Rave party de Claret : 1 800 participants, 100 amendes et 160 gendarmes au 7 juin
Point officiel de la préfète à 10h ce dimanche les chiffres de la mobilisation et les premières suites judiciaires
La rave party illégale installée la nuit du 5 au 6 juin sur le causse du Mas Neuf à Claret (Hérault) se poursuit ce dimanche 7 juin. À 10h, la préfecture dénombrait encore 1 800 personnes et 400 véhicules sur place, pour près de 100 amendes délictuelles délivrées par 160 gendarmes.
L’essentiel
- Effectif : 1 800 personnes et 400 véhicules recensés à 10h le 7 juin (contre ~2 000 personnes et 600 véhicules au matin du 6 juin)
- Forces mobilisées : environ 160 gendarmes dont 2 escadrons mobiles ; fourrière active sur les axes d’accès
- Sanctions : près de 100 amendes forfaitaires délictuelles (AFD) pour usage/détention de stupéfiants et détention d’armes blanches
- Bilan sanitaire : 2 malaises le 6 juin, 1 intervention SDIS 34 pour chute le 7 juin matin
- Plainte déposée : les propriétaires du terrain ont porté plainte pour dégradations et atteinte à des espèces protégées (zone ZNIEFF type 1)
Installée en deux heures, encore présente 32 heures plus tard
Vers 3h du matin le samedi 6 juin 2026, plusieurs centaines de véhicules convergeaient vers le causse du Mas Neuf, terrain privé situé sur la commune de Claret, à environ 50 kilomètres au nord de Montpellier, près de Ferrières-les-Verreries. Le rassemblement, baptisé « Tankarville, la riposte des chaussettes sales », avait été annoncé des semaines avant sur les réseaux sociaux par des organisateurs présentés comme nîmois et gardois, selon Midi Libre.
Un vol d’hélicoptère de la gendarmerie en matinée du 6 juin estimait alors 2 000 personnes et 600 véhicules. Le point @Prefet34 à 10h ce dimanche 7 juin recadre ces chiffres à la baisse : 1 800 participants et 400 véhicules, soit environ 200 personnes et 50 véhicules repartis dans la nuit.
Cent amendes, fourrière, enquête ouverte
Les 160 gendarmes déployés - dont deux escadrons mobiles - ont délivré près de 100 amendes forfaitaires délictuelles (AFD). Les motifs retenus : usage ou détention de stupéfiants, et détention d’armes blanches, selon la préfecture de l’Hérault. La fourrière a été sollicitée pour les véhicules stationnés sur les axes d’accès.
Une enquête est ouverte sous l’autorité du procureur de la République de Montpellier. À ce stade, aucune intervention de délogement n’a été annoncée publiquement. Midi Libre rapporte que la préfète Chantal Mauchet n’excluait pas cette option, mais ne l’a pas confirmée lors de son passage sur place le 6 juin.
Les propriétaires du terrain ont déposé plainte pour dégradations et atteinte à des espèces protégées. Le site est classé ZNIEFF type 1 : sabline douteuse, orchis à odeur de vanille et oiseaux nicheurs y sont répertoriés, selon Actu.fr. Un riverain a également signalé avoir été molesté et son matériel volé.
Comment les organisateurs ont déjoué le plan préventif
La préfète avait activé le plan rave bleu dès le 5 juin, sur suspicion d’événement illégal imminent. Les organisateurs ont multiplié les points de ralliement fictifs - Marseille, Nîmes, Valence - avant de fixer le lieu définitif à Claret en dernière minute, selon Midi Libre. L’arrêté préfectoral interdisant les rave parties sur l’ensemble du territoire héraultais est pourtant en vigueur jusqu’à fin 2026.
Le choix du site n’est pas anodin aux yeux des participants : des proches des organisateurs indiquent que l’événement constitue une protestation contre le projet de loi Ripost, adopté par le Sénat le 26 mai 2026 et qui durcit les sanctions contre les rassemblements festifs illégaux. La free party pourrait se prolonger jusqu’à mardi, selon ces mêmes sources rapportées par Midi Libre. Des opérations comparables ont eu lieu ailleurs en France ces dernières semaines, comme les opérations de verbalisation anti-rodéos à Niort qui illustrent une intensification des contrôles de voie publique à l’échelle nationale.
Élus et riverains en colère
Le maire de Claret, Philippe Tourrier, et celui de Ferrières-les-Verreries ont exprimé leur colère, selon Actu.fr. Le sénateur Hussein Bourgi (PS, Hérault) a salué la mobilisation des forces de l’ordre et appelé à des sanctions judiciaires rapides.
Sur le plan environnemental, la situation préoccupe : le terrain se situe à la limite du Gard, dans une zone naturelle sensible. Les autorités n’ont pas précisé à ce stade l’étendue des dégradations constatées.
Contexte dans l’Hérault
Claret compte environ 1 745 habitants (INSEE 2023). La commune, rurale, est implantée sur le causse à une cinquantaine de kilomètres au nord de Montpellier, à la limite avec le Gard. Elle n’avait pas connu d’événement de cette ampleur dans l’histoire récente recensée.
À l’échelle départementale, l’Hérault est l’un des départements les plus exposés aux rassemblements estivaux non déclarés en raison de la multiplicité des garrigues et causses accessibles depuis l’axe Nîmes-Montpellier. L’arrêté préfectoral anti-rave valable sur tout le département jusqu’à fin 2026 avait précisément été adopté pour prévenir ce type de situation. Son efficacité est, en l’espèce, directement mise en question. À noter que d’autres préfectures ont renforcé leurs alertes en cette période : le préfet du Jura, par exemple, a alerté ce week-end sur les risques liés aux feux en milieu naturel, signe d’une vigilance accrue dans plusieurs territoires.
Prochaine étape
Les contrôles et sorties de véhicules se poursuivent ce dimanche après-midi. Un nouveau point de situation de la préfecture est attendu. L’enquête judiciaire sous l’autorité du parquet de Montpellier déterminera les suites données aux interpellations et aux plaintes déposées.
Sources
- Préfecture de l'Hérault (@Prefet34) : Point de situation à 10h – rave party Claret
- Préfecture de l'Hérault (@Prefet34) : Alerte initiale rave party Claret – vol hélicoptère
- Actu.fr : La rave party illégale se poursuit au nord de Montpellier : 160 gendarmes engagés, 100 amendes dressées
- Midi Libre : Rave géante illégale dans l'Hérault : la préfète n'exclut pas une intervention des forces de l'ordre