Pyrénées-Atlantiques : l’interdiction du protoxyde d’azote prolongée jusqu’au 30 septembre
Le préfet des Pyrénées-Atlantiques renouvelle l'arrêté départemental contre le gaz hilarant dès le 1er juin 2026, face à la hausse continue des infractions.
L'interdiction de détenir, transporter et consommer du protoxyde d'azote à des fins récréatives dans l'espace public est prolongée dans les Pyrénées-Atlantiques du 1er juin au 30 septembre 2026. Depuis décembre 2025, 178 bouteilles ont été saisies et 86 infractions relevées dans le département.
L’essentiel
- Arrêté renouvelé : l’interdiction départementale s’applique du 1er juin au 30 septembre 2026 sur tout le territoire des Pyrénées-Atlantiques.
- Bilan depuis décembre 2025 : plus de 178 bouteilles saisies et 86 infractions relevées par les forces de l’ordre.
- Période récente : entre le 25 février et le 19 mai 2026, 41 bouteilles saisies et 32 infractions pour consommation ou détention.
- Premier arrêté : signé le 20 décembre 2025, prolongé jusqu’au 31 mai 2026 avant ce nouveau renouvellement.
- Contexte national : le Sénat a voté le 19 mai 2026 l’interdiction de vente aux particuliers dans le cadre du projet de loi Ripost.
Un troisième arrêté en six mois
Le préfet des Pyrénées-Atlantiques a signé un nouvel arrêté interdisant, dans tout le département, la détention, le transport et la consommation à des fins récréatives du protoxyde d’azote dans l’espace public. La mesure entre en vigueur le 1er juin 2026 et court jusqu’au 30 septembre 2026.
Il s’agit du troisième acte préfectoral en moins de six mois. Le premier arrêté avait été pris le 20 décembre 2025 pour une durée de deux mois. Une première prolongation avait maintenu l’interdiction jusqu’au 31 mai 2026. Selon La République des Pyrénées, c’est l’augmentation continue des infractions qui justifie ce nouveau renouvellement.
178 bouteilles saisies depuis décembre 2025
Les chiffres transmis par la préfecture sont précis. Depuis décembre 2025, les forces de l’ordre ont saisi plus de 178 bouteilles de protoxyde d’azote et dressé 86 infractions dans le département, selon La République des Pyrénées, qui cite les données de la préfecture, corroborées par Mediabask.
Sur la seule période du 25 février au 19 mai 2026 - soit moins de trois mois - 41 bouteilles ont été saisies et 32 infractions relevées pour consommation ou détention. Le rythme ne faiblit pas.
La vente aux mineurs reste par ailleurs interdite, comme le rappelle le communiqué préfectoral publié sur le compte officiel du Préfet 64, qui est régulièrement mobilisé sur les mesures de sécurité publique dans le département.
Des risques graves, surtout chez les jeunes
Le protoxyde d’azote, commercialisé légalement comme gaz alimentaire ou médical, est détourné pour ses effets euphorisants brefs. L’inhalation répétée provoque des pertes de réflexes, des vertiges, des troubles neurologiques, et dans les cas les plus graves, des paralysies irréversibles ou des décès, rappelle la préfecture.
Les jeunes sont les plus exposés. Au niveau national, 14 % des 18-24 ans déclaraient en avoir expérimenté en 2022, selon Santé publique France. Les centres d’évaluation et d’information sur la pharmacodépendance (CEIP-A) ont recensé 472 cas de mésusage en 2023, contre 254 en 2020, soit une hausse de près de 86 % en trois ans, selon des données publiées par Vidal.
Contexte dans les Pyrénées-Atlantiques
Le département des Pyrénées-Atlantiques - qui regroupe le Pays Basque et le Béarn, avec Pau comme préfecture - n’est pas un cas isolé. Les Hautes-Pyrénées, l’Ariège, la Loire-Atlantique ou encore les Pyrénées-Orientales ont pris des arrêtés similaires en 2026, souvent calés sur la même échéance de septembre, selon La Semaine des Pyrénées et France 3 Occitanie.
La démarche préfectorale s’appuie sur un cadre législatif en cours de consolidation. Le 19 mai 2026, le Sénat a voté, dans le projet de loi Ripost (réponses immédiates aux troubles à l’ordre public), l’interdiction de la vente de protoxyde d’azote aux particuliers, rapporte Le Monde. Ce texte prévoit également un délit d’inhalation et des sanctions renforcées pour le transport et la conduite sous emprise, selon Mediabask.
Ce que risquent les contrevenants
L’arrêté préfectoral ne fixe pas de nouvelles peines : il interdit et donne base légale aux contrôles et saisies dans l’espace public. Les sanctions relèvent du droit existant. Le projet de loi Ripost, s’il est définitivement adopté, durcirait le régime pénal applicable à l’échelle nationale.
Les modalités de contrôle - services mobilisés, points de vigilance géographiques - n’ont pas été détaillées publiquement par la préfecture à ce stade. La préfecture n’a pas non plus précisé si l’arrêté pourrait être à nouveau renouvelé après le 30 septembre 2026 en fonction de l’évolution des infractions.
La loi Ripost devant encore passer à l’Assemblée nationale, le calendrier législatif national reste à confirmer.
Sources
- Préfecture des Pyrénées-Atlantiques (@Prefet64) : Tweet officiel du préfet des Pyrénées-Atlantiques
- La République des Pyrénées : L'interdiction concernant le protoxyde d'azote prolongée jusqu'au 30 septembre dans les Pyrénées-Atlantiques
- La République des Pyrénées : Pyrénées-Atlantiques : les interdictions autour du protoxyde d'azote seront prolongées à partir du 1er juin
- Mediabask : Le préfet serre la vis sur le protoxyde d'azote