Ricardo Carvalho vers Monaco
L'ancien défenseur portugais, adjoint de Roberto Martínez en sélection, pourrait retrouver le Rocher où il a joué de 2013 à 2016
L'AS Monaco cherche à renforcer le staff de Filipe Luís. La piste mène à Ricardo Carvalho, ancien défenseur du club et actuel adjoint de Roberto Martínez en sélection portugaise.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Timing serré avec la sélection
Carvalho est sous contrat avec le Portugal jusqu'au 31 juillet 2026. Monaco veut boucler avant la reprise estivale.
Un staff déjà complet
Quatre postes annoncés le 6 juillet : Palanco et Santiago adjoints, Nieminen gardiens, Linhares physique. Où caser Carvalho ? Troisième adjoint ou rôle sur-mesure ?
L'expérience européenne qui manque
Filipe Luís et son noyau dur viennent de Flamengo. Aucun n'a entraîné en Ligue 1. Carvalho a joué et coaché en Premier League, Liga, Ligue 1. Un atout stratégique.
Monaco et ses retours
Le club mise sur ses anciens : Bijotat, Christophe, Barilaro ont pris la tête de la formation après y avoir été formés. Carvalho a joué 95 matchs sous les couleurs monégasques.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Ricardo Carvalho, 48 ans, a été contacté par l'AS Monaco pour rejoindre le staff de Filipe Luís.
- Le Portugais a joué 95 matchs pour Monaco entre 2013 et 2016, marquant 2 buts.
- Actuellement adjoint de Roberto Martínez en sélection depuis mars 2023, son contrat se termine le 31 juillet 2026.
- Le staff actuel de Filipe Luís compte déjà quatre membres Palanco, Santiago, Nieminen et Linhares.
- Carvalho a remporté la Ligue des Champions 2004, trois Premier League avec Chelsea, la Liga avec le Real et l'Euro 2016.
Le téléphone a sonné. Ricardo Carvalho a décroché. À l’autre bout, Monaco. Pas la sélection portugaise - pas un club de Ligue 1 lambda. Monaco, le club où il a joué 95 matchs entre 2013 et 2016 - marqué 2 buts - porté le brassard dans les grands soirs européens. Dix ans plus tard, le Rocher revient vers lui. Cette fois pour le staff.
L’information n’est pas officielle. Aucun communiqué du club, aucune confirmation de l’entourage de Carvalho. Mais l’approche existe. Filipe Luís - nommé entraîneur principal le 6 juillet 2026 - cherche à renforcer son staff. Deux adjoints sont déjà en place: Iván Palanco et Antony Santiago - qui vient de l’analyse tactique du club. Jyri Nieminen s’occupe des gardiens, Diogo Linhares de la préparation physique. Tous ont travaillé avec Luís à Flamengo. Tous sauf un Portugais de 48 ans qui connaît le club par cœur.
Le compte à rebours
Carvalho est adjoint de Roberto Martínez en sélection depuis mars 2023. Son contrat devait courir jusqu’en juillet 2026 - juste après le Mondial. Fin de mission prévue le 31 juillet. Le staff monégasque reprend l’entraînement peu après. Monaco l’attend au tournant. L’idée: boucler avant la reprise, intégrer l’ancien défenseur dans le staff pour la préparation estivale.
Mais le calendrier portugais complique la donne. Perdre un adjoint expérimenté juste après la victoire en Ligue des Nations 2025 et une Coupe du Monde honorable, c’est un coup dur pour Martínez. Carvalho pilote la défense depuis trois ans. Les joueurs le connaissent, les mécanismes sont rodés. Partir maintenant, c’est casser la continuité à un moment charnière. La sélection n’a pas encore dit si elle accepterait un départ anticipé. Le 31 juillet est une date butoir, pas une garantie de libération immédiate.
Carvalho n’est pas n’importe qui. Champion d’Europe 2016 avec le Portugal - vainqueur de la Ligue des Champions avec Porto en 2004 - trois titres de Premier League avec Chelsea - la Liga avec le Real Madrid. Une carrière XXL. Mais c’est sur le banc qu’il bâtit son second acte. Adjoint d’André Villas-Boas à l’OM de 2019 à 2021 - puis adjoint de Martínez depuis 2023. Pas de poste de numéro un encore. Monaco pourrait être un tremplin. Ou un retour aux sources.
Le pari du retour
Monaco a une histoire avec ses anciens. Dominique Bijotat et Didier Christophe - formés au centre par Gérard Banide - ont pris la tête de la formation en 2006. Deux ans plus tard, Frédéric Barilaro - autre ancien élève, leur a succédé. Thierry Henry, Emmanuel Petit, Lilian Thuram: tous passés par l’académie, tous encore dans les mémoires. Le club mise sur la connaissance du lieu, l’ADN, la transmission. Carvalho coche toutes les cases.
Filipe Luís, lui, arrive avec son noyau dur de Flamengo. Palanco et Linhares sont ses hommes de confiance. Santiago, promu depuis l’interne, connaît le vestiaire monégasque. Mais aucun n’a l’expérience européenne de Carvalho. Aucun n’a géré une défense de Ligue 1, coaché des cadres sous pression, navigué dans un effectif multiculturel où l’anglais, le français et le portugais se télescopent. Carvalho parle les trois. Il a joué avec Mourinho, Ancelotti, Benítez. Il a vu des vestiaires exploser et d’autres tenir sous la pression. Ce n’est pas l’analyse vidéo qui lui manque. C’est l’autorité naturelle qu’on ne peut pas apprendre.
Ce que personne ne dit
Le club a annoncé le staff complet de Filipe Luís le 6 juillet. Quatre noms, quatre postes. Aucune place vacante. Si l’ancien défenseur arrive, quelqu’un part ou un poste se crée. Monaco ne communique pas sur ce point. Palanco et Santiago sont adjoints. Nieminen garde les cages - Linhares gère la physique. Où case-t-on un nouveau membre? Troisième adjoint? Conseiller défensif? Coordinateur sportif avec un pied sur le terrain? Le flou persiste. L’approche est réelle, le contour flou. Dans ce genre de dossier, c’est souvent le signe qu’on cherche encore la bonne formule pour faire entrer la pièce dans le puzzle.
Monaco et ses Portugais
Filipe Luís a signé jusqu’en juin 2028. Deux ans pour prouver. Palanco et Linhares le suivent depuis Flamengo. Si l’ancien international portugais débarque, le staff monégasque comptera plusieurs Portugais sur des postes clés. Une présence qui n’est pas anodine. Monaco a toujours recruté ses entraîneurs sur profil: des profils défensifs, pragmatiques, rodés aux championnats exigeants. Filipe Luís casse le code. Ancien latéral de l’Atlético Madrid et Chelsea, il arrive de Flamengo où il a gagné. Mais il n’a jamais entraîné en Europe. Carvalho, lui, connaît. Plusieurs championnats majeurs, une quinzaine d’années au plus haut niveau, une lecture du jeu européen que Luís n’a pas encore. Si Monaco le recrute, c’est pour ça. Pas pour le folklore.
Le téléphone a sonné. Carvalho a décroché. La balle est dans son camp.
