Procès Crétault à Vendôme : au troisième jour, les témoins de la rixe mortelle s’expriment
Mercredi 20 mai 2026, la cour d'assises de Blois a entendu plusieurs témoins de la scène du 15 avril 2016, dont un depuis la Turquie.
Troisième jour d'audience au procès du meurtre de Thomas Crétault, mercredi 20 mai 2026, à la cour d'assises de Loir-et-Cher à Blois. La cour et les jurés ont entendu des témoins directs de la rixe mortelle survenue dans le quartier des Rottes à Vendôme. L'un d'eux a déposé par visioconférence depuis la Turquie.
Troisième jour d’audience au procès du meurtre de Thomas Crétault, mercredi 20 mai 2026, à la cour d’assises de Loir-et-Cher à Blois. La cour et les jurés ont entendu des témoins directs de la rixe mortelle survenue dans le quartier des Rottes à Vendôme. L’un d’eux a déposé par visioconférence depuis la Turquie.
L’essentiel
- Meurtre : Thomas Crétault, 20 ans, a été tué d’une balle dans la tempe le 15 avril 2016 dans le quartier des Rottes à Vendôme.
- Accusés : cinq hommes comparaissent devant la cour d’assises de Loir-et-Cher, présidée par Audrey Debeugny.
- Procès : ouvert le 18 mai 2026, il est prévu jusqu’au 22 mai 2026 au palais de justice de Blois.
- Jour 3 : audition de témoins de la rixe, dont un ancien employé de la maison de la cohésion sociale des Rottes, entendu par visioconférence depuis la Turquie.
- Délai : dix ans se sont écoulés entre les faits et l’ouverture du procès.
Un témoin depuis la Turquie décrit la scène
Selon La Nouvelle République, un ancien employé de la maison de la cohésion sociale du quartier des Rottes a témoigné mercredi par visioconférence depuis la Turquie. Il a décrit l’arrivée d’une Citroën C4, un groupe en confrontation, puis un coup de feu qui a brisé une vitre arrière du véhicule. Sa déposition constitue l’un des témoignages directs les plus précis sur le déroulement de la rixe.
D’autres témoins de la scène ont également été entendus dans la journée. Le titre choisi par La Nouvelle République pour rendre compte de cette audience - « Je n’imaginais pas qu’on en arriverait là » - est une citation attribuée à l’un de ces témoins, sans autre précision publiée à ce stade.
Ce qui s’est passé le 15 avril 2016
Thomas Crétault avait 20 ans au moment des faits. Natif d’Amboise, il venait d’être recruté comme mécanicien intérimaire dans une entreprise de Vendôme et vivait chez sa mère, selon La Nouvelle République. Il n’avait aucun lien établi avec le trafic de drogue.
Ce soir-là, dans le quartier des Rottes, une rixe éclate entre deux bandes rivales. Thomas Crétault est touché d’une balle dans la tempe. Il décède des suites de ses blessures. L’affaire s’inscrit, selon les enquêteurs, dans une guerre de territoire liée au trafic de stupéfiants à Vendôme. Comme l’a rappelé un enquêteur dès le deuxième jour du procès, la victime s’est retrouvée au centre d’une expédition punitive sans en être l’objet initial.
Vendôme était alors marquée par des tensions entre groupes impliqués dans le deal. Le quartier des Rottes, où se trouvait aussi la maison de la cohésion sociale, constituait l’un des points de friction de ce conflit. Pour une autre affaire judiciaire impliquant Vendôme, les ex-salariés de Brandt ont récemment relancé deux actions en justice sur les indemnités.
Les premiers jours d’audience : coup de théâtre et témoignages familiaux
Le procès s’est ouvert lundi 18 mai 2026 dans un contexte tendu. Dès le premier jour, La Nouvelle République évoquait un « coup de théâtre » sans en préciser publiquement la teneur complète. L’un des accusés, Pierre-Paul Atekpani, a reconnu avoir fait usage d’une arme lors de cette première audience.
Le mardi 19 mai, second jour d’audience, les parents de Thomas Crétault ont pris la parole. Sa mère et son père ont témoigné devant la cour. Un enquêteur a également décrit le mécanisme du conflit : deux bandes rivales, un territoire disputé, un trafic de drogue en arrière-plan. La victime, étrangère à ces réseaux, s’est trouvée au mauvais endroit au mauvais moment.
Des affaires de violence similaires impliquant des jeunes adultes ont été traitées ailleurs en France ces dernières semaines. À Cannes-la-Bocca, un jeune homme de 20 ans a été tué après avoir été percuté volontairement dans des circonstances différentes.
Cinq accusés, dix ans d’enquête
Cinq hommes sont jugés pour ce meurtre. Leurs identités complètes n’ont pas toutes été rendues publiques dans les sources disponibles à ce stade. Seul Pierre-Paul Atekpani est cité nommément dans les comptes rendus d’audience consultés.
L’enquête a duré dix ans. Ce délai long, entre le meurtre d’avril 2016 et l’ouverture du procès en mai 2026, reflète la complexité du dossier : reconstitution des faits dans un contexte de trafic de drogue, identification des rôles de chacun dans la rixe, localisation de témoins éparpillés. L’un d’eux réside désormais en Turquie.
La cour d’assises de Loir-et-Cher siège au palais de justice de Blois, sous la présidence d’Audrey Debeugny.
Contexte dans le Loir-et-Cher
Vendôme est la deuxième ville du Loir-et-Cher par la population, après Blois. Le quartier des Rottes, où s’est déroulée la rixe, est un secteur d’habitat social de la commune. La présence d’une maison de la cohésion sociale dans ce quartier témoigne des politiques de prévention menées à l’époque des faits.
Les affaires liées au trafic de stupéfiants dans les villes moyennes de la région Centre-Val de Loire ont mobilisé régulièrement les services judiciaires au cours des dix dernières années. Ce procès est présenté par les médias locaux comme l’un des plus importants jugés à la cour d’assises de Blois ces dernières années, en raison du nombre d’accusés, de la durée de l’instruction et de la nature des faits.
À Blois, l’actualité judiciaire coexiste avec d’autres dossiers locaux. L’ADA Blois a par ailleurs annoncé sa première recrue pour la saison 2026-2027, signe d’une ville qui suit plusieurs actualités simultanément.
La suite : plaidoiries vendredi
Le procès se poursuit jeudi 21 mai 2026. Les plaidoiries et le verdict sont attendus vendredi 22 mai, dernier jour d’audience prévu. La famille de Thomas Crétault attend ce jugement depuis dix ans.
Sources
- La Nouvelle République : Meurtre de Vendôme : « Je n'imaginais pas qu'on en arriverait là »
- La Nouvelle République : Meurtre de Vendôme : la victime s'est retrouvée au centre d'une expédition punitive
- La Nouvelle République : Tué d'une balle dans la tempe à Vendôme : le procès dix ans après
- La Nouvelle République : Meurtre de Vendôme : le procès commence par un coup de théâtre