Risques d’incendie dans la Manche : l’arrêté encadrant les moissons prolongé jusqu’au 29 juin
Face à la vigilance rouge canicule, la préfecture de la Manche impose équipements de sécurité et horaires déconseillés pour les récoltes.
Le préfet de la Manche a prolongé jusqu'au lundi 29 juin l'arrêté réglementant les moissons. Les travaux sont fortement déconseillés entre 14h et 18h. Exploitants et chantiers doivent être équipés d'extincteurs, de moyens de communication et d'un déchaumeur ou d'une tonne à eau.
L’essentiel
- Prolongation : l’arrêté préfectoral est étendu jusqu’au lundi 29 juin 2026 à 8h00.
- Horaires déconseillés : il est fortement recommandé d’arrêter moissonnage et pressage entre 14h et 18h.
- Équipements obligatoires : chaque chantier doit disposer d’un extincteur, d’un moyen de communication (téléphone/radio) et d’un déchaumeur ou d’une tonne à eau opérationnelle.
- Coordination renforcée : le SDIS 50 et la Chambre d’agriculture ont déployé des référents terrain ; le Centre opérationnel départemental (COD) a été activé à Saint-Lô.
Un arrêté prolongé face à la canicule
Le préfet de la Manche a prolongé ce vendredi l’arrêté réglementant les travaux de récolte jusqu’au lundi 29 juin 2026 à 8h00. Le département est placé en vigilance rouge canicule par Météo-France depuis le mercredi 23 juin. La mesure vise à limiter les risques d’incendie pendant les opérations de moissonnage et de pressage, les étincelles ou les échauffements mécaniques pouvant embraser les chaumes et les cultures sur pied.
La préfecture a diffusé l’information sur son compte officiel X :
Des horaires déconseillés, pas interdits
L’arrêté ne prononce pas d’interdiction formelle mais une forte recommandation de suspendre les activités de moissonnage et de pressage entre 14h00 et 18h00. « La préfecture privilégie une incitation forte plutôt qu’une interdiction formelle, contrairement à d’autres départements normands », indique la préfecture de la Manche. Cette souplesse permettrait aux agriculteurs d’adapter leurs horaires en fonction des conditions locales, tout en évitant les pics de chaleur les plus dangereux.
La canicule qui touche la région favorise en effet la propagation rapide des feux : végétation sèche, vents et températures élevées créent un cocktail explosif.
Équipements obligatoires sur les chantiers
Pour chaque chantier de récolte, l’arrêté impose trois équipements obligatoires :
- un extincteur en état de fonctionnement ;
- un moyen de communication (téléphone ou radio) pour alerter les secours en cas de départ de feu ;
- un déchaumeur ou une tonne à eau opérationnelle maintenue à proximité immédiate de la zone de moisson.
Ces mesures visent à permettre une intervention rapide dès les premiers signes d’incendie. Selon les Chambres d’agriculture de Normandie, une coordination étroite a été mise en place avec le SDIS 50 (service départemental d’incendie et de secours) : des référents sont présents sur le terrain pour conseiller les exploitants et faciliter l’alerte. Dans d’autres départements, les agriculteurs sont également mobilisés en renfort logistique auprès des pompiers.
Contexte dans le département
Avec près de 4 000 exploitations agricoles, la Manche est un département historiquement céréalier et laitier. La campagne de moissons bat son plein en cette fin juin. L’épisode caniculaire actuel, qualifié de vigilance rouge, est le plus intense depuis 2022. La préfecture a activé le Centre opérationnel départemental (COD) à Saint-Lô pour coordonner les services de l’État, les sapeurs-pompiers et les acteurs agricoles. Le précédent arrêté similaire datait de juillet 2022, après plusieurs incendies de chaumes.
Prochaine étape : réévaluation vendredi 26 juin
L’arrêté court jusqu’au lundi 29 juin à 8h00. Une réévaluation sera effectuée ce vendredi 26 juin en fonction des prévisions météo et de l’évolution des risques. Si la vigilance rouge se maintient, de nouvelles restrictions pourraient être prises, voire une interdiction pure et simple des moissons en journée.