Procès de Jérôme P. à Saint-Omer : ses filles supplient de « protéger au moins » son fils

Jugé pour viols et violences sur fond d'emprise et de polygamie, le Montreuillois encourt vingt ans de réclusion devant la cour criminelle du Pas-de-Calais.

Procès de Jérôme P. à Saint-Omer : ses filles supplient de « protéger au moins » son fils
Illustration Thomas Vandamme / info.fr

Jérôme P., 45 ans, habitant de Montreuil, est jugé depuis le 8 juin 2026 devant la cour criminelle du Pas-de-Calais à Saint-Omer pour viols sur sa compagne et violences intrafamiliales. Au deuxième jour d'audience, ses filles ont pris la parole pour supplier leur père de « protéger au moins » son fils de 16 ans.

L’essentiel

  • Accusé : Jérôme P., 45 ans, de Montreuil (62), jugé pour viols sur sa compagne Jennifer C. et violences sur trois compagnes et quatre enfants.
  • Peine encourue : 20 ans de réclusion criminelle.
  • Audience : ouverte le 8 juin 2026 à Saint-Omer, prévue jusqu’au 11 juin environ.
  • Deuxième jour (9 juin) : témoignages des filles Laura et Brenda, qui supplient leur père de reconnaître les dysfonctionnements familiaux pour protéger son fils de 16 ans.
  • Faits allégués : entre 2016 et 2022, à Montreuil ; affaire déclenchée par une plainte déposée à la gendarmerie d’Écuires le 22 novembre 2022.

Une plainte en 2022 pour mettre au jour une décennie d’emprise

Tout commence le 22 novembre 2022. Une femme se présente à la gendarmerie d’Écuires, dans le Pas-de-Calais, et dépose plainte contre son compagnon. Elle dénonce des coups, une surveillance permanente par caméras et un climat d’emprise qui s’étend, selon les faits allégués, de 2016 à 2022 à Montreuil. Cet homme, c’est Jérôme P., 45 ans.

L’enquête révèle une organisation familiale que des témoins décrivent comme une « secte », selon TV5Monde/AFP. Polygamie, contrôle permanent, viol présenté comme « accepté » par coutume : le tableau dressé à l’instruction est celui d’une emprise exercée sur plusieurs femmes et plusieurs enfants sur près de deux décennies, selon BFM Grand Littoral. Trois compagnes et quatre enfants figurent parmi les victimes listées dans le dossier.

Quatre jours d’audience à Saint-Omer

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Le procès s’est ouvert le lundi 8 juin 2026 devant la cour criminelle du Pas-de-Calais, à Saint-Omer. Il doit se tenir jusqu’au 11 juin environ, soit quatre jours d’audience, selon La Voix du Nord.

Au premier jour, Jérôme P. a nié les violences. Il a toutefois reconnu un fonctionnement familial « bizarre », toujours selon La Voix du Nord. Il encourt vingt ans de réclusion criminelle.

L’avocate de la partie civile est Me Fabienne Roy-Nansion, qui n’a pas demandé le huis clos. La défense est assurée par Me Sullyman Bouderba, selon TV5Monde/AFP.

Le 9 juin : les filles face à leur père

Au deuxième jour d’audience, mardi 9 juin, deux des filles de l’accusé ont témoigné. Laura - fille non reconnue par Jérôme P. - et Brenda ont décrit les « deux facettes » de leur père : « le bon père » d’un côté, « le monstre » de l’autre, rapporte La Voix du Nord.

Leur message central s’est adressé directement à leur père : elles l’ont supplié de « protéger au moins » son fils, un adolescent de 16 ans, né de sa relation avec Jennifer C., la principale plaignante. En reconnaissant publiquement les dysfonctionnements de la cellule familiale, elles espèrent faire cesser ce qu’elles ont elles-mêmes vécu.

Ce témoignage illustre la complexité des situations d’emprise intrafamiliale : des enfants qui reconnaissent avoir eu un père aimant, tout en décrivant des violences systémiques. Une dualité difficile à tenir à la barre, face à un père qui continue de nier les faits reprochés.

Des affaires similaires ont été portées devant les tribunaux dans d’autres départements. La cour d’appel a récemment maintenu en détention Cyrille H., mis en cause pour 480 viols présumés, signe que les juridictions criminelles traitent un volume croissant de dossiers de violences sexuelles sérielles. Le déploiement de dispositifs d’accompagnement des victimes se multiplie également dans plusieurs régions.

Contexte dans le Pas-de-Calais

Montreuil - officiellement Montreuil-sur-Mer - est une commune de 1 902 habitants (INSEE, données 2022), à densité de 667 habitants au km². Ville de petite taille dans le Pas-de-Calais, elle est connue pour son patrimoine médiéval mais reste une commune ordinaire du littoral nord.

Le Pas-de-Calais (département 62) est l’un des départements les plus peuplés du nord de la France, avec plus d’1,4 million d’habitants. La cour criminelle départementale, créée en 2021 pour désengorger les cours d’assises, siège à Saint-Omer. Elle est compétente pour les crimes punis de 15 à 20 ans de réclusion, ce qui correspond exactement au quantum encouru par Jérôme P. C’est cette juridiction, sans jury populaire, qui examine le dossier.

Les violences intrafamiliales constituent un contentieux lourd dans le département. Le procès de Jérôme P. s’inscrit dans une série d’affaires jugées depuis plusieurs années par les juridictions du Pas-de-Calais impliquant des situations d’emprise prolongée. À Lens, le maire a récemment interpellé le rectorat après une enquête pédopornographique visant un ancien enseignant, autre illustration de la diversité des violences portées devant la justice locale.

Un dossier suivi à l’échelle nationale

L’affaire dépasse largement la couverture locale. La Voix du Nord, BFM Grand Littoral, l’AFP (relayée sur TV5Monde, Orange, France 24), Le Parisien, La Provence et Sud Ouest ont tous consacré des articles au dossier. La description d’une organisation familiale polygame présentée comme une « secte » a attiré l’attention des rédactions nationales dès l’ouverture du procès.

Pour les associations de défense des victimes de violences conjugales, ce type de dossier illustre la difficulté de qualifier juridiquement des situations d’emprise multigénérationnelle, où les enfants eux-mêmes oscillent entre attachement et dénonciation.

Suite des audiences jusqu’au 11 juin

Les audiences se poursuivent ce mercredi 10 juin et doivent s’achever le 11 juin environ. Le verdict de la cour criminelle du Pas-de-Calais est attendu en fin de semaine. Les réquisitions du parquet et les plaidoiries de la défense restent à venir.

Thomas
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Sources

Thomas Vandamme

Thomas Vandamme

Thomas est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Pas-de-Calais (62), avec Arras pour chef-lieu. Spécialité du département : premier port voyageurs Europe (Calais) et bassin minier UNESCO. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Hauts-de-France.

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