Roubaix : un éducateur du Racing Club agressé au stade Maertens, clubs en conflit

Un éducateur frappé devant des familles et des enfants lors d'un match U15, une semaine après le retrait des terrains par la mairie.

Roubaix : un éducateur du Racing Club agressé au stade Maertens, clubs en conflit
Illustration Amandine Delattre / info.fr

Au stade Maurice-Maertens de Roubaix, samedi 30 mai 2026, un éducateur du Racing Club de Roubaix a reçu un coup de tête en marge d'un match de jeunes. L'incident survient une semaine après la décision du maire David Guiraud de couper subventions et terrains au club.

L’essentiel

  • 30 mai 2026 : un éducateur du Racing Club de Roubaix agressé par coup de tête au stade Maurice-Maertens, en marge d’un match U15.
  • 23 mai 2026 : le maire David Guiraud (LFI) annonce la fin des subventions et le retrait des terrains au RCR pour « manquements graves » et irrégularités de gestion.
  • ~400 licenciés et la survie du club sont en jeu ; le RCR a été fondé en 1895.
  • Imran Baghdad, président du RCR, accuse dans un communiqué son homologue de l’AS Jean-Baptiste Roubaix d’avoir commis l’agression.
  • 100 000 euros : somme que Baghdad dit avoir investie personnellement dans le club depuis sa prise de présidence.

Un coup de tête devant les familles

Samedi 30 mai 2026, le stade Maurice-Maertens accueille un match de catégorie U15 du Racing Club de Roubaix. En marge de la rencontre, un éducateur du club reçoit un coup de tête. La scène se déroule sous les yeux de parents et d’enfants présents dans les tribunes, selon La Voix du Nord.

Le président du RCR, Imran Baghdad, dénonce les faits dans un communiqué. Il désigne nommément le président de l’AS Jean-Baptiste Roubaix (AS JBR) comme l’auteur du geste. Selon Baghdad, le même individu avait déjà provoqué des membres du club une semaine auparavant. La mairie de Roubaix n’a pas encore communiqué sur l’incident à la date de publication de cet article.

Baghdad réclame des mesures de sécurité à la municipalité pour protéger les enfants et les bénévoles présents lors des matchs.

Un contexte de rupture avec la mairie

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L’agression intervient dans un climat déjà tendu entre le Racing Club et la ville. Le 23 mai 2026, le maire David Guiraud (La France Insoumise) annonce via une vidéo la fin des subventions municipales et le retrait des terrains mis à disposition du RCR. Il invoque des « manquements graves » et des irrégularités dans la gestion du club, selon La Voix du Nord.

Cette décision place le club dans une situation précaire. Avec environ 400 licenciés et une activité en Régional 1, le RCR dépend des installations communales pour fonctionner. La question d’un reclassement des joueurs vers d’autres clubs roubaisiens se pose, ce qui alimente les tensions entre associations locales. On peut faire un parallèle avec d’autres clubs de football amateur confrontés à des décisions administratives brutales, comme C’Chartres Football, rétrogradé en Régional 1 par la DNCG pour des raisons financières.

Imran Baghdad, entrepreneur à la tête de sociétés d’ambulances, a pris la présidence du RCR début 2026. Il a déclaré avoir personnellement injecté près de 100 000 euros dans le club, toujours selon La Voix du Nord.

La réaction de l’élu Camerlynck

Le conseiller municipal Maël Camerlynck (Debout la France) a relayé l’incident le 1er juin 2026 sur X. Il établit un lien direct entre le retrait des terrains décidé par la mairie et la dégradation du climat entre clubs roubaisiens.

La réaction de la mairie à ces accusations n’avait pas été rendue publique au moment de la publication de cet article.

Contexte dans le Nord

Roubaix est une ville de quelque 97 000 habitants dans la métropole lilloise, marquée par un tissu associatif sportif dense et des clubs de football amateur nombreux. Le Racing Club de Roubaix, fondé le 2 avril 1895, est l’un des plus anciens clubs de football du département. Il a connu des succès nationaux au début du XXe siècle avant de glisser vers les divisions régionales.

Les tensions autour des équipements sportifs municipaux ne sont pas propres à Roubaix. Dans un département où la violence dans et autour des terrains de sport reste une préoccupation récurrente - comme en témoigne l’incident du city-stade de la Plata à Tarare - , l’agression au stade Maertens illustre les effets concrets que peut avoir une décision municipale sur le climat entre clubs concurrents pour des installations partagées.

Le département du Nord compte plusieurs centaines de clubs affiliés à la ligue régionale. La gestion des terrains communaux et l’attribution des créneaux sont régulièrement sources de conflits entre associations, notamment dans les villes denses de la métropole lilloise. Des faits de violence similaires ont déjà été signalés ces dernières saisons dans d’autres communes du secteur, sans qu’une réponse institutionnelle structurée ait été mise en place à l’échelle du département.

Historique du club et décision municipale

Le RCR a traversé plus d’un siècle de football roubaisien. Fondé en 1895, le club a disputé plusieurs championnats de France au début du XXe siècle. Aujourd’hui, il évolue en Régional 1 et comptait environ 400 licenciés avant la crise actuelle.

Dernier fait notable avant l’annonce du maire : une défaite 6-0 à Saint-Omer le 17 mai 2026, quelques jours avant la décision de la mairie, selon La Voix du Nord. La question de l’avenir sportif du club, et du devenir de ses licenciés, reste ouverte. Le football amateur des Hauts-de-France a déjà vu des clubs disparaître faute de soutien municipal, mais aussi des clubs se reconstruire après une rupture avec leur ville.

La mairie de Roubaix est attendue sur deux points : d’éventuelles mesures de sécurisation des installations lors des matchs, et la suite donnée au dossier du Racing Club, dont la survie dépend en grande partie d’une révision de la décision du 23 mai ou d’un relogement sur d’autres terrains.

Sources

Amandine Delattre

Amandine Delattre

Amandine est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Nord (59), avec Lille pour chef-lieu. Spécialité du département : métropole MEL et Eurostar/Thalys. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Hauts-de-France.

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