La Réunion : le Département débloque 2,4 M€ pour 340 logements sociaux
Face à la chute annoncée de la Ligne budgétaire unique, le conseil départemental finance en urgence sept opérations de réhabilitation pour sécuriser le parc social.
Le Département de La Réunion a annoncé le 15 juillet le déblocage d'une enveloppe exceptionnelle de 2,4 millions d'euros. Cette aide d'urgence vise à finaliser sept opérations de réhabilitation et à sécuriser plus de 340 logements sociaux, alors que les crédits de la LBU pourraient chuter de 80 à 27 millions d'euros en 2026.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le Département de La Réunion débloque 2,4 millions d'euros en urgence le 15 juillet 2026 pour le logement social.
- Cette aide exceptionnelle cible sept opérations de réhabilitation pour sécuriser plus de 340 logements sociaux.
- La Ligne budgétaire unique (LBU) devrait chuter de 80 à 27 millions d'euros en 2026.
- La baisse de financement risque de faire chuter la construction annuelle de 4 000 à 200 ou 300 logements.
- Le président Cyrille Melchior prévoit de rencontrer le Premier ministre pour défendre le dossier.
Le conseil départemental de La Réunion présidé par Cyrille Melchior a décidé le 15 juillet de débloquer 2,4 millions d’euros en urgence pour le logement social. Cette enveloppe exceptionnelle doit permettre de finaliser sept opérations de réhabilitation et de sécuriser plus de 340 logements, selon la collectivité.
La décision intervient dans un contexte de forte baisse des financements de l’État. La Ligne budgétaire unique (LBU) destinée à La Réunion devrait chuter de 80 à 27 millions d’euros pour l’année 2026, selon Imaz Press Réunion.
Une aide directe aux bailleurs sociaux
L’enveloppe départementale sera versée directement aux bailleurs sociaux pour finaliser des chantiers en cours. Selon le Département, ces opérations concernent des résidences dont la réhabilitation était menacée par le tarissement des crédits d’État.
La Société publique locale Avenir Réunion renforcera prochainement l’ingénierie de proximité pour accompagner les ménages dans ces projets, précise la collectivité.
Mobilisation des acteurs locaux depuis juin
Cette décision fait suite à une forte mobilisation des professionnels du secteur. Le 23 juin, la Fédération réunionnaise du bâtiment et des travaux publics (FRBTP) avait déposé une motion signée par les acteurs économiques locaux pour dénoncer la baisse de financement, rapporte Imaz Press Réunion.
Le Département, l’ARMOS OI, l’AMDR et la FRBTP ont également co-signé un courrier officiel au gouvernement pour demander la sanctuarisation de la LBU.
Serge Hoareau, président de l’AMDR, dénonce une injonction contradictoire de l’État qui baisse les crédits au moment où les besoins de la population s’accentuent.
Un risque de chute brutale de la construction
La baisse de financement risque de faire chuter la construction annuelle de logements sociaux de 4 000 à seulement 200 ou 300 unités, selon les chiffres communiqués par Imaz Press Réunion. L’ARMOS OI estime qu’à défaut d’une réponse adaptée, 100 000 logements pourraient manquer aux familles réunionnaises dans les 25 prochaines années.
Le secteur du BTP, déjà fragilisé, craint une vague de licenciements si les chantiers s’arrêtent.
Contexte dans La Réunion
La Réunion compte environ 875 000 habitants. Le département d’outre-mer fait face à une croissance démographique soutenue et à des besoins en logement parmi les plus élevés de France. La LBU constitue le principal levier de financement du logement social dans l’île, où le taux de chômage dépasse les 16 % et où de nombreux ménages vivent sous le seuil de pauvreté.
La collectivité départementale avait déjà renforcé ses dispositifs d’aide au logement ces dernières années, mais la baisse drastique des crédits d’État met sous pression l’ensemble du système.
Rendez-vous à Paris
Cyrille Melchior a annoncé son intention de rencontrer le Premier ministre pour plaider en faveur de la sanctuarisation de la LBU. Le président du Département espère obtenir des engagements fermes du gouvernement avant le vote du budget 2026.
En attendant, les sept opérations financées par l’enveloppe d’urgence devraient permettre de maintenir l’activité des bailleurs sociaux et de préserver des emplois dans le BTP.
