Pyrénées-Orientales : le préfet renforce la prévention incendie face à la hausse des départs de feux
9 feux sur 10 sont d’origine humaine. Le préfet a présenté un plan renforcé le 10 juin. Des cartes de risque quotidiennes sont mises à jour.
Le préfet des Pyrénées-Orientales a présenté le 10 juin le plan de prévention des incendies 2026. Alors que 17 départs de feu ont été détectés depuis le début juin, les autorités rappellent que 9 feux sur 10 sont liés à des négligences humaines. Des cartes de risque par massif sont actualisées chaque jour à 18h.
L’essentiel
- 9 feux sur 10 : 90 % des départs de feu dans les Pyrénées-Orientales sont d’origine humaine, principalement des imprudences.
- 17 départs en juin : depuis le 1er juin 2026, 17 feux de végétation ont été détectés, dont plusieurs ont menacé des habitations.
- Carte quotidienne : une carte du risque incendie par massif est actualisée chaque jour à 18h pour réglementer l’accès aux forêts.
Un plan de prévention présenté le 10 juin
Le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, a dévoilé le plan de prévention et de lutte contre les incendies 2026 le 10 juin à Força Réal (commune de Millas). Étaient présents la présidente du département Hermeline Malherbe et le directeur du SDIS 66 Éric Belgioïno. Ce dispositif s’articule autour de quatre axes : lutte, surveillance, prévention et sanction.
Selon la préfecture, le département a enregistré 435 départs de feu en 2025, soit une baisse de 36 % par rapport aux 676 feux de 2024. Mais depuis le début du mois de juin 2026, 17 départs de feu de végétation ont déjà été détectés, ce qui a motivé un durcissement du ton de la part du préfet le 24 juin.
9 feux sur 10 d’origine humaine
Le message central est répété chaque année : 9 incendies sur 10 sont provoqués par des activités humaines. « Des imprudences, des négligences, des jets de mégots, des feux de camp ou des travaux mal maîtrisés », a détaillé le SDIS 66. Le préfet a appelé les habitants et les touristes à la plus grande vigilance, notamment lors des activités de plein air.
Les gestes concrets recommandés : ne pas jeter de mégot par la fenêtre de la voiture, ne pas allumer de feu en forêt sauf dans les foyers aménagés, signaler tout départ de fumée au 112 ou au 18.
Des cartes de risque actualisées quotidiennement
Une innovation pratique pour le grand public : une carte de risque incendie par massif forestier est mise à jour tous les jours à 18h par les services de l’État. Elle indique le niveau de danger (vert, jaune, orange, rouge) et réglemente l’accès aux massifs. En cas de risque élevé, la circulation et les activités de pleine nature peuvent être interdites.
Le préfet a invité les habitants à consulter cette carte avant toute sortie en forêt. Elle est accessible sur le site de la préfecture et via l’application « Prévention incendie 66 ».
Des moyens renforcés pour la saison 2026
Le dispositif estival 2026 s’appuie sur la mobilisation de 200 sapeurs-pompiers locaux, 6 groupes d’intervention feux de forêt (GIFF) et 2 hélicoptères bombardiers d’eau. En renfort, 80 pompiers roumains sont prépositionnés au SDIS 66 du 1er au 30 juillet via le mécanisme de protection civile de l’Union européenne.
Dix caméras couplées à de l’intelligence artificielle, financées par l’État, surveillent en continu les massifs forestiers. Elles détectent automatiquement les fumées et les départs de feu, permettant une intervention plus rapide.
Les patrouilles de l’Office national des forêts (ONF) et les réserves communales de sécurité civile collaborent étroitement avec les maires pour renforcer la vigilance.
Contexte dans les Pyrénées-Orientales
Les Pyrénées-Orientales sont l’un des départements les plus exposés aux incendies en France métropolitaine. Avec un climat méditerranéen, des vents forts (tramontane) et une végétation sèche, la saison des feux s’étend de mai à octobre. En 2025, 435 feux ont brûlé environ 1 200 hectares de forêt et de maquis. Le département compte près de 500 communes, dont beaucoup bordent des massifs classés à risque. Le plan 2026 s’inscrit dans un effort continu de prévention, alors que le réchauffement climatique allonge les périodes de sécheresse. Pour rappel, en avril 2023, un incendie avait détruit 930 hectares à Cerbère-Banyuls-sur-Mer, nécessitant l’évacuation de plusieurs campings.
Dans d’autres régions, la vigilance reste aussi de mise : dans le Tarn, 2 000 tonnes de bois ont été détruites dans un incendie sur le site Trifyl de Labessière-Candeil, et dans l’Eure-et-Loir, les Foulées de Chartres ont été annulées en raison de la vigilance rouge canicule.
Prochaine étape : la préfecture annonce une campagne de sensibilisation dans les écoles et les campings dès la première semaine de juillet. Les premières interdictions d’accès aux massifs pourraient être prises en fonction des conditions météorologiques.