Pyrénées-Orientales : la CGT 66 réclame un plan d’urgence climatique
Après les incendies de Trévillach et Canet, le syndicat dénonce le décalage entre moyens disponibles et risques accrus
L'Union Départementale CGT 66 a publié un communiqué le 13 juillet réclamant un plan d'adaptation face au dérèglement climatique. Le syndicat pointe le manque de moyens après le feu de Trévillach et refuse les dérogations au droit du travail.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- L'Union Départementale CGT 66 a publié un communiqué officiel le 13 juillet 2026 réclamant un plan d'adaptation face au risque climatique.
- L'incendie de Trévillach, fixé le 11 juillet 2026, a parcouru 4 900 hectares de végétation dans le département.
- Le feu de Canet-en-Roussillon du 2 juillet a détruit 281 mobil-homes et provoqué l'évacuation de 3 000 personnes.
- La CGT 66 refuse les demandes patronales visant à faire travailler les salariés jusqu'à 70 heures par semaine durant l'été.
- Le syndicat estime qu'un euro investi dans l'adaptation climatique permet d'économiser entre sept et huit euros de dégâts futurs.
Deux jours après la fixation de l’incendie de Trévillach, l’Union Départementale CGT 66 a publié un communiqué officiel réclamant un plan d’urgence face aux risques climatiques. Le texte, daté du 13 juillet 2026, dénonce le décalage entre la réalité du terrain et les moyens alloués.
4 900 hectares brûlés à Trévillach
L’incendie de Trévillach, déclaré fixé par la préfecture des Pyrénées-Orientales le 11 juillet à 18h30, a parcouru environ 4 900 hectares de végétation. Quelques jours plus tôt, le 2 juillet, un incendie à Canet-en-Roussillon avait détruit 281 mobil-homes et provoqué l’évacuation de 10 000 personnes.
Ces deux feux majeurs ont lourdement affecté la filière viticole et le tourisme local, provoquant le chômage partiel de nombreux salariés, selon le communiqué syndical.
Le rapport du Haut conseil pour le climat
La CGT 66 s’appuie sur le rapport du 9 juillet 2026 du Haut conseil pour le climat, qui indique que le dérèglement s’accélère plus vite que nos capacités de réponse. Le syndicat estime qu’un euro investi aujourd’hui dans l’adaptation climatique permet d’économiser entre sept et huit euros de dégâts futurs.
« Nous sommes déjà dans le monde de demain. Les moyens, eux, sont restés dans le monde d’hier », résume le communiqué.
Friches agricoles et risque incendie
Le syndicat redoute que la multiplication des friches agricoles, provoquée par la crise viticole, n’accentue les feux de forêt dans les années à venir. La CGT 66 alerte sur la vulnérabilité de l’économie locale, particulièrement le tourisme et l’agriculture, deux secteurs déjà fragilisés par les récents incendies.
Les Pyrénées-Orientales comptent environ 500 000 habitants. Le département, frontalier avec l’Espagne et la Catalogne, est marqué par un climat méditerranéen et une forte pression touristique estivale. Comme en Corse, la saison des feux s’intensifie d’année en année.
Refus des dérogations au droit du travail
La CGT 66 refuse catégoriquement les demandes patronales visant à déroger au droit du travail pour faire travailler les salariés jusqu’à 70 heures par semaine durant l’été. Le syndicat dénonce ces velléités alors que les fortes chaleurs exposent déjà les travailleurs à des conditions pénibles.
Le communiqué fustige également l’attitude du préfet des Pyrénées-Orientales concernant l’exposition des travailleurs aux fortes chaleurs. Le syndicat demande une protection accrue de la santé des salariés, notamment ceux des secteurs agricole et touristique.
Contexte dans les Pyrénées-Orientales
Le département des Pyrénées-Orientales fait face à une succession d’épisodes climatiques extrêmes. Après la sécheresse hivernale, l’été 2026 a débuté par deux incendies majeurs en moins de dix jours. La filière viticole, déjà en crise, voit ses parcelles menacées par les flammes et l’abandon progressif de certaines exploitations.
Le tourisme, moteur économique du département, subit les conséquences directes de ces feux : annulations, chômage partiel, image dégradée. Selon le communiqué syndical, la préfecture et les employeurs n’ont pas pris la mesure de l’urgence.
Un appel à l’action publique
La CGT 66 réclame un plan d’adaptation urgent, calibré sur la réalité du risque climatique. Le syndicat souligne que les moyens humains et matériels de lutte contre les incendies restent insuffisants face à la multiplication des départs de feu.
Le communiqué appelle les pouvoirs publics à investir massivement dans la prévention, la formation et l’équipement des services de secours. La prochaine réunion préfectorale devrait aborder ces questions dans les jours qui viennent.