Rémy Cointreau renoue avec la croissance grâce au cognac chinois
Le groupe charentais affiche une hausse organique de 0,2% de son chiffre d'affaires pour l'exercice 2025-2026, une première depuis 2023.
Rémy Cointreau a réalisé un chiffre d'affaires de 935,3 millions d'euros pour l'exercice 2025-2026, clos fin mars. Une progression organique de 0,2%, portée par un fort rebond du cognac en Chine au quatrième trimestre. Le groupe charentais évite ainsi un troisième recul annuel consécutif.
Rémy Cointreau a réalisé un chiffre d’affaires de 935,3 millions d’euros pour l’exercice 2025-2026, clos fin mars. Une progression organique de 0,2%, portée par un fort rebond du cognac en Chine au quatrième trimestre. Le groupe charentais évite ainsi un troisième recul annuel consécutif.
L’essentiel
- Chiffre d’affaires : 935,3 millions d’euros pour l’exercice 2025-2026, en hausse organique de +0,2% - première croissance annuelle depuis 2023.
- Cognac au T4 : +15,5% en organique au quatrième trimestre, porté par l’APAC et la Chine.
- Ventes de cognac annuelles : 573,6 millions d’euros, en léger recul organique de -0,5% sur l’année entière.
- Amériques : +7,2% en organique ; EMEA : -3,1% ; APAC : -4,3% sur l’exercice complet.
- Plan RC Forward : lancé en avril 2026 pour transformer le modèle commercial, distribution et pricing.
Un exercice à deux vitesses
Les résultats annuels de Rémy Cointreau sont contrastés. Sur l’ensemble de l’exercice 2025-2026, le chiffre d’affaires publié recule de 5% par rapport à l’exercice précédent, pénalisé par des effets de change défavorables estimés entre 25 et 30 millions d’euros, selon le groupe. En données organiques - hors change - la hausse est de 0,2%.
La comparaison avec l’avant-crise reste sévère : selon le communiqué officiel du groupe, les ventes totales sont inférieures de 4,6% à celles de 2019-2020, et le cognac accuse un écart de -18,2% sur la même période, reflétant les impacts post-Covid et les tensions commerciales persistantes.
La Chine, moteur du rebond de fin d’exercice
C’est le marché chinois qui a permis au groupe de redresser la barre au T4. Les ventes de cognac ont bondi de 15,5% en organique sur ce seul trimestre, selon le communiqué officiel de Rémy Cointreau. Le groupe attribue cette performance à une base de comparaison favorable - le T4 2024-2025 était particulièrement faible - et à une résilience des ventes pendant le Nouvel An chinois.
Sur l’ensemble de l’exercice, la zone APAC reste néanmoins en recul organique de -4,3%, signe que la reprise n’est pas encore stabilisée. Reuters souligne que ce rebond de fin d’année a permis au groupe d’éviter un troisième déclin annuel consécutif.
Les Amériques affichent en revanche une progression organique de +7,2%, avec une amélioration séquentielle des volumes aux États-Unis malgré des comparatifs élevés au T4. L’EMEA recule de -3,1% en organique.
Le cognac, cœur fragile du modèle
Les ventes de cognac - principale activité du groupe - ont atteint 573,6 millions d’euros sur l’exercice, soit un recul organique de -0,5% sur l’année. Cette activité représente la part dominante du chiffre d’affaires du groupe, dont le siège historique est à Cognac, en Charente.
Les liqueurs et spiritueux ont mieux résisté : +2,8% en organique sur l’exercice, et +37,5% par rapport à 2019-2020, grâce notamment à la marque Cointreau. Ces segments ont partiellement compensé la faiblesse du cognac.
Sur la rentabilité, le groupe confirme un résultat opérationnel courant (ROC) en baisse organique comprise entre le bas de la double décimale et le milieu des chiffres à deux chiffres (« low double-digit to mid-teens »), sans préciser de chiffre définitif à ce stade.
Le plan RC Forward, réponse structurelle
Face à ces difficultés, Rémy Cointreau a lancé en avril 2026 le plan de transformation baptisé « RC Forward ». Selon Reuters et la Charente Libre, ce plan prévoit des changements organisationnels, de pricing et de distribution. Le groupe maintient ses investissements en Chine et aux États-Unis. Aucun impact précis sur l’emploi n’a été communiqué à ce stade.
Contexte dans la Charente
Rémy Cointreau est l’un des piliers économiques de la Charente. Le groupe est né en 1990 de la fusion des familles Hériard Dubreuil et Cointreau, avec des origines remontant à 1724 pour la maison Rémy Martin, fondée à Cognac. La ville de Cognac et son bassin viticole constituent le cœur de production du groupe.
La filière cognac dans son ensemble emploie environ 15 900 personnes en Charente, dont 12 800 salariés, selon les données de l’INSEE. Elle reste l’un des premiers employeurs privés du département. Les résultats de Rémy Cointreau, premier groupe coté de la filière, sont suivis de près comme indicateur de l’état de santé de toute l’économie charentaise liée aux eaux-de-vie.
Les tensions commerciales avec la Chine - principal marché export du cognac - ont pesé lourd ces dernières années sur l’ensemble de la filière. L’accord conclu entre Pékin et les producteurs européens sur les droits de douane applicables au cognac avait ouvert des perspectives, comme le rappelait LSA Consommation début 2026. Le rebond du T4 semble en être une première traduction concrète, bien que partielle.
Le groupe publiera ses résultats annuels complets, incluant le ROC définitif, dans les prochaines semaines. La confirmation ou non d’une stabilisation du marché chinois sera déterminante pour l’orientation 2026-2027.
Sources
- Rémy Cointreau (officiel) : Chiffre d'affaires du 4e trimestre 2025-26
- Reuters : Cognac maker Remy Cointreau reports first annual sales growth in years
- Les Echos : Complexe, la situation en Chine freine toujours les ventes de Rémy Cointreau
- Charente Libre : Rémy Cointreau lance un plan de choc pour sauver sa croissance