Roubaix : David Guiraud lance un ultimatum à la MEL et menace de bloquer le tramway
Cent jours après son élection, le maire LFI de Roubaix proteste contre sa mise à l’écart de l’exécutif métropolitain et agite la menace de suspendre 500 000 € pour la piscine de Tourcoing.
David Guiraud, maire LFI de Roubaix récemment installé, dénonce l’absence des Insoumis dans le nouvel exécutif de la Métropole Européenne de Lille. Il exige une clarification de la position de la MEL vis-à-vis de sa commune, sous peine de bloquer des projets structurants comme le tramway.
L’essentiel
- 27 mars 2026 : David Guiraud (LFI) est installé maire de Roubaix.
- 10 avril 2026 : Éric Skyronka prend la présidence de la MEL, sans aucun élu LFI dans l’exécutif.
- 2 juillet 2026 : David Guiraud menace de suspendre 500 000 € pour la piscine de Tourcoing et de s’opposer au tracé du tramway métropolitain.
- 21 membres : Le groupe Métropole Insoumise Écologiste et Solidaire (MIES) compte 21 élus à la MEL.
Cent jours et un constat d’écart
Le 27 mars 2026, David Guiraud prenait officiellement ses fonctions de maire de Roubaix, sous la bannière La France Insoumise (LFI). Cent jours plus tard, le ton se durcit. Le 2 juillet, le nouvel édile a exprimé publiquement son regret d’avoir été « écarté » des postes de gouvernance de la Métropole Européenne de Lille (MEL). Selon lui, Roubaix serait traitée comme une « variable d’ajustement » par la collectivité présidée par Éric Skyronka depuis le 10 avril 2026.
David Guiraud a détaillé sa position lors d’une intervention relayée par BFM Grand Lille. Il demande à la MEL de « clarifier sa position » vis-à-vis de Roubaix, estimant que la deuxième ville du département est privée de représentation légitime dans le nouvel exécutif métropolitain.
Un ultimatum financier et territorial
Au-delà des mots, David Guiraud a agité des menaces concrètes. Il a annoncé son intention de suspendre la participation annuelle de 500 000 euros que la ville de Roubaix verse au projet de piscine olympique de Tourcoing. « Si la MEL ne montre pas un signe fort en direction de Roubaix, je ne vois pas pourquoi nous continuerions à financer un équipement qui ne bénéficiera pas directement à nos habitants », a-t-il argumenté.
Autre point de friction : le tracé du futur tramway métropolitain. Le maire de Roubaix s’oppose au projet actuel, qui selon lui risquerait de diviser la place Carnot et de nuire aux commerces du secteur de la Fosse. Il menace de bloquer le dossier si des modifications substantielles ne sont pas apportées. « Nous ne pouvons pas accepter un aménagement qui fragilise le cœur de Roubaix », a-t-il insisté.
Contexte dans le Nord
Ce bras de fer intervient dans un contexte métropolitain marqué par une recomposition politique. L’ancien président de la MEL, Damien Castelain, a été déclaré inéligible et condamné par la Cour d’appel pour détournement de fonds publics en décembre 2025. Son successeur, Éric Skyronka, a constitué un exécutif sans les élus de La France Insoumise, suscitant des tensions avec le groupe Métropole Insoumise Écologiste et Solidaire (MIES), qui revendique 21 membres au sein de l’assemblée métropolitaine.
Roubaix, commune de près de 100 000 habitants, est l’une des villes les plus pauvres du département. Son maire entend peser pour obtenir des financements et des projets adaptés à son territoire, dans un contexte où la MEL gère des compétences clés comme les transports, l’habitat ou le développement économique. David Guiraud siège par ailleurs au conseil d’administration du bailleur social Lille Métropole Habitat (LMH) en tant que représentant de la MEL.
La réponse attendue de la MEL
Interrogée par info.fr, la présidence de la MEL n’a pas encore réagi officiellement aux propos du maire de Roubaix. Le prochain bureau métropolitain, prévu dans les jours à venir, pourrait être l’occasion d’un premier échange. David Guiraud a prévenu : « Nous voulons une clarification rapide, sinon nous entrerons en conflit ouvert. »
La question du tramway devrait également être débattue lors de la réunion de la commission des transports de la MEL. Le maire de Roubaix a promis de mobiliser les élus locaux et les commerçants pour défendre un tracé alternatif. « Nous ne lâcherons rien », a-t-il conclu.