RN 122 dans le Cantal : le préfet Philippe Loos favorable à une mise en cohérence des limitations
Invité à s’exprimer devant le Conseil départemental, le préfet a reconnu un problème de cohérence entre le 80 km/h sur la RN 122 et le 90 km/h sur les routes départementales.
Vendredi 19 juin, le préfet du Cantal Philippe Loos a été interpellé par l’élu Didier Achalme lors du Conseil départemental. Il a admis que le maintien du 80 km/h sur la RN 122 posait un « sujet de mise en cohérence » avec les routes départementales repassées à 90 km/h.
L’essentiel
- Fait 1 : Le préfet Philippe Loos a reconnu un besoin de mise en cohérence des limitations sur la RN 122, lors de la session du Conseil départemental du 19 juin 2026.
- Fait 2 : La RN 122 (128 km, soit 3 % du réseau routier cantalien) reste limitée à 80 km/h, tandis que les routes départementales sont repassées à 90 km/h.
- Fait 3 : L’interpellation a été lancée par le conseiller départemental et maire de Massiac, Didier Achalme, qui dénonce l’absence de bilan statistique sur l’efficacité de la mesure.
- Fait 4 : Le préfet, en poste depuis octobre 2024, s’est exprimé publiquement pour la première fois sur ce dossier sensible.
Une interpellation lors du Conseil départemental
Vendredi 19 juin 2026, le préfet du Cantal, Philippe Loos, a été invité à s’exprimer devant les élus du Conseil départemental réunis à Aurillac. La question portait sur le maintien de la limitation de vitesse à 80 km/h sur la RN 122. C’est le conseiller départemental et maire de Massiac, Didier Achalme, qui a lancé cette interpellation en séance plénière.
Selon une information de La Montagne, Didier Achalme a regretté qu’aucun retour statistique n’ait été produit sur l’impact réel de cette limitation. « On ne connaît pas le bilan, ni positif ni négatif, de ce 80 km/h sur la RN 122 », a-t-il résumé devant l’assemblée. Le maire de Massiac milite pour un alignement sur la vitesse en vigueur sur les départementales, soit 90 km/h.
Une mise en cohérence reconnue par le préfet
Philippe Loos, nommé préfet du Cantal par décret du 23 octobre 2024, a répondu en reconnaissant qu’il y avait « au minimum, un sujet de mise en cohérence » des limitations de vitesse dans le département. Il a évoqué le contraste entre la RN 122, axe national limité à 80 km/h, et la quasi-totalité des routes départementales du Cantal, repassées à 90 km/h depuis le début de la décennie.
Le préfet n’a toutefois annoncé aucune décision immédiate. Il a indiqué que la question serait étudiée en lien avec les services de l’État et les collectivités locales. La RN 122 traverse le Cantal sur 128 kilomètres, soit environ 3 % du réseau routier du département. Un itinéraire stratégique reliant Aurillac à l’autoroute A75 en passant par Massiac.
Contexte dans le Cantal
Le Cantal est un département rural de 143 000 habitants (Insee 2024), avec une densité parmi les plus faibles de France. La RN 122 constitue l’un des rares axes structurants du territoire, utilisé quotidiennement par les actifs et les services de secours. Depuis l’abrogation du 80 km/h généralisé en 2020, les départements ont recouvré la liberté de fixer la vitesse sur leurs routes. Le Cantal a fait le choix du retour au 90 km/h sur la quasi-totalité de son réseau départemental. La RN 122, restée sous compétence nationale, a conservé la limitation à 80 km/h.
Cette disparité alimente régulièrement les débats politiques locaux. En 2023, le président du Conseil départemental Bruno Faure avait déjà interpellé le précédent préfet sur ce sujet. L’intervention de Philippe Loos vendredi dernier constitue une première prise de position publique depuis son arrivée.
Un accident grave survenu en janvier 2026 sur la RN 122, à hauteur de Vic-sur-Cère, avait relancé les discussions sur la sécurité de l’axe. Mais aucun bilan chiffré lié directement au 80 km/h n’a été publié. Sur un autre axe national, la RN 12 dans l’Orne, un accident récent a fait trois blessés dont deux graves, rappelant les enjeux de sécurité routière sur les routes nationales.
Didier Achalme a insisté sur la nécessité de disposer de données objectives avant de se prononcer sur le maintien ou la modification de la limitation. « On ne demande pas une décision précipitée, mais une réflexion transparente », a-t-il déclaré à l’issue de la séance. Le préfet n’a pas encore fixé de calendrier pour une éventuelle évolution de la limitation. Dans un autre département, le préfet du Vaucluse a activé des mesures caniculaires ce lundi 22 juin, illustrant la diversité des prérogatives préfectorales. Dans le Cantal, le dossier de la RN 122 reste ouvert.