Privas : le préfet de l’Ardèche ferme le magasin CBD’IN pour vente de stupéfiants
Première application en Ardèche de la loi Narcotrafic trois mois de fermeture pour un commerce vendant des produits au THC illégal
Le préfet de l'Ardèche Benoît Trévisani a ordonné la fermeture administrative pour trois mois du magasin CBD'IN à Privas. Les analyses du laboratoire de police scientifique de Lyon ont confirmé des taux de THC dépassant le seuil légal. C'est la première mesure de ce type appliquée dans le département.
Le préfet de l’Ardèche Benoît Trévisani a ordonné la fermeture administrative pour trois mois du magasin CBD’IN à Privas. Les analyses du laboratoire de police scientifique de Lyon ont confirmé des taux de THC dépassant le seuil légal. C’est la première mesure de ce type appliquée dans le département.
L’essentiel
- Trois mois : durée de la fermeture administrative du magasin CBD’IN à Privas, ordonnée par arrêté préfectoral.
- THC > 0,3 % : taux confirmé par le laboratoire de police scientifique de Lyon, seuil au-delà duquel le produit est classé stupéfiant en France.
- Loi n° 2025-532 : la loi Narcotrafic du 13 juin 2025 permet cette fermeture sans attendre une condamnation définitive.
- Première en Ardèche : aucune fermeture similaire de commerce CBD n’avait été recensée dans le département avant 2026.
- CODAF : le contrôle a été conduit par les services de la police nationale dans le cadre du Comité opérationnel départemental anti-fraude.
Un arrêté préfectoral signé en avril 2026
Benoît Trévisani, préfet de l’Ardèche, a signé un arrêté préfectoral ordonnant la fermeture administrative de l’établissement CBD’IN, situé à Privas. La mesure s’applique pour une durée de trois mois, selon la préfecture de l’Ardèche.
Le préfet a réagi sur X :
Dans sa déclaration, Trévisani ne laisse aucune ambiguïté : « Il n’y a et n’y aura aucune tolérance pour ceux qui vendent, achètent ou consomment ces produits totalement illégaux. La réponse de l’État sera de la plus grande fermeté et, comme pour cet établissement, je n’hésiterai pas à mobiliser tous les moyens prévus dans la loi ‘Narcotrafic’ dans la lutte sans merci que nous menons contre le trafic de stupéfiants. »
Des produits analysés à Lyon, des taux hors norme
Tout commence par un contrôle des services de la police nationale, mené dans le cadre du CODAF - le Comité opérationnel départemental anti-fraude. Des produits ont été saisis dans le commerce privadois.
Envoyés au laboratoire de police scientifique de Lyon, ils ont révélé des taux de THC (tétrahydrocannabinol) supérieurs aux seuils autorisés. En France, la législation fixe la limite à 0,3 % de THC dans la plante entière pour qu’un produit à base de chanvre puisse être commercialisé légalement. Au-delà, le produit est classé stupéfiant, selon la réglementation française en vigueur en 2026.
Les produits vendus par CBD’IN franchissaient ce seuil. La fermeture administrative a suivi, sans qu’une condamnation pénale définitive soit nécessaire - c’est précisément ce que permet la loi Narcotrafic.
La loi Narcotrafic de 2025, outil central de la décision
La loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 - dite loi Narcotrafic - a introduit en droit français la possibilité de fermer administrativement des commerces impliqués dans le trafic de stupéfiants, sans attendre l’issue d’une procédure judiciaire. Elle cible notamment les « commerces-écrans » qui utilisent une façade légale pour écouler des produits illicites.
Ce dispositif avait déjà été activé en Île-de-France : une vingtaine de commerces y ont été fermés depuis le printemps 2025, selon Le Parisien. La fermeture de CBD’IN à Privas marque son entrée en application en Ardèche. La préfecture confirme qu’il s’agit d’une première dans le département.
Ce type de mesure s’inscrit dans un contexte national de renforcement des actions anti-fraude en Ardèche, où les forces de l’ordre multiplient les opérations coordonnées. Parallèlement, d’autres saisies de stupéfiants ont récemment illustré l’intensification des contrôles dans les établissements pénitentiaires français.
Contexte dans l’Ardèche
Privas est la préfecture de l’Ardèche (07), un département de 330 000 habitants environ, à dominante rurale. La ville abrite les principaux services de l’État pour le département, dont la préfecture elle-même - où une Maison France Services a récemment été inaugurée.
Avant 2026, aucune fermeture administrative de commerce CBD n’avait été recensée en Ardèche, selon la préfecture et Le Dauphiné Libéré. Le département n’était pas réputé pour une concentration particulière de ce type d’établissements. La décision de Trévisani signale un durcissement des contrôles locaux, dans le sillage de la loi de juin 2025.
Le marché national du CBD représente environ 850 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2026 et soutient près de 35 000 emplois en France, selon The Green Store. Ce secteur reste légal pour les produits conformes au seuil de THC, mais les contrôles se multiplient sur l’ensemble du territoire depuis l’entrée en vigueur de la loi Narcotrafic.
Prochaine étape : d’autres contrôles annoncés
Le préfet a explicitement prévenu qu’il n’hésiterait pas à recourir à nouveau à cet outil légal. La préfecture de l’Ardèche n’a pas précisé le nombre de commerces CBD actuellement recensés dans le département, ni si d’autres contrôles CODAF sont programmés à court terme.
La fermeture de CBD’IN court pour trois mois à compter de la signature de l’arrêté. Le gérant du commerce n’a pas fait de déclaration publique à ce stade.
Sources
- Préfecture de l'Ardèche : Le préfet de l'Ardèche ferme administrativement un premier établissement qui vendait des stupéfiants
- Préfet07 (compte officiel X) : Arrêté préfectoral de fermeture de CBD'IN à Privas
- Le Dauphiné Libéré : Le préfet ferme un premier établissement qui vendait des stupéfiants
- Le Parisien : Loi contre le narcotrafic en Île-de-France : les fermetures de commerces, une arme efficace ?