Quimper : des familles dénoncent négligences et maltraitances à l’Ehpad Le Missilien
Un collectif de quatre familles a remis un dossier de 27 pages à la direction. Elles pointent sous-effectif, hygiène défaillante et panne de climatisation. La Fondation Massé-Trévidy reconnaît des difficultés de recrutement mais conteste une maltraitance systématique.
À Quimper, quatre familles de résidents de l’unité Cantou (Alzheimer) de l’Ehpad Le Missilien dénoncent une accumulation de négligences devenues banales, selon elles. Un dossier de 27 pages a été transmis à la direction. Celle-ci reconnaît des difficultés ponctuelles mais rejette l’accusation de maltraitance généralisée.
L’essentiel
- Fait 1 : Quatre familles de l’unité Cantou (Alzheimer) de l’Ehpad Le Missilien, à Quimper, dénoncent des négligences et maltraitances.
- Fait 2 : Un dossier de 27 pages listant les incidents a été remis à la direction (source Ouest-France).
- Fait 3 : La direction reconnaît des difficultés ponctuelles de recrutement mais conteste une maltraitance systématique (source Le Télégramme).
- Fait 4 : Les familles paient entre 2 200 et 2 600 euros par mois pour le séjour de leur proche (source ICI Breizh Izel).
Un collectif de quatre familles de résidents ou anciens résidents de l’unité Cantou - dédiée aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et de maladies neurodégénératives - de l’Ehpad Le Missilien, à Quimper, a décidé de briser le silence. Depuis plusieurs semaines, elles multiplient les témoignages auprès des médias locaux pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme une « addition de négligences et maltraitances devenues banales ».
Des témoignages accablants
Selon le dossier de 27 pages compilé par les familles et relayé par Ouest-France, plusieurs incidents graves sont rapportés. Une résidente de l’unité était régulièrement retrouvée souillée d’excréments, sa couche changée seulement deux fois par jour. Cela a entraîné des infections urinaires répétées et une occlusion intestinale, selon les proches interrogés par ICI Breizh Izel (France Bleu). Un autre résident a été retrouvé seul sur une chaise après une chute, souffrant d’une fracture du col du fémur qui n’a été diagnostiquée qu’aux urgences.
Les familles pointent également un défaut d’administration des médicaments : des comprimés non écrasés pour des résidents ayant des difficultés à déglutir, ou au contraire écrasés sans nécessité. La climatisation de l’unité serait en panne depuis un an, rendant les conditions de vie difficiles, notamment lors des épisodes de fortes chaleurs récents.
Un sous-effectif chronique dénoncé
Le problème central soulevé par le collectif est le manque de personnel. « Il n’y a régulièrement que deux aides-soignants pour trente résidents », a rapporté une famille au micro de ICI Breizh Izel. Ce ratio, jugé insuffisant pour une unité Alzheimer où les besoins en accompagnement sont constants, expliquerait les retards de prise en charge et les défauts d’hygiène. « Avec deux personnes, on ne peut pas être partout à la fois », témoigne un ancien salarié cité par Le Télégramme.
Les familles, qui paient entre 2 200 et 2 600 euros par mois pour le séjour de leur proche, estiment ne pas en avoir pour leur argent. « On nous promet une prise en charge digne, et on retrouve nos parents dans des conditions indignes », déplore l’un d’elles dans Ouest-France.
La direction reconnaît des difficultés mais conteste
Interrogée par les médias, la Fondation Massé-Trévidy, qui gère l’établissement, ne nie pas certains incidents mais en conteste le caractère systématique. Le directeur général, Stéven T., a reconnu « des difficultés ponctuelles de recrutement et un turn-over important » dans les équipes. Il affirme que des climatiseurs portatifs ont été déployés dans l’unité Cantou pour pallier la panne de la climatisation centrale.
Dans un communiqué repris par Le Télégramme, la direction précise qu’« une large majorité de familles n’est pas en accord avec ces propos » et que les inspections menées par la Haute Autorité de santé (HAS) en 2024 ainsi que celle de 2023 ont été « positives ». « L’unité Cantou n’est pas délaissée », insiste la fondation, qui promet d’examiner le dossier remis par les familles.
Contexte dans le Finistère
Cette affaire intervient dans un département, le Finistère, qui compte une population âgée parmi les plus élevées de Bretagne. Selon les données de l’INSEE, près d’un habitant sur trois a plus de 60 ans. Le secteur des Ehpad y est donc particulièrement sollicité. La ville de Quimper, préfecture du département, concentre plusieurs établissements médico-sociaux. La séance plénière des élus du Finistère ce mercredi 17 juin doit aborder des sujets liés à la sécurité et aux services publics, mais pas spécifiquement cette affaire. Les pompiers du département, très impliqués dans le lien social, avaient d’ailleurs organisé une collecte de sang à Quimper le 12 juin.
L’affaire Le Missilien relance le débat sur les moyens alloués aux établissements pour personnes âgées dépendantes, dans un contexte national de crise des vocations dans les métiers du grand âge.
Prochaine étape : les familles attendent une réponse écrite de la direction. Aucune date de rencontre n’a été annoncée à ce stade.
Sources
- Ouest-France : Une addition de négligences et maltraitances devenues banales dénoncées par des familles dans cet Ehpad breton
- ICI Breizh Izel (France Bleu) : Des familles dénoncent des 'maltraitances' dans un EHPAD de Quimper, la direction reconnaît des difficultés ponctuelles
- Le Télégramme : À Quimper, la Fondation Massé-Trévidy réagit après les critiques contre l'une de ses unités Alzheimer
- Orange Actualités : Quimper : des familles dénoncent des 'maltraitances du quotidien' dans un Ehpad

