recueilli plus de 300 000 signatures, selon LCP. Ce chiffre, rare pour ce type d’initiative, traduit une mobilisation qui a dépassé les seuls rangs de la gauche parlementaire, sans pour autant infléchir le calendrier du gouvernement.
Contexte : un débat national sur l’usage des armes par la police
Cette réforme s’inscrit dans un débat récurrent sur l’encadrement juridique de l’usage des armes par les forces de l’ordre, régulièrement relancé après des tirs mortels lors de contrôles routiers ou d’interpellations. La proposition de loi portée par Éric Pauget répond à une demande ancienne des syndicats de policiers, qui réclament depuis plusieurs années une sécurisation juridique renforcée pour les agents amenés à faire usage de leur arme. À l’inverse, les associations de défense des droits humains, dont Amnesty International, redoutent qu’une présomption légale ne fragilise les poursuites en cas de bavure. Le texte est désormais transmis au Sénat, où la majorité sénatoriale devra se prononcer à son tour, selon Boursorama.
Prochaine étape : l’examen du texte par le Sénat, dont la date n’a pas encore été précisée à ce stade.