Pyrénées-Orientales : un vigneron propose une ceinture agricole coupe-feu
Après l'incendie de Trévillach, Fabrice Rieu lance le projet CeinturAgripar pour créer des barrières cultivées contre les feux de forêt
Le vigneron et négociant argelésien Fabrice Rieu a présenté publiquement son projet CeinturAgripar une ceinture agricole pare-feu à l'échelle du département. L'initiative fait suite à l'incendie de Trévillach qui a ravagé près de 5 000 hectares entre le 4 et le 11 juillet 2026.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le vigneron argelésien Fabrice Rieu a présenté le projet CeinturAgripar pour créer une ceinture agricole coupe-feu départementale
- Le dispositif prévoit une collaboration avec les pompiers pour identifier les couloirs de feu et y implanter des cultures pare-feux
- Les agriculteurs seraient rémunérés pour l'entretien de ces zones de protection
- L'initiative fait suite à l'incendie de Trévillach qui a ravagé près de 5 000 hectares entre le 4 et le 11 juillet 2026
Fabrice Rieu, vigneron et négociant installé à Argelès-sur-Mer, a rendu public son projet baptisé CeinturAgripar. Cette initiative vise à créer une ceinture agricole coupe-feu à l’échelle des Pyrénées-Orientales, selon Ouillade.
Le dispositif repose sur une collaboration avec les sapeurs-pompiers pour identifier les couloirs de propagation du feu sur le territoire départemental. Les zones repérées serviraient ensuite à implanter des cultures faisant office de barrières naturelles contre les incendies.
Un modèle économique pour les agriculteurs
Le projet CeinturAgripar prévoit de rémunérer financièrement les exploitants agricoles pour assurer l’entretien de ces cultures pare-feux. Cette dimension économique vise à pérenniser le dispositif en transformant une contrainte territoriale en activité viable pour les professionnels locaux.
Le vigneron propose ainsi de mobiliser les ressources agricoles existantes du département plutôt que de multiplier les infrastructures passives. Les vignes, vergers et cultures céréalières pourraient servir de zones tampons stratégiques.
Une réponse à l’incendie de Trévillach
Cette proposition intervient quelques jours après l’incendie qui a touché la commune de Trévillach. Le feu a détruit près de 5 000 hectares de végétation entre le 4 et le 11 juillet 2026, selon la préfecture des Pyrénées-Orientales.
L’événement a mobilisé d’importants moyens de secours pendant une semaine et rappelé la vulnérabilité du territoire face aux feux de forêt estivaux. Albertacce en Corse a également connu un incendie majeur ces derniers jours, avec 270 hectares brûlés.
Contexte dans les Pyrénées-Orientales
Le département compte environ 480 000 habitants et présente un risque incendie élevé en période estivale. Le territoire combine zones forestières étendues, maquis méditerranéen et activité viticole importante, notamment dans le secteur des Aspres et de la plaine du Roussillon.
Les vignobles représentent une ressource économique majeure pour les Pyrénées-Orientales, avec plus de 20 000 hectares cultivés. D’autres régions viticoles françaises ont récemment subi des aléas climatiques sévères, comme la Charente touchée par des grêlons géants.
Le département dispose d’un service départemental d’incendie et de secours (SDIS 66) qui intervient régulièrement sur des feux de végétation durant la saison chaude. La coordination avec les exploitants agricoles constituerait une approche préventive complémentaire aux dispositifs existants.
Prochaines étapes du projet
Fabrice Rieu souhaite désormais rencontrer les acteurs institutionnels et professionnels concernés pour structurer CeinturAgripar. Le projet nécessitera l’adhésion des pompiers, des services de l’État, du conseil départemental et de la chambre d’agriculture pour passer de la proposition à la mise en œuvre concrète.
