Propos racistes contre Mbappé : l’ONU et Macron réagissent
Une sénatrice paraguayenne a insulté Kylian Mbappé après le match France-Paraguay, provoquant une enquête judiciaire et un soutien international.
Après la victoire des Bleus contre le Paraguay au Mondial, la sénatrice Celeste Amarilla a tenu des propos racistes visant Kylian Mbappé. L'ONU, Emmanuel Macron et le parquet de Paris ont réagi.
L’essentiel
- Le 4 juillet 2026, après la victoire de la France contre le Paraguay (1-0) au Mondial, la sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla a publié des propos racistes visant Kylian Mbappé.
- Le 7 juillet 2026, le porte-parole de l’ONU pour les droits de l’homme, Thameen Al-Kheetan, a qualifié ces propos de « méprisables ».
- Le parquet de Paris a ouvert le 7 juillet une enquête pour injure publique aggravée par l’origine ou la race.
- Emmanuel Macron a publiquement soutenu le joueur sur X, évoquant « un but de plus » de Mbappé, « cette fois contre le racisme ».
- Le 8 juillet, la sénatrice a relancé la polémique en s’attaquant de nouveau au joueur depuis le Sénat paraguayen.
Ce qui s’est passé le 4 juillet
La scène se joue au lendemain d’un match de Coupe du monde. Le 4 juillet 2026, la France s’impose 1-0 face au Paraguay, selon les données officielles de la compétition. Dans les heures qui suivent, la sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla publie sur X une série de messages visant Kylian Mbappé, capitaine des Bleus. Elle le qualifie de « Camerounais colonisé » et affirme, dans des termes rapportés par le média suisse Blick, qu’il aurait « tété des noix de coco » au lieu du lait maternel.
Le joueur, ciblé directement sur son origine, ne laisse pas la polémique s’installer sans réponse. Il réagit sur le même réseau social en qualifiant la sénatrice de « femme méprisable et indigne de sa fonction », toujours selon Blick.
Le soutien de l’ONU et de Macron
Trois jours plus tard, le dossier prend une dimension diplomatique. Le 7 juillet 2026, Thameen Al-Kheetan, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, condamne publiquement les propos de la sénatrice, les jugeant « méprisables » et déshumanisants, selon Deutsche Welle. Une prise de position rare de l’institution onusienne sur une affaire liée au sport.
Le président de la République s’exprime lui aussi sur le sujet. Emmanuel Macron écrit sur X, comme le rapporte Al Jazeera, que Kylian Mbappé vient de marquer « un but de plus », « cette fois contre le racisme ». Une formulation qui associe le geste sportif du joueur à sa réponse face aux insultes reçues.
Le gouvernement paraguayen, de son côté, se désolidarise publiquement de son élue. Selon Deutsche Welle, l’exécutif de Asunción affirme que les propos de Celeste Amarilla sont contraires aux valeurs défendues par le pays.
Une enquête ouverte à Paris
Sur le plan judiciaire, le parquet de Paris ouvre le 7 juillet 2026 une enquête pour injure publique aggravée par l’origine ou la race, selon Eurosport. Cette procédure vise les propos tenus en ligne par la sénatrice, dans un cadre où la loi française permet de poursuivre des injures racistes formulées publiquement, y compris lorsqu’elles émanent d’une personnalité étrangère. L’issue de cette enquête n’est pas connue à ce stade.
Nouvelle polémique le 8 juillet
La controverse, loin de s’éteindre après les premières excuses évoquées dans la presse, repart de plus belle. Le 8 juillet 2026, Celeste Amarilla s’exprime de nouveau, cette fois depuis le Sénat paraguayen, en s’en prenant à Mbappé pour son refus de saluer le gardien de but paraguayen Orlando Gill, selon Eurosport. La sénatrice va plus loin : elle affirme vouloir attaquer le joueur en justice pour violence de genre, en réaction aux propos qu’il avait tenus à son encontre après ses premières attaques, rapporte le média TVS.
Contexte en Seine-Saint-Denis
L’affaire dépasse largement le cadre sportif, mais elle résonne particulièrement dans le département où Kylian Mbappé a grandi. Le joueur, né à Paris en 1998, a été formé et a passé une partie de son enfance à Bondy, en Seine-Saint-Denis, ville dont il reste une figure emblématique dans le paysage sportif local. Le département, marqué par une forte diversité de sa population et une tradition de formation de jeunes talents du football, suit ce genre d’affaire avec une attention particulière : les propos visant l’origine d’un joueur formé sur son territoire touchent directement à l’image que la Seine-Saint-Denis cherche à valoriser à travers ses success stories sportives.
Prochaine étape
Le calendrier sportif, lui, continue. La France affronte le Maroc ce 9 juillet 2026, dans un contexte où l’attention médiatique reste largement tournée vers la polémique diplomatique plutôt que vers l’enjeu du terrain. Le résultat de cette rencontre n’est pas encore connu.
L’enquête ouverte par le parquet de Paris devra désormais déterminer les suites judiciaires données à cette affaire, tandis que la sénatrice paraguayenne maintient sa position et évoque de son côté une action en justice contre le joueur.