Privas : le préfet Trévisani sur le terrain pour le premier jour de la suspension du permis pour téléphone au volant
L'Ardèche est le 5e département français à appliquer la suspension administrative du permis jusqu'à 6 mois pour usage du téléphone au volant, entrée en vigueur ce 1er juin 2026.
Le préfet Benoît Trévisani était présent ce lundi 1er juin 2026 aux côtés des gendarmes de l'Ardèche pour une opération de contrôle routier à Privas. Jour J d'une mesure inédite dans le département désormais, utiliser son téléphone tenu en main au volant peut valoir une suspension administrative du permis allant jusqu'à six mois.
L’essentiel
- 1er juin 2026 : entrée en vigueur en Ardèche de la suspension administrative du permis jusqu’à 6 mois pour usage du téléphone au volant tenu en main ou port d’un dispositif sonore à l’oreille.
- 5e département : l’Ardèche rejoint les Landes, le Pas-de-Calais, la Charente-Maritime et le Lot-et-Garonne dans ce dispositif.
- 19 morts sur les routes ardéchoises depuis janvier 2026, soit l’équivalent du total de toute l’année 2025, selon la préfecture.
- 527 permis déjà suspendus en 2026 en Ardèche pour comportements dangereux (données préfecture).
- Nouveau bureau : création d’un Bureau de la sécurité et de la prévention routière (BSPR) au cabinet du préfet à compter du 1er juin 2026.
Le préfet dans le contrôle, pas dans les bureaux
Benoît Trévisani n’a pas attendu un communiqué. Ce lundi matin, le préfet de l’Ardèche était sur le terrain avec les gendarmes du département pour une opération de contrôle routier à Privas, le jour même où la nouvelle sanction entrait en vigueur. Les images publiées sur le compte officiel de la préfecture sur X en témoignent.
Le message est clair : usage du téléphone tenu en main ou port d’un dispositif émettant du son à l’oreille pendant la conduite expose désormais le conducteur à une suspension administrative immédiate du permis, pour une durée pouvant aller jusqu’à six mois. La sanction est décidée par le préfet, sans passer par un tribunal.
Une mesure annoncée depuis mai, précédée d’une phase pédagogique
La mesure n’est pas une surprise. Benoît Trévisani l’avait annoncée publiquement le 6 mai 2026 lors d’une interview sur Ici Drôme Ardèche, relayée notamment par France 3 Régions. Un rappel avait été posté sur X le 27 mai, à cinq jours de l’entrée en vigueur.
Tout au long du mois de mai, les forces de l’ordre ont distribué des flyers pour informer les automobilistes. Un contrôle massif avait déjà été organisé le 7 mai, avec 73 points de contrôle et environ 100 agents mobilisés selon la préfecture. L’objectif de cette phase pédagogique : que personne ne puisse se dire qu’il n’était pas au courant.
La préfecture avait formalisé la mesure par communiqué le 7 mai 2026, précisant aussi la création d’un Bureau de la sécurité et de la prévention routière (BSPR) directement rattaché au cabinet du préfet - une première en Ardèche - pour piloter les contrôles et assurer le suivi administratif des suspensions. Pour les gendarmes de Privas, ce renforcement institutionnel s’inscrit dans un contexte opérationnel déjà dense.
Contexte dans l’Ardèche
Les chiffres de la mortalité routière en Ardèche sont la toile de fond de toutes ces décisions. Selon la préfecture, 19 personnes ont perdu la vie sur les routes ardéchoises depuis le début de l’année 2026 - en cinq mois, le département a déjà atteint le total de toute l’année 2025. C’est ce bilan qui a poussé Trévisani à agir vite après sa prise de fonctions.
Nommé préfet de l’Ardèche par décret du 16 juillet 2025 (prise de fonctions le 25 août), Benoît Trévisani est un ancien officier de gendarmerie. Il avait lancé dès le 16 décembre 2025 un plan « Tolérance zéro contre l’insécurité routière ». La suspension pour téléphone au volant en est l’une des mesures phares.
Le département affiche structurellement une mortalité routière supérieure à la moyenne nationale. Selon des sources locales citées par l’hebdomadaire Ardèche, cet écart atteignait +42 % en 2024. Le réseau routier sinueux, la forte fréquentation touristique estivale et les comportements à risque sont régulièrement identifiés comme facteurs aggravants. La sécurité routière reste un enjeu de premier plan dans ce territoire : un accident mortel d’un motard sur l’A89 rappelait encore le 31 mai dernier la réalité de la sinistralité régionale.
En 2026, 527 permis ont déjà été suspendus en Ardèche pour comportements dangereux au volant, tous motifs confondus, selon les données de la préfecture.
Ce que risque concrètement le conducteur
La suspension est administrative : elle ne nécessite pas de condamnation pénale préalable. Elle s’applique dès le constat de l’infraction par les forces de l’ordre, sur décision du préfet. Deux comportements sont visés : tenir son téléphone en main en conduisant, et porter à l’oreille un dispositif émettant du son (oreillette, casque).
La suspension peut aller jusqu’à six mois. Elle s’ajoute aux sanctions pénales déjà existantes (135 euros d’amende, retrait de 3 points sur le permis), sans s’y substituer.
L’Ardèche devient le 5e département à appliquer ce dispositif, après les Landes, le Pas-de-Calais, la Charente-Maritime et le Lot-et-Garonne, selon la préfecture. Une montée en charge progressive au niveau national est en cours, dans le cadre d’une expérimentation préfectorale autorisée par décret.
L’objectif : diviser par deux les morts d’ici 2030
Benoît Trévisani a affiché publiquement un objectif chiffré : réduire de moitié le nombre de morts sur les routes ardéchoises d’ici 2030. La mesure sur le téléphone au volant s’inscrit dans ce cadre, aux côtés de contrôles renforcés sur la vitesse et l’alcool au volant. Le déploiement territorial des représentants de l’État dans la région illustre une même volonté de présence de terrain.
Le BSPR créé ce 1er juin sera notamment chargé du suivi statistique des suspensions liées au téléphone, ce qui permettra d’évaluer l’effet dissuasif de la mesure dans les prochains mois.
Sources
- Préfecture de l'Ardèche (@Prefet07) : Opération de contrôle routier avec les gendarmes de l'Ardèche – 1er juin 2026
- Préfecture de l'Ardèche : Sécurité routière en Ardèche : le préfet renforce les mesures de lutte contre l'insécurité routière
- France 3 Régions / Ici Drôme Ardèche : Le permis de conduire bientôt suspendu en Ardèche pour toute personne utilisant son téléphone au volant
- Le Dauphiné Libéré : Dès le 1er juin, l'usage du téléphone au volant entraînera une suspension de permis automatique