Rennes : la LDH interpelle le préfet après une vidéo d’interpellation au métro Italie

Une vidéo filmée dans la nuit du 2 au 3 juin montre un homme menotté frappé au visage lors d'une arrestation derrière la station Italie, au Blosne.

Rennes : la LDH interpelle le préfet après une vidéo d'interpellation au métro Italie
Illustration Maëlle Guillou / info.fr

Une interpellation filmée dans la nuit du 2 au 3 juin 2026 à Rennes soulève des questions. La section rennaise de la Ligue des droits de l'Homme a écrit au préfet Franck Robine le 6 juin pour dénoncer des violences qu'elle juge inutiles et contraires à la Convention européenne des droits de l'Homme.

L’essentiel

  • Date des faits : nuit du 2 au 3 juin 2026, vers 2h15, allée du Gacet, derrière la station de métro Italie (quartier du Blosne, Rennes).
  • Ce que montre la vidéo : un homme menotté reçoit un coup au visage d’un policier et serait potentiellement mordu par un chien policier.
  • Saisine formelle : la LDH Rennes a adressé une lettre au préfet Franck Robine le 6 juin 2026, invoquant l’article 3 de la CEDH (traitements inhumains et dégradants).
  • Diffusion : la vidéo a été relayée par l’Observatoire rennais des libertés publiques (Orlib) sur Instagram, puis par Actu.fr et Ouest-France.

Les faits : une interpellation filmée à 2h15

Dans la nuit du mardi 2 au mercredi 3 juin 2026, une interpellation a lieu allée du Gacet, à l’arrière de la station de métro Italie, dans le quartier du Blosne à Rennes. Il est environ 2h15. Un habitant filme la scène.

Sur les images, on distingue un homme menotté. Un policier - celui qui dirige l’opération selon la LDH - lui assène un coup au visage. La vidéo montre également ce qui ressemble à une morsure de chien policier. Les circonstances ayant précédé l’interpellation n’ont pas été précisées à ce stade par les autorités.

La vidéo est d’abord diffusée par l’Observatoire rennais des libertés publiques (Orlib) sur Instagram avant d’être reprise par plusieurs médias locaux, dont Actu.fr et Ouest-France. Le média Rennes Autrement la signale également sur X le 8 juin 2026.

La lettre de la LDH au préfet Robine

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Trois jours après les faits, le 6 juin 2026, la section rennaise de la Ligue des droits de l’Homme adresse une lettre formelle au préfet d’Ille-et-Vilaine, Franck Robine.

L’organisation y dénonce des violences qu’elle qualifie d’inutiles. Elle invoque l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’Homme, relatif à l’interdiction des traitements inhumains et dégradants. La LDH demande trois choses : une condamnation orale claire de la part du préfet, une sanction disciplinaire à l’encontre du policier concerné, et l’engagement d’une procédure pénale.

La préfecture d’Ille-et-Vilaine n’avait pas répondu publiquement à ces demandes au moment de la publication de cet article. La direction départementale de la sécurité publique (DDSP) n’a pas non plus communiqué sur l’identité de la personne interpellée ni sur les motifs de l’arrestation.

Contexte dans l’Ille-et-Vilaine

Le quartier du Blosne, dans le sud-est de Rennes, est l’un des secteurs classés en politique de la ville dans l’agglomération rennaise. La station de métro Italie, sur la ligne A, constitue un point de passage important du quartier.

Les questions relatives aux conditions d’interpellation sont récurrentes dans plusieurs villes françaises. La LDH dispose de sections actives dans plusieurs départements, et la saisine d’un préfet par lettre formelle reste un acte relativement rare, qui signale une volonté d’obtenir une réponse institutionnelle écrite. En Ille-et-Vilaine, le recrutement et la formation des agents constituent un enjeu permanent pour les forces de l’ordre locales.

L’IGPN (Inspection générale de la police nationale) n’a pas été mentionnée dans les éléments disponibles comme ayant été saisie à ce stade.

Ce que la vidéo ne dit pas

Les images diffusées montrent une séquence partielle de l’interpellation. Elles ne permettent pas d’établir les circonstances ayant conduit à l’arrestation, ni l’état de la personne interpellée avant ou après les faits. Son identité n’a pas été communiquée.

La LDH fonde son analyse sur les seules images visibles, en soulignant que l’homme est déjà menotté au moment où le coup est porté - ce qui, selon l’organisation, exclut tout impératif de neutralisation immédiate.

La version de la police n’a pas été rendue publique à ce jour.

La réponse du préfet Franck Robine, si elle intervient, déterminera la suite donnée à cette affaire sur le plan administratif et potentiellement judiciaire.

Sources

Maëlle Guillou

Maëlle Guillou

Maëlle est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Ille-et-Vilaine (35), avec Rennes pour chef-lieu. Spécialité du département : french tech Rennes et Saint-Malo (4M visiteurs/an). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Bretagne.

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