Romain Grégoire face au Ballon d’Alsace : l’étape de la dernière chance
Le champion de France vise à Belfort la première victoire tricolore de l'édition
Champion de France depuis le 28 juin, Romain Grégoire aborde l'étape 13 Dole-Belfort dans sa Franche-Comté natale. Mais après trois semaines éprouvantes et aucune victoire française au compteur
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Première victoire française
Aucun succès tricolore après 12 étapes. Si la tendance se maintient, ce serait la 3e édition sans victoire française depuis 1926.
Forme incertaine de Grégoire
42 minutes de retard dans les Pyrénées le 9 juillet, 95e le 12 juillet, 33e le 14 juillet après une échappée avortée.
Concurrence des puncheurs
Van der Poel, Healy, Mohorič, Matthews, Simmons, Alaphilippe : la liste des favoris à l'échappée est longue et solide.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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18 juin 2026
Victoire au Tour de Suisse
Dernière victoire de Grégoire avant le Tour de France
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28 juin 2026
Champion de France
Grégoire décroche le maillot tricolore sur route
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9 juil. 2026
Pyrénées difficiles
Termine à 42 minutes de Pogačar, marqué dans le gruppetto
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17 juil. 2026
Étape 13 à Belfort
205,8 km et le Ballon d'Alsace pour viser la première victoire française
Le départ est donné à Dole ce vendredi 17 juillet. Romain Grégoire ajuste son maillot bleu-blanc-rouge une dernière fois avant de monter sur le vélo. Autour de lui, les supporters massés sur les barrières scandent son nom. Il ne dit rien. Il sait ce qui l’attend: 205,8 km - la plus longue étape de ce Tour de France 2026 - et un parcours qui traverse Besançon, sa région d’origine.
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Le parcours traverse Besançon, sa région d’origine. Une coïncidence que l’organisation du Tour a soigneusement orchestrée. L’étape se termine à Belfort - à 30 km du sommet du Ballon d’Alsace - le col qui fait trembler les jambes depuis le départ. Entre Dole et Belfort, 2 382 m de dénivelé: assez pour décourager les sprinters, pas assez pour écarter les puncheurs comme Mathieu van der Poel - Ben Healy ou Julian Alaphilippe.
Le poids du maillot tricolore
Grégoire a 23 ans. Il a décroché le titre de champion de France le 28 juin 2026 - moins de trois semaines avant le départ du Tour. Une victoire nette, solide, qui lui a donné le droit de porter le maillot bleu-blanc-rouge pendant un an. Depuis, il n’a pas gagné d’étape. Et la France non plus. Aucune victoire tricolore sur les 12 premières étapes. Si la tendance se maintient, cette édition pourrait devenir la troisième de l’histoire sans succès français, après 1926 et 1999.
Une forme émoussée après les Pyrénées
Le 9 juillet - dans les Pyrénées, Grégoire a terminé à 42 minutes du vainqueur Tadej Pogačar. Il était « très marqué », dans le gruppetto. Trois jours plus tard, le 12 juillet - il finissait 95e. Le 14 juillet - il tentait une échappée. Elle ne tenait pas. Il terminait 33e. Ces résultats dessinent le portrait d’un coureur qui a enchaîné trois semaines de course sans briller. La fatigue, la chaleur, les Pyrénées: tout s’est accumulé. Il a déclaré que la situation n’était « pas bonne pour la santé » après une étape de montagne particulièrement éprouvante. Son dernier succès remonte au 18 juin 2026 - sur une étape du Tour de Suisse. Depuis, aucune victoire malgré 30 succès et 54 podiums au compteur.
Interrogé avant l’étape, Grégoire a tempéré les attentes. Il a déclaré qu’il ne fallait « pas s’attendre à un miracle » et que l’étape de Belfort, avec le Ballon d’Alsace, représentait « un peu les limites hautes de ses capacités ». Pas de bravade. Pas de promesse. Juste un constat lucide sur ce qu’il peut faire face à des coureurs qui gagnent des Monuments et des classiques.
Le Ballon d’Alsace, juge de paix
Le col culmine à 1 173 m. Il est placé à 29,9 km de l’arrivée - assez loin pour que les costauds puissent revenir dans la descente, assez près pour que les grimpeurs légers ne se fassent pas rattraper. Le profil favorise les puncheurs capables de passer le col en tête et de tenir jusqu’à Belfort. Grégoire en fait partie. Mais il n’est pas seul.
Avant le Ballon d’Alsace, le peloton franchit le Col des Croix: 5,1 km à 4,8 %. Un faux-plat qui sert de mise en jambes avant la vraie difficulté. La météo prévoit 25°C à l’arrivée. Pas idéal pour les descentes rapides. Les routes mouillées favorisent les prudents, ceux qui préfèrent garder leur peau plutôt que de tout risquer dans un virage.
Une concurrence redoutable
Van der Poel - Healy, Mohorič - Matthews - Simmons - Alaphilippe: la liste des prétendants à l’échappée victorieuse est longue. Van der Poel sort d’une performance solide dans les classiques flamandes. Healy a signé plusieurs résultats remarquables dans les étapes de moyenne montagne. Alaphilippe, ancien champion du monde, reste un redoutable finisseur sur ce type de profil malgré une saison en demi-teinte. Face à eux, Grégoire arrive avec 42 minutes de retard dans les Pyrénées, une 95e place trois jours plus tard, et une échappée avortée le 14 juillet. Il n’est ni le plus fort, ni le plus frais, ni le mieux entouré. Mais il a un maillot tricolore, une région qui le porte, et un col qui pourrait tout décider.
Outsider malgré tout
Le paradoxe, c’est que Grégoire reste cité parmi les favoris. Pas par ses résultats récents, mais par le parcours lui-même. Pas trop de dénivelé pour les grimpeurs purs, assez pour écarter les sprinters. Un final technique, une arrivée locale, une pression nationale. Tout converge vers lui. Sur le papier, ce profil correspond à ses capacités de puncheur endurant. Sur les cols similaires, il a déjà décroché des podiums. Mais convergence ne signifie pas victoire. Les « superstars mondiales » gagnent sur le Tour, pas les champions de France en reconstruction. Grégoire espère surtout « faire briller les couleurs » de son maillot dans une échappée « si les planètes s’alignent ». C’est-à-dire s’il passe le Ballon dans le bon groupe, si la descente ne se fait pas trop vite, et si l’échappée ne part pas trop tôt.
L’arrivée à Belfort
Le finish se fait en ville. Pas de sprint massif prévu. Les équipes de sprinters ont déjà décroché dans le Ballon d’Alsace. L’arrivée se jouera entre une poignée de costauds, ceux qui auront survécu au col et tenu dans les 30 derniers kilomètres. Si Grégoire passe le Ballon dans le bon groupe, il a une chance. Si la descente se fait trop vite, il craquera. Si l’échappée part trop tôt, il ne suivra pas.
Les supporters l’attendent à Belfort. Ils veulent la première victoire française de ce Tour. Grégoire le sait. Il n’a rien promis. Il a juste dit qu’il essaierait.
À Dole, le peloton s’élance. Grégoire est au milieu. Il ne dit rien.
