Romain Grégoire en larmes au Tour : « Je ne sais même pas pourquoi »
Le champion de France a craqué à l'arrivée de la 6e étape, 42 minutes derrière Pogacar
Romain Grégoire a franchi la ligne de la 6e étape du Tour 2026 en larmes, exténué après 42 minutes de retard sur Pogacar. Le champion de France de 23 ans dit ne toujours pas comprendre pourquoi il a pleuré.
- Romain Grégoire a terminé la 6e étape du Tour 2026 en larmes, 42 minutes derrière Pogacar.
- Le champion de France de 23 ans dit ne toujours pas comprendre pourquoi il a pleuré après l'étape pyrénéenne.
- La pression du maillot tricolore et neuf jours de canicule ont poussé son corps au-delà de ses limites.
- Grégoire exclut l'abandon et vise l'étape du 14 juillet dans le Massif central pour se relancer.
- Son directeur sportif Thierry Cornec souligne le caractère authentique et différent de son coureur.
Jeudi 9 juillet, Romain Grégoire franchit la ligne d’arrivée de la 6e étape entre Pau et Gavarnie-Gèdre le visage ravagé par les larmes. Le champion de France - maillot bleu-blanc-rouge sur les épaules, concède 42 minutes au vainqueur Tadej Pogacar après une journée d’enfer dans les Pyrénées.
Quatre jours plus tard, lors de la première journée de repos à Aurillac - le coureur de 23 ans peine encore à expliquer sa réaction. « À un moment il y a eu des larmes, je ne sais même pas pourquoi, c’est juste que je ne pouvais plus forcément contrôler ce que j’étais en train de faire, parce que j’étais tout simplement à bout » - confie-t-il. Une phrase qui dit tout de l’épuisement physique et mental vécu sur les pentes du col d’Aspin et du Tourmalet.
Un corps qui lâche
Le coureur a lutté pour rester dans le gruppetto, ce groupe d’arrière-garde qui bataille contre la montre pour terminer dans les délais. « Ce sont peut-être des larmes d’un corps qui ne peut pas se retenir, parce qu’à un moment, j’étais à bout de forces. J’ai tout donné dans cette étape pour la finir, tout simplement, et le corps m’a lâché » - explique-t-il à RMC Sport.
L’étape a été « particulièrement difficile, l’une des plus dures journées de course que j’ai connue dans ma carrière, ça c’est sûr et certain ». Neuf jours de compétition marqués par la canicule et la haute montagne ont déjà éprouvé les organismes du peloton avant la pause auvergnate.
Larmes inexplicables ou corps à bout?
Deux explications émergent des déclarations de Grégoire. D’un côté, une forme d’incompréhension: « Je ne sais même pas pourquoi ». De l’autre, une cause clairement identifiée: ce sont « des larmes d’un corps qui ne peut pas se retenir, parce qu’à un moment, j’étais à bout de forces ». Cette dualité dessine le portrait d’un athlète poussé dans ses derniers retranchements, où le mental ne parvient plus à dominer le physique. « J’ai tout donné dans cette étape pour la finir, tout simplement, et le corps m’a lâché » - ajoute-t-il, résumant l’impuissance ressentie face à l’épuisement.
La pression du maillot tricolore
Sacré champion de France le 28 juin 2026 - Grégoire étrennait son maillot national sur la Grande Boucle. Une responsabilité qui a pesé. « Je ne me suis pas senti à la hauteur du maillot de champion de France » - reconnaît-il. Porter les couleurs nationales à l’arrière du peloton a ajouté une pression qu’il « n’avait peut-être pas très bien gérée » en début de Tour.
Son directeur sportif Thierry Cornec voit dans ces larmes le caractère « différent » et authentique de son coureur. Grégoire regrette l’exposition médiatique de sa détresse: « Ce sont des images que j’aurais préféré que personne ne voie. Ce sont des moments qu’on préfère vivre seul ».
Une exposition médiatique subie
Les images des larmes de Grégoire ont été diffusées en boucle par les chaînes de télévision et les réseaux sociaux. Une visibilité dont le jeune champion se serait bien passé. « Ce sont des images que j’aurais préféré que personne ne voie. Ce sont des moments qu’on préfère vivre seul » - a-t-il confié, exprimant un regret sur la médiatisation de sa détresse. Cette exposition soulève la question de la place de la souffrance dans le sport de haut niveau.
Pas question d’abandonner
Malgré l’épreuve, Grégoire n’a jamais envisagé de quitter la course. « L’idée d’abandonner ne m’a absolument pas traversé l’esprit. Je ne suis pas quelqu’un qui a l’habitude d’abandonner, mais c’est vrai qu’il a fallu se battre » - insiste-t-il. Le coureur de Groupama-FDJ United se projette déjà vers la suite. Il a coché l’étape du mardi 14 juillet dans le Massif central - un tracé plus vallonné que montagneux, susceptible de correspondre à ses qualités de puncheur. « Je suis serein pour la suite », a-t-il assuré, confiant dans sa capacité à rebondir après ce coup dur.
Des larmes rares mais pas inédites sur le Tour
Les émotions extrêmes ne sont pas nouvelles sur la Grande Boucle. Matej Mohorič avait pleuré de soulagement après sa victoire sur la 19e étape du Tour 2023. Mark Cavendish s’était effondré en larmes lors de son retour victorieux en 2021 après des années marquées par la dépression. À l’inverse, Mattéo Vercher avait craqué de déception après sa deuxième place sur la 18e étape en 2024. Sean Kelly avait abandonné en pleurs en 1987 après une fracture de la clavicule.
Mais les larmes de Grégoire sont d’une autre nature: ni victoire, ni défaite, ni abandon. Juste un corps « qui ne peut pas se retenir » - poussé au-delà de ses limites sur une route qu’il n’a pas choisie.
Sources
- L'Équipe - La détresse de Romain Grégoire
- Sports.fr - Ses larmes ? Grégoire ne comprend toujours pas
- CyclismActu - Grégoire serein pour la suite
- Sud Ouest - Grégoire en larmes après une étape éprouvante
- Le Parisien - Grégoire, champion de souffrance sur le Tour
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