Procès Perdriau en appel : annulation demandée, « éléments nouveaux » promis
L'ex-maire de Saint-Étienne conteste seul sa culpabilité à la cour d'appel de Lyon, où ses avocats ont ouvert sur une demande de nullité du jugement de première instance.
Le procès en appel de Gaël Perdriau s'est ouvert le 8 juin 2026 à Lyon. Ses avocats ont demandé d'emblée l'annulation du jugement de première instance pour manque de motivation. L'ex-maire de Saint-Étienne promet « beaucoup d'éléments nouveaux » prouvant son innocence.
L’essentiel
- Ouverture : Le procès en appel s’est tenu à partir du 8 juin 2026 à la cour d’appel de Lyon, jusqu’au 12 juin.
- Condamnation en première instance : Le 1er décembre 2025, Perdriau a écopé de cinq ans d’emprisonnement dont un avec sursis, et cinq ans d’inéligibilité.
- Demande de nullité : Les avocats de la défense ont requis l’annulation du jugement (104 à 144 pages) pour manque de motivation ; la cour a joint la demande au fond.
- Co-prévenus : Samy Kéfi-Jérôme et Gilles Rossary-Lenglet ont restreint leur appel à la peine, reconnaissant implicitement les faits ; seul Perdriau conteste sa culpabilité.
- Incarcération : Perdriau a été détenu au centre pénitentiaire de Bourg-en-Bresse du 7 janvier au 4 mars 2026, avant d’être remis en liberté sous contrôle judiciaire.
Une ouverture sous tension
Lundi 8 juin 2026, Gaël Perdriau est entré à la cour d’appel de Lyon sous les objectifs des caméras. L’ex-maire de Saint-Étienne fait face à trois chefs d’accusation : chantage à la sextape, association de malfaiteurs et détournement de fonds publics. À peine arrivé, il a déclaré à la presse : « Beaucoup d’éléments nouveaux vont pouvoir être révélés, qui démontrent que je dis la vérité depuis le début. »
La défense n’a pas attendu le fond pour attaquer. Ses avocats, Mes Mallet et Luciani, ont déposé dès le premier jour une demande d’annulation du jugement de première instance, selon actu.fr et ICI Saint-Étienne Loire. Motif : le jugement - dont la longueur varie selon les sources entre 104 et 144 pages - serait insuffisamment motivé et ne répondrait pas aux arguments soulevés par la défense.
La nullité jointe au fond
La cour d’appel n’a pas tranché la question sur le champ. Elle a décidé de joindre la demande de nullité au fond : la chambre se prononcera sur ce point au moment du délibéré, en même temps que sur la culpabilité et la peine, rapporte Le Progrès.
Ce choix procédural n’est pas anodin. Si la nullité était retenue, l’ensemble de la condamnation du 1er décembre 2025 tomberait. Perdriau avait alors été condamné à cinq ans d’emprisonnement dont un avec sursis et cinq ans d’inéligibilité, avec exécution provisoire - ce qui avait entraîné son incarcération à Bourg-en-Bresse le 7 janvier 2026, selon Wikipedia. Il avait été remis en liberté sous contrôle judiciaire le 4 mars 2026.
Perdriau seul à contester les faits
Le positionnement des co-prévenus tranche avec celui de l’ex-maire. Samy Kéfi-Jérôme et Gilles Rossary-Lenglet ont restreint leur appel à la peine et aux dommages et intérêts, reconnaissant ainsi implicitement les faits qui leur sont reprochés, selon actu.fr et ICI Saint-Étienne Loire. Tous deux avaient été condamnés à quatre ans dont un avec sursis en première instance. Pierre Gauttieri, ex-directeur de cabinet de Perdriau, avait quant à lui écopé de quatre ans dont deux avec sursis.
Gaël Perdriau est le seul à contester pleinement sa culpabilité. Une posture qu’il maintient depuis les premières révélations de l’affaire, et qu’il entend désormais étayer par ces fameux « éléments nouveaux » dont il n’a pas encore précisé la nature.
Deuxième journée : enregistrements et huis clos
Le 9 juin, la deuxième journée d’audience s’est ouverte par l’écoute d’enregistrements audio - des échanges décrits comme vifs entre protagonistes de l’affaire - et un visionnage de la sextape à huis clos, toujours selon Le Progrès. Des suspensions de séance ont émaillé la journée.
Ces enregistrements sont au cœur de l’affaire depuis l’origine. C’est leur publication par Mediapart en septembre 2022 - après une première révélation sur le chantage en août 2022 - qui avait déclenché la chute politique de Perdriau : exclu des Républicains, il avait renoncé à son mandat de maire de Saint-Étienne. À ce stade du procès en appel, la défense n’a pas encore développé publiquement le contenu des « éléments nouveaux » annoncés.
Contexte dans la Loire
Saint-Étienne, préfecture de la Loire (42), est la deuxième ville d’Auvergne-Rhône-Alpes par la population. L’affaire Perdriau a pesé durablement sur la vie politique locale depuis 2022. L’ex-maire dirigeait la ville depuis 2014 et avait été réélu en 2020. Son départ a conduit à une recomposition de l’exécutif municipal. Le volet détournement de fonds publics - qui implique l’utilisation présumée de ressources municipales pour financer le chantage - dépasse le simple drame personnel et touche à la gestion de la collectivité. L’affaire reste l’une des plus suivies de la région, couverte en continu par Le Progrès, France Bleu Saint-Étienne Loire et des médias nationaux comme France 24.
À titre de comparaison, d’autres procès en appel à fort enjeu politique se tiennent cette année dans les juridictions régionales, comme le procès en appel d’Eugène Rwamucyo à Paris ou les condamnations en comparution immédiate à Clermont-Ferrand après les violences du 5 juin.
Historique de l’affaire
La sextape a été filmée à Paris en 2014 ou 2015 à l’insu de Gilles Artigues, alors premier adjoint de Saint-Étienne, selon Wikipedia. Elle aurait été utilisée comme levier politique pour le contraindre à ne pas s’opposer à Perdriau. L’affaire a été révélée par Mediapart en août 2022, puis des enregistrements compromettants ont été publiés en septembre 2022, impliquant directement Perdriau et son ex-directeur de cabinet Pierre Gauttieri. La mise en examen avait suivi rapidement, avant le renvoi devant le tribunal correctionnel de Lyon et la condamnation du 1er décembre 2025.
Le procès en appel se poursuit jusqu’au 12 juin 2026 ; le délibéré déterminera si la demande de nullité prospère et, dans le cas contraire, quelle peine la cour prononcera.
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Sources
- Le Progrès : Procès en appel de la sextape : une bataille d'avocats au cœur de la première journée d'audience
- actu.fr : "Ça commence fort !" au 1er jour du procès Perdriau… ce qu'il faut retenir
- ICI Saint-Étienne Loire (France Bleu) : Demande d'annulation du premier jugement, promesses de révélations : premier jour du procès en appel de Gaël Perdriau
- Wikipedia : Affaire du chantage à la sextape à Saint-Étienne