Protoxyde d’azote : le préfet et l’ARS lancent une alerte depuis Saint-Priest face à la hausse des complications
Une campagne de prévention conjointe est déployée ce 23 juin à Saint-Priest, où 530 patients ont été recensés en région Auvergne-Rhône-Alpes entre 2021 et 2025.
Le préfet du Rhône, l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes, les Hospices Civils de Lyon et le maire de Saint-Priest ont présenté ce mardi 23 juin un plan d'action face à la « montée en puissance » de l'usage détourné du protoxyde d'azote chez les jeunes. La ville pilote une campagne choc intitulée « Protoxyde d'azote, le cerveau en compote ».
L’essentiel
- Alerte conjointe : Le préfet du Rhône Étienne Guyot, l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, les Hospices Civils de Lyon et le maire de Saint-Priest Gilles Gascon ont lancé un plan d’action le 23 juin 2026.
- 530 patients : En Auvergne-Rhône-Alpes, 530 personnes ont été prises en charge pour des complications liées au protoxyde d’azote entre 2021 et 2025.
- Campagne choc : La ville de Saint-Priest diffuse la campagne « Protoxyde d’azote, le cerveau en compote » du 22 juin au mois de septembre 2026.
- 25 tonnes collectées : 25 tonnes de bonbonnes de protoxyde d’azote ont été ramassées sur la métropole de Lyon en 2023.
- Loi Ripost : Un renforcement des sanctions contre l’usage détourné est en cours d’examen à l’Assemblée nationale.
Le 23 juin 2026, au Pôle Enfance-Famille de Saint-Priest, le préfet du Rhône Étienne Guyot, la directrice générale de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes Cécile Courrèges, les Hospices Civils de Lyon (HCL) et le maire Gilles Gascon ont présenté une mobilisation conjointe face à la « montée en puissance » de l’usage détourné du protoxyde d’azote, en particulier chez les jeunes. Une campagne régionale et une initiative locale choc ont été dévoilées.
Une alerte sanitaire et sécuritaire
Cécile Courrèges, directrice générale de l’ARS, a alerté sur les risques de troubles neurologiques irréversibles - paralysies - , de complications cardiovasculaires et de troubles de la santé mentale liés à l’inhalation répétée de protoxyde d’azote, selon Lyon Mag. Le préfet Étienne Guyot a insisté sur la nécessité d’une réponse collective : « Nous ne pouvons pas laisser cette pratique se banaliser. »
Des chiffres qui inquiètent
La région Auvergne-Rhône-Alpes est la quatrième de France la plus touchée par ce phénomène. Selon les centres d’addictovigilance de Lyon, Clermont-Ferrand et Grenoble, 530 patients ont été recensés entre 2021 et 2025 pour des complications liées au protoxyde d’azote. Plus de la moitié d’entre eux présentent des séquelles graves, a précisé l’ARS lors de la conférence de presse relayée par Lyon Capitale.
Au niveau national, 13,7 % des 18-25 ans ont déjà consommé du protoxyde d’azote, d’après les données communiquées lors de l’événement. Sur la métropole de Lyon, 25 tonnes de bonbonnes ont été collectées en 2023, un indicateur de l’ampleur du phénomène.
Saint-Priest, ville pilote de la prévention
La ville de Saint-Priest a lancé sa propre campagne d’information intitulée « Protoxyde d’azote, le cerveau en compote », diffusée du 22 juin au mois de septembre 2026. L’initiative, présentée par la mairie sur son site officiel, repose sur plusieurs actions concrètes.
Dès 2021, un arrêté municipal a interdit la vente de protoxyde d’azote aux mineurs ainsi que sa détention et sa consommation sur la voie publique. La ville a également créé un « protoxymètre », inspiré du violentomètre, qui sera utilisé lors des animations estivales pour permettre aux jeunes d’évaluer leur niveau de risque.
Des adolescents du Conseil municipal des jeunes et du Pôle Enfance-Famille ont réalisé une exposition photographique avec le photographe Vincent Delesvaux. Cette série de clichés, qui montre les dégâts causés par le gaz hilarant, sera affichée dans les lieux publics et les établissements scolaires.
Une conférence publique sur les dangers du protoxyde d’azote est programmée le mercredi 18 novembre au Théâtre Théo Argence de Saint-Priest. Elle sera animée par des professionnels de santé et la police municipale.
Contexte dans le Rhône
Le département du Rhône, et plus largement la métropole de Lyon, est particulièrement exposé à l’usage détourné du protoxyde d’azote. Les 25 tonnes de bonbonnes collectées en 2023 illustrent une consommation massive, souvent liée à des rassemblements festifs. Plusieurs communes de la périphérie lyonnaise, comme Saint-Priest, ont pris des arrêtés municipaux pour tenter d’endiguer le phénomène. Dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, d’autres crises sanitaires et environnementales mobilisent les autorités, comme la vigilance sécheresse déclenchée face à la canicule ou encore l’incendie de forêt à Bénonces dans l’Ain.
Vers un renforcement des sanctions
L’État entend durcir la répression. La loi Ripost, en cours d’examen à l’Assemblée nationale, vise à créer un « choc d’autorité » avec des sanctions accrues contre l’usage détourné du protoxyde d’azote, a rappelé le préfet lors de la conférence de presse. Le texte prévoit notamment des amendes plus élevées et une meilleure traçabilité des ventes.
Prochaine étape : la conférence du 18 novembre à Saint-Priest, qui doit permettre d’approfondir le dialogue avec les jeunes et les familles, et de faire un premier bilan de la campagne estivale.
Sources
- Lyon Capitale : À Saint-Priest, le préfet et l'ARS tirent la sonnette d'alarme face à la montée en puissance de l'usage détourné du protoxyde d'azote
- Lyon Mag : Paralysie, hospitalisations, accidents... à Saint-Priest, des jeunes passent à l'action contre les dangereux ballons
- Ville de Saint-Priest : Protoxyde d'azote : la Ville passe à l'action
- ARS Auvergne-Rhône-Alpes : Protoxyde d'azote : une mobilisation collective en Auvergne-Rhône-Alpes