Rabiot et Dembélé : les coulisses explosives du Mondial 2026
Romain Molina lève le voile sur les tensions tactiques et personnelles qui ont miné l'équipe de France durant la Coupe du Monde
Un milieu à trois réclamé en vain, des attitudes jugées inacceptables à la mi-temps. Les révélations du journaliste d'investigation dessinent un vestiaire fracturé.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Fractures tactiques
Le refus de Deschamps d'adopter un milieu à trois face à l'Espagne cristallise les frustrations d'une partie du vestiaire, révélant un décalage entre les attentes de joueurs expérimentés et les choix du sélectionneur.
Clan Mbappé sous pression
L'influence de Kylian Mbappé et de son entourage, longtemps dominante, s'érode. Dembélé passe du statut d'ami à celui de cible, symptôme d'un groupe divisé où les allégeances personnelles perturbent la cohésion sportive.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Dembélé et d'autres joueurs réclament un milieu à trois face à l'Espagne, refusé par Deschamps. La France s'incline 2-0 en demi-finale.
- Des comportements jugés "très très très mal perçus" à la mi-temps de la petite finale contre l'Angleterre (défaite 6-4).
- Rabiot qualifie la première période d'"assez honteuse" et dénonce des attitudes "assez inadmissibles" de coéquipiers.
- Molina affirme que Dembélé est devenu "l'homme à abattre" pour le clan Mbappé, dont l'influence s'érode dans le vestiaire.
- Une bagarre de dix minutes entre Rabiot et Rowe dans les vestiaires de l'OM provoque l'évanouissement d'un joueur de 17 ans.
Dans les vestiaires de l’équipe de France, entre la demi-finale contre l’Espagne et la petite finale face à l’Angleterre - certains joueurs ne cachent plus leur exaspération. Romain Molina - journaliste d’investigation spécialisé dans le football - a levé le voile sur des tensions tactiques et comportementales qui ont empoisonné la Coupe du Monde 2026.
Le milieu à trois refusé face à l’Espagne
Avant la demi-finale du 14 juillet 2026 - plusieurs joueurs de l’équipe de France militent ouvertement pour un changement tactique. Ousmane Dembélé et d’autres réclament un milieu à trois face à la Roja. Didier Deschamps maintient son dispositif habituel. La France s’incline 2-0.
Le débat tactique masque une fracture plus profonde. Selon Molina, « l’énorme hypocrisie autour du ‘tout Mbappé' » gangrène le groupe depuis des mois. Un sentiment de « lassitude » et de « blasé » s’est installé chez plusieurs internationaux face aux choix du sélectionneur.
Raymond Domenech critique publiquement le remplacement d’Adrien Rabiot durant la demi-finale. Retirer « son meilleur joueur » équivaudrait selon lui à « donner le match à l’adversaire ». La France avait pourtant démarré le tournoi par trois victoires nettes: 4-1 contre la Norvège - 3-0 face à la Suède - 1-0 contre le Paraguay - puis 2-0 contre le Maroc.
Dembélé dans le viseur
Les révélations de Molina remontent à juin 2025 pour Dembélé et à août 2025 pour Rabiot. Elles dessinent un vestiaire où les alliances se recomposent brutalement. « Plus grand monde ne soutient Kylian Mbappé » - affirme le journaliste. Le retour du capitaine en équipe de France en mars 2025 aurait créé un climat tendu qui ne s’est jamais dissipé.
Dembélé serait devenu une « cible pour le ‘clan’ Mbappé ». « Ousmane, c’est l’homme à abattre » - résume Molina. L’ailier du FC Barcelone, longtemps perçu comme le « gentil Ousmane » ou le « petit Ousmane » - cristallise désormais les tensions d’un groupe divisé où les allégeances personnelles l’emportent sur la cohésion sportive.
Des attitudes mal perçues contre l’Angleterre
Trois jours après l’élimination espagnole, la France affronte l’Angleterre pour la troisième place. À la mi-temps, l’attitude de certains joueurs est « très très très mal perçue ». Adrien Rabiot ne mâche pas ses mots après le match, perdu 4-6. Il qualifie la première période d' »assez honteuse » et dénonce un comportement « assez inadmissible » de la part de plusieurs coéquipiers.
Les propos du milieu laissent entrevoir des joueurs déjà mentalement sortis du tournoi, incapables de mobiliser l’énergie nécessaire une fois l’objectif manqué. Cette déliquescence collective contraste avec le parcours espagnol: cinq victoires en phase finale, 4-0 contre l’Arabie Saoudite - 1-0 face à l’Uruguay - 3-0 contre l’Autriche - 1-0 face au Portugal - puis 2-1 contre la Belgique en demi-finale avant d’affronter la France.
Molina évoque aussi le comportement de joueurs comme Rayan Cherki pendant le Mondial 2026, sans détailler. On se souvient d’affaires similaires ayant ébranlé l’équipe de France, comme la grève de Knysna en 2010 ou les tensions entre Benzema et Valbuena en 2015, qui avaient également révélé des fractures profondes au sein du groupe tricolore.
Rabiot: des tensions qui débordent à Marseille
Les frustrations accumulées en sélection trouvent un écho violent à l’Olympique de Marseille. Après une défaite contre Rennes - une « bagarre de rue » de dix minutes éclate dans les vestiaires entre Adrien Rabiot et Jonathan Rowe. Gerónimo Rulli - gardien, aurait tenu des propos en espagnol envers Rowe. Rabiot intervient pour calmer, puis « met le premier coup ».
La sécurité doit intervenir. Darryl Bakola - un joueur de 17 ans - s’évanouit. L’OM exclut temporairement les deux protagonistes de l’équipe première.
Molina affirme aussi que Véronique Rabiot - mère et agente de Rabiot, aurait « arrangé la vérité » sur les négociations de prolongation de contrat avec Marseille. L’argent serait le facteur clé.
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