Proto dans l’Oise : le préfet alerte sur les paralysies et atteintes neurologiques irréversibles

Le préfet de l'Oise intensifie sa campagne contre le protoxyde d'azote, rappelant des complications parfois définitives.

Proto dans l'Oise : le préfet alerte sur les paralysies et atteintes neurologiques irréversibles
Illustration Grégory Vasseur / info.fr

Une vidéo de 15 secondes, diffusée le 26 avril 2026 par le préfet de l'Oise sur X, liste les risques liés au proto dépendance, paralysie, troubles de la marche, perte de sensibilité. La campagne s'inscrit dans un mouvement national coordonné depuis début avril.

Le préfet de l’Oise a publié ce dimanche une nouvelle vidéo de prévention sur le protoxyde d’azote, communément appelé proto ou gaz hilarant. En 15 secondes, le message est direct : les complications peuvent être sévères et irréversibles.

Des risques neurologiques documentés

Le compte officiel @Prefet60 énumère les effets les plus graves : dépendance, atteintes neurologiques et neuromusculaires, pertes de sensibilité et de force dans les membres, troubles de la marche, paralysie. Un premier tweet du 23 avril mentionnait également des cas d’incontinence parmi les complications recensées.

Ces données recoupent les chiffres de Santé Publique France : les signalements d’intoxications au proto ont été multipliés par trois entre 2020 et 2023, avec plus de 80 % des cas présentant des troubles neurologiques. En 2023, deux nouveau-nés ont présenté des troubles neurologiques à la naissance liés à la consommation répétée de proto par leur mère pendant la grossesse, selon les centres d’addictovigilance.

À titre de comparaison, d’autres préfets multiplient aussi les alertes de prévention sur des sujets de sécurité publique à l’échelon local, signe d’une mobilisation territoriale plus large.

Une interdiction déjà en vigueur dans l’Oise

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Le préfet avait pris une mesure d’interdiction préfectorale le 10 février 2026 pour une durée de trois mois, prohibant la détention, le transport et la consommation de proto à fins récréatives sur les voies publiques du département, selon France 3 Régions.

Dans le Val-d’Oise voisin, plus de 25 000 bouteilles ont été saisies depuis le début de l’année 2026, selon le compte officiel de Daniel Fargeot sur X, illustrant l’ampleur du phénomène en Île-de-France et dans les Hauts-de-France.

Une campagne nationale en appui

Cette initiative locale s’appuie sur une campagne nationale lancée le 7 avril 2026 par le ministère de l’Intérieur, avec des spots télévisés diffusés à partir du 14 avril. D’autres préfets - Cantal, Pyrénées-Orientales, Aude - ont relayé des messages similaires sur les mêmes risques.

Sur le plan législatif, le projet de loi RIPOST, présenté en Conseil des ministres le 25 mars 2026, vise à créer des délits pour l’usage détourné du proto. Il doit être débattu au Parlement en mai 2026, selon Le Figaro. Les dispositifs d’alerte publique se déploient ainsi sur plusieurs fronts en ce printemps 2026.

Prochaine étape : le débat parlementaire sur le projet de loi RIPOST est prévu en mai 2026. L’interdiction préfectorale dans l’Oise, prise le 10 février pour trois mois, arrive à échéance à la mi-mai.

Sources

Grégory Vasseur

Grégory Vasseur

Basé à Beauvais, traite l'aéroport low-cost, les tensions sur les nuisances sonores, l'agriculture et les fermetures de maternités. Formé au CFJ, il a travaillé en agence avant de s'ancrer dans l'Oise. Conviction : interroger les riverains, les pilotes, les élus, croiser les rapports de l'ACNUSA avant de publier.

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