Rémire-Montjoly : des associations mobilisées pour protéger un littoral qui recule

Des résidents apprennent les techniques de lutte contre l'érosion côtière lors d'un atelier associatif à Rémire-Montjoly.

Rémire-Montjoly : des associations mobilisées pour protéger un littoral qui recule
Illustration Sylvie Tchangou / info.fr

Des associations guyanaises ont organisé début avril un atelier sur la protection de l'environnement côtier à Rémire-Montjoly. Le but : sensibiliser les habitants à une érosion qui grignote le trait de côte depuis plusieurs années. Le contexte est préoccupant : certains secteurs perdent près de 20 mètres de plage par an.

C’est une plage qui recule. À Rémire-Montjoly, l’érosion côtière n’est pas un phénomène nouveau, mais il s’est accéléré. Selon La1ère, certains secteurs affichent depuis 2021 un recul du trait de côte de près de 20 mètres par an. C’est dans ce contexte que Guyane Nature Environnement (GNE) et l’association Kwata ont organisé, début avril 2026, un atelier de sensibilisation destiné aux riverains.

L’atelier a permis d’aborder les techniques concrètes de lutte contre l’érosion due aux marées : lecture du trait de côte, rôle de la végétation littorale, retours sur les dispositifs expérimentaux déjà testés localement. L’association Kwata est notamment impliquée dans la restauration des Salines de Montjoly, site naturel protégé directement touché par ces phénomènes, selon Mission Nature.

Des dispositifs testés, mais sous tension

La plage de Montjoly a servi de terrain d’essai. Des stabiplages ont été installés une première fois en décembre 2017, permettant une élévation du niveau de sable, selon La1ère. Après sept ans d’usure, un second dispositif a été installé à titre expérimental, comme l’indique la mairie de Rémire-Montjoly. Ces structures restent provisoires.

L’Observatoire de la Dynamique Côtière (ODyC) de Guyane suit de près les anses locales. Il a identifié depuis 2022-2023 un désenvasement et une migration du stock sédimentaire vers l’ouest, selon le site de la préfecture. Ces données alimentent les réflexions des associations comme celles des acteurs institutionnels.

L’ANETT, présente lors d’un précédent atelier national sur le trait de côte, a rappelé les enjeux juridiques et le rôle des collectivités :

Des financements fragilisés

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Le contexte financier complique les perspectives. En 2025, le fonds national destiné à accompagner les communes littorales face à l’érosion a été supprimé lors du vote du budget, selon La1ère. Pour 2026, le Fonds vert marque un changement d’approche, en orientant les financements vers la recomposition du littoral plutôt que sa seule protection, indique l’observatoire du littoral guyanais.

Prochaine étape : le 24 avril 2026, la Zone Atelier Guyane sera inaugurée à Cayenne. Ce dispositif du CNRS vise la co-construction de recherches sur les socio-écosystèmes côtiers et pourrait, à terme, inclure Rémire-Montjoly dans ses travaux, selon l’INEE-CNRS.

Sources

Sylvie Tchangou

Sylvie Tchangou

Correspondante à Cayenne, elle suit les tensions sur l'orpaillage illégal, les débats sur le spatial, les projets routiers et les restructurations hospitalières. Issue de Sciences Po Aix, elle a grandi en Guyane. Ligne de travail : interroger les gendarmes, les élus, les associations environnementales, croiser les rapports du BRGM avant de publier.

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