Procès d’Anasse Kazib : rassemblement combatif devant le tribunal de Paris avec Jean-Luc Mélenchon
Plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées ce jeudi 25 juin devant le tribunal judiciaire de Paris en soutien au militant syndical jugé pour apologie du terrorisme.
Anasse Kazib, porte-parole de Révolution Permanente, comparaît ce jeudi 25 juin 2026 devant la 24e chambre correctionnelle de Paris pour des tweets postés le 7 octobre 2023. Un rassemblement unitaire a réuni ses soutiens, dont Jean-Luc Mélenchon, devant le tribunal.
L’essentiel
- Fait 1 : Le militant syndical Anasse Kazib est jugé ce jeudi 25 juin 2026 à Paris pour apologie du terrorisme.
- Fait 2 : Il est poursuivi pour un tweet publié le 7 octobre 2023, qualifiant Israël d’« État sanguinaire ».
- Fait 3 : Un rassemblement unitaire a eu lieu à 11h devant le tribunal, en présence de Jean-Luc Mélenchon.
- Fait 4 : Anasse Kazib encourt jusqu’à sept ans de prison pour ce délit.
Le procès d’Anasse Kazib, porte-parole du parti Révolution Permanente et syndicaliste SUD-Rail, s’est ouvert ce jeudi 25 juin 2026 devant la 24e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris, porte de Clichy. Il est poursuivi pour apologie du terrorisme après avoir publié deux tweets le 7 octobre 2023, le jour même de l’attaque du Hamas en Israël, dans lesquels il appelait à une « résistance palestinienne » et dénonçait un « État sanguinaire ».
Initialement prévu le 18 juin 2025, le procès avait été renvoyé d’office en raison d’une audience trop chargée, selon l’AFP. La plainte avait été déposée en janvier 2024 par l’association « Jeunesse Française Juive », qui s’est constituée partie civile.
Un rassemblement combatif devant le tribunal
Dès 11 heures, plusieurs dizaines de militants et sympathisants se sont rassemblés sur le parvis du tribunal, à l’appel d’un collectif unitaire regroupant des organisations de gauche, syndicales et de défense des droits humains. Le rassemblement s’est déroulé dans une ambiance tendue, marquée par des slogans hostiles à la politique israélienne et des chants en soutien à la Palestine. Un important dispositif de sécurité avait été déployé par la préfecture de police.
La figure de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, s’est rendue sur place pour apporter son soutien au prévenu. Selon les informations d’Info.fr, sa présence a été particulièrement remarquée, saluée par des applaudissements et des huées. « Ce procès est politique, c’est la criminalisation de la solidarité avec la Palestine », a-t-il déclaré devant les caméras, reprenant l’argument des soutiens de Kazib.
Des poursuites aux lourdes conséquences
Anasse Kazib, âgé de 39 ans, connu pour ses engagements syndicaux et son ascension médiatique, a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 quelques semaines avant cette comparution. Il encourt jusqu’à sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende pour « apologie du terrorisme commise sur un réseau de communication au public en ligne ». La même journée, un journaliste et membre de Révolution Permanente comparaît pour des faits similaires, selon le journal Lutte Ouvrière.
Les avocats de la défense plaident la liberté d’expression et demandent la relaxe. Ils soulignent que les tweets incriminés ne contiennent pas d’appel direct à la violence, mais une opinion critique sur la politique israélienne. « Ce ne sont pas des propos terroristes, mais une indignation légitime face à une situation de guerre », a plaidé Me Sarah Dupont, consultée par nos confrères du Poing.
Contexte dans le département de Paris
Paris, département où siége le tribunal judiciaire, est régulièrement le théâtre de manifestations et de procès à forte dimension politique. La porte de Clichy, qui abrite le palais de justice construit en 2018, a déjà accueilli des audiences sensibles, notamment dans des affaires de terrorisme ou de liberté d’expression. Le même jour, un incendie d’appartement à Nanterre a mobilisé les pompiers, rappelant l’actualité dense de la métropole parisienne. Ce procès s’inscrit dans une série de poursuites engagées contre des militants pro-palestiniens depuis le 7 octobre 2023, plusieurs dizaines d’affaires ayant été instruites à Paris.
Des rassemblements en province en écho
La veille, des rassemblements de solidarité se sont tenus devant la préfecture de l’Hérault à Montpellier et devant la préfecture de Strasbourg, réunissant plusieurs dizaines de personnes. Selon les organisateurs, ces actions visent à dénoncer « l’instrumentalisation de la loi antiterroriste contre les militants de la cause palestinienne ». Un nouveau rassemblement est annoncé devant la préfecture de police de Lyon le 26 juin, sans confirmation officielle à ce stade.
Le jugement a été mis en délibéré à une date qui n’a pas encore été communiquée. La suite de ce dossier dépendra de la décision des juges, attendue dans les prochaines semaines.