Rivesaltes : 13 artistes exilés entrent au Mémorial avec « Les jours clairs sont rares »

L'exposition inaugurée le 19 mars retrace les trajectoires de créateurs juifs passés par les Pyrénées-Orientales entre 1920 et 1945.

Rivesaltes : 13 artistes exilés entrent au Mémorial avec "Les jours clairs sont rares"
Illustration Jordi Serrat / info.fr

Le Mémorial du camp de Rivesaltes accueille jusqu'au 3 février 2027 une exposition inédite sur 13 artistes juifs exilés, dont Marc Chagall. Aucun n'a été interné sur ce site, mais tous ont traversé le département. Une première pour l'institution.

Le Mémorial du camp de Rivesaltes, à une vingtaine de kilomètres de Perpignan, a inauguré le 19 mars 2026 une nouvelle exposition temporaire intitulée Les jours clairs sont rares. Elle présente les œuvres de 13 artistes juifs qui ont trouvé refuge dans les Pyrénées-Orientales entre 1920 et 1945, fuyant les persécutions et les conflits en Europe. Parmi eux, Marc Chagall et Zelman Utkès, selon Made in Perpignan.

Précision importante : aucun de ces créateurs n’a été interné à Rivesaltes. Leur lien avec le site est indirect - géographique, mémoriel. L’exposition choisit ce lieu pour mettre en regard deux réalités : celle des artistes qui ont trouvé dans le Midi méditerranéen un refuge temporaire, et celle des dizaines de milliers de personnes qui, dans ces mêmes années, ont été enfermées dans ce camp.

Un lieu chargé d’histoire

Le camp de Rivesaltes a été construit en 1923 sous le nom de Camp Joffre, à usage militaire. En 1939, à la fin de la guerre civile espagnole, il a accueilli plus de 450 000 républicains espagnols fuyant le régime franquiste, selon le Musée national de l’histoire de l’immigration. Le Mémorial, inauguré en 2015 et inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques depuis 2000, retrace l’histoire des 60 000 personnes de 100 nationalités internées sur ce site jusqu’en 1964.

Cette exposition s’inscrit également dans une refonte plus large de l’exposition permanente du Mémorial, prévue pour le printemps 2026, comme le rappelle La Semaine du Roussillon. Elle a été conçue en collaboration étroite avec d’autres institutions - une première pour le site, selon les Terres Catalanes.

Un précédent : Josep Bartoli en 2007

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Le Mémorial avait déjà exploré la création artistique liée à l’exil, notamment avec une exposition consacrée aux républicains espagnols illustrée par les dessins de Josep Bartoli en 2007. Les jours clairs sont rares prolonge cette démarche, en élargissant le spectre aux artistes juifs et à une période plus longue.

L’exposition voyagera ensuite en Espagne. Le Musée de l’Exil de La Jonquera, de l’autre côté de la frontière, accueillera une version complémentaire du 12 septembre au 29 novembre 2026, dans le cadre du projet européen Exilis 1936-1946, selon le gouvernement catalan.

Prochaine étape : ouverture au Musée de l’Exil de La Jonquera le 12 septembre 2026. L’exposition à Rivesaltes reste accessible jusqu’au 3 février 2027.

Sources

Jordi Serrat

Jordi Serrat

Basé à Perpignan, traite l'agriculture fruitière, les tensions sur l'eau, le tourisme balnéaire et les débats sur la langue catalane. Formé à l'IJBA Bordeaux, il a grandi dans les Pyrénées-Orientales. Posture éditoriale : interroger les arboriculteurs, les associations culturelles, les élus, vérifier les données de consommation d'eau avant de publier.

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