Procès en appel Perdriau : l’ex-maire de Saint-Étienne devant la cour de Lyon dès lundi
Condamné à quatre ans ferme en décembre 2025, Gaël Perdriau plaidera l'innocence du 8 au 12 juin. L'avocat de la Ville veut recentrer les débats sur l'image de Saint-Étienne.
Le procès en appel de l'ex-maire LR de Saint-Étienne Gaël Perdriau s'ouvre lundi 8 juin 2026 à la cour d'appel de Lyon. Condamné en première instance à quatre ans de prison ferme et cinq ans d'inéligibilité, il nie les faits. Les audiences se tiennent jusqu'au 12 juin.
L’essentiel
- Audience : procès en appel du 8 au 12 juin 2026 à la cour d’appel de Lyon.
- Condamnation en 1re instance : 4 ans de prison ferme + 5 ans d’inéligibilité prononcés le 1er décembre 2025.
- Subventions suspectes : deux versements de 20 000 € chacun (40 000 € au total) sont au cœur des accusations de détournement de fonds publics.
- Incarcération : Perdriau a été emprisonné le 7 janvier 2026 au centre pénitentiaire de Bourg-en-Bresse, libéré sous contrôle judiciaire le 4 mars 2026.
- Anticor : l’association anticorruption, partie civile, annonce une présence quotidienne à l’audience.
Une semaine d’audience pour rejouer un dossier au long cours
La cour d’appel de Lyon accueille à partir du lundi 8 juin 2026 le procès en appel de Gaël Perdriau, ex-maire LR de Saint-Étienne, et de ses co-prévenus. Les audiences sont programmées jusqu’au vendredi 12 juin, selon Le Figaro et Le Progrès, qui ont confirmé le calendrier de façon concordante.
Les faits reprochés restent les mêmes qu’en première instance : chantage à la vidéo intime (dite « sextape »), association de malfaiteurs et détournement de fonds publics. En première instance, le tribunal correctionnel de Lyon avait prononcé, le 1er décembre 2025, une peine de quatre ans de prison ferme assortie de cinq ans d’inéligibilité. Perdriau, qui a dirigé Saint-Étienne d’avril 2014 à décembre 2025, conteste l’intégralité des faits.
Les faits : une sextape, un chantage de huit ans
L’affaire remonte à 2014. La victime présumée est Gilles Artigues, alors premier adjoint centriste de Perdriau. Une vidéo à caractère intime aurait été utilisée à des fins de pression politique pendant environ huit ans, selon les éléments retenus par les juges et synthétisés par Wikipedia et Mediapart.
Le volet financier porte sur deux subventions municipales de 20 000 € chacune, votées et versées à des associations stéphanoises. Selon Anticor et Le Progrès, ces sommes auraient été reversées à Gilles Rossary-Lenglet, désigné comme l’auteur présumé du piège tendu à Artigues. C’est ce montant de 40 000 € que l’avocat de la Ville entend mettre au centre des débats en appel.
La Ville de Saint-Étienne, nouvelle voix au procès
Me Baptiste Bonnet, nouveau conseil de la Ville de Saint-Étienne, a indiqué sur ICI / France Bleu vouloir « remettre Saint-Étienne et sa population au cœur du procès ». Il entend plaider l’atteinte à l’image de la commune et le préjudice causé au denier public, en sus des 40 000 € de subventions suspectes.
Sa démarche tranche avec le premier procès : la municipalité, désormais dirigée par Jean-Pierre Berger - élu maire le 11 décembre 2025, au lendemain de la condamnation - , souhaite faire entendre une voix distincte de celle de la défense de l’ex-maire.
Perdriau plaide l’innocence, son avocat parle d’un dossier « mal instruit »
Côté défense, le ton est offensif. Selon TL7, l’avocat de Perdriau estime que son client n’a « pas été entendu » en première instance. La ligne choisie pour l’appel : réaffirmer l’innocence totale et contester le fond du dossier. Le Figaro rapporte que l’entourage de l’ex-maire dit vouloir « redirons qu’il est innocent de tout ».
Perdriau avait été incarcéré le 7 janvier 2026 au centre pénitentiaire de Bourg-en-Bresse, avant d’être remis en liberté sous contrôle judiciaire le 4 mars 2026, avec obligation de pointage tous les quinze jours et interdiction de quitter le territoire, selon Le Monde.
Anticor : partie civile présente à chaque audience
L’association Anticor, partie civile depuis le premier procès (tenu du 22 au 26 septembre 2025 au tribunal correctionnel de Lyon), a confirmé sur X sa présence quotidienne à l’audience d’appel. Elle dénonce ce qu’elle qualifie de « gestion mafieuse » guidée par la recherche du pouvoir. Pour mémoire, une enquête judiciaire visant un élu local à Annecy rappelle que ce type de dossier mettant en cause des responsables politiques locaux reste récurrent en France.
Contexte dans la Loire
Saint-Étienne est la préfecture de la Loire (42) et la deuxième ville de la région Auvergne-Rhône-Alpes par la population (environ 170 000 habitants). L’affaire Perdriau a pesé plusieurs années sur la vie politique locale : l’ex-maire, en fonctions depuis 2014, était une figure centrale du LR dans le département. Sa condamnation en décembre 2025 a provoqué une succession en urgence à la mairie, Jean-Pierre Berger (né en 1942, ancien premier adjoint) prenant la tête de la commune le 11 décembre 2025.
Le procès a été largement couvert par les médias locaux ligériens - Le Progrès, TL7 - mais aussi nationaux, signe de son retentissement au-delà du département. Dans la Loire, les relations entre élus et institutions sont scrutées de près dans ce contexte post-condamnation. Le dépôt d’appel par Perdriau maintient l’incertitude sur la gouvernance stéphanoise à moyen terme : une éventuelle confirmation de peine rendrait définitive l’inéligibilité de cinq ans.
Calendrier judiciaire
Les cinq jours d’audience (8-12 juin 2026) devraient permettre aux parties - défense, Anticor, avocat de la Ville - de développer leurs arguments. Aucune date de délibéré n’a été communiquée à ce stade. L’issue de l’appel déterminera si Gaël Perdriau doit retourner en détention et si son inéligibilité est confirmée.
Sources
- Le Figaro : Gaël Perdriau joue son va-tout lundi en appel
- ICI / France Bleu Saint-Étienne Loire : L'avocat de la ville veut remettre Saint-Étienne au cœur du procès en appel
- TL7 : Nous n'avons pas été entendus, estime l'avocat de Gaël Perdriau
- Le Monde : Gaël Perdriau libéré sous contrôle judiciaire avant son procès en appel