Roya : 65 cyclistes en vélorution contre le doublement du tunnel de Tende

Le collectif franco-italien « 1 tunnel e basta » a mobilisé une soixantaine de participants les 30 et 31 mai 2026 entre La Brigue, Breil et Saint-Dalmas-de-Tende.

Roya : 65 cyclistes en vélorution contre le doublement du tunnel de Tende
Illustration Laura Martinez / info.fr

Une vélorution festive a réuni environ 65 participants dimanche 31 mai 2026 entre Vievola et Saint-Dalmas-de-Tende. Le collectif franco-italien « 1 tunnel e basta », soutenu par une vingtaine d'associations, exige l'abandon du réalésage du tube historique du tunnel de Tende et le transfert des fonds vers le rail.

L’essentiel

  • Mobilisation : environ 65 cyclistes ont participé à la vélorution du dimanche 31 mai 2026 entre les gares de Vievola et de Saint-Dalmas-de-Tende.
  • Collectif : « 1 tunnel e basta », soutenu par une vingtaine d’associations franco-italiennes, porte quatre revendications formelles contre le réalésage du tube historique.
  • Pétition : plus de 1 051 signatures sur Change.org (« Sauvons les vallées de la Roya et de la Vermenagna »), selon le dernier relevé disponible.
  • Budget contesté : le coût du projet est passé d’environ 176 M€ initiaux à des estimations proches de 400 M€ selon les opposants.
  • Second tube : le nouveau tunnel est ouvert en alternance depuis le 27 juin 2025 ; le réalésage du tube historique (3 182 m, construit 1878-1882) reste en débat.

Un week-end de mobilisation en trois temps

Le week-end du 30 et 31 mai 2026 a été organisé en plusieurs séquences. Samedi, un stand ludique s’est tenu à La Brigue de 11h à 16h. Le soir, une soirée conférence et concerts a réuni des opposants au Resto Paysan de Breil-sur-Roya, de 18h à 23h. Le clou du programme : la vélorution du dimanche matin, entre les gares de Vievola et de Saint-Dalmas-de-Tende.

Selon Nice-Matin, environ 65 participants ont pris part à ce trajet à vélo, brandissant des slogans comme « Double tunnel = trafic XXL » ou « Moins de bitume, plus de légumes ». L’événement s’inscrit dans la campagne nationale « Moins de routes, plus de trains ».

Qui est derrière « 1 tunnel e basta » ?

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Le collectif regroupe une vingtaine d’associations des deux côtés de la frontière. Il porte quatre revendications précises, détaillées par Nice-Matin : renoncer à l’agrandissement du tube historique et maintenir l’alternance actuelle de circulation ; flécher les financements vers la ligne ferroviaire Nice-Cuneo-Turin ; adapter les horaires de train aux besoins des habitants ; réserver à terme le tunnel historique aux déplacements doux et aux services d’urgence.

Une pétition intitulée « Sauvons les vallées de la Roya et de la Vermenagna ! Non au doublement du tunnel de Tende » a été lancée sur Change.org. Elle comptait 840 signatures à mi-journée le 27 mai 2026 et dépassait 1 051 signatures au moment du dernier relevé disponible. Ce n’est pas la première action du genre dans la vallée : une vélorution similaire avait déjà été organisée en septembre 2025, de Tende à Breil-sur-Roya, par l’association Roya Citoyenne, selon France 3 Régions.

Les arguments des opposants

Le collectif dénonce plusieurs risques liés au réalésage du tube historique. En tête : la pollution de l’air, de l’eau et les nuisances sonores dans les vallées. Les opposants pointent aussi l’impact potentiel sur le parc national du Mercantour, les zones Natura 2000 et les gravures rupestres du mont Bégo.

Ils craignent une transformation de la route en « couloir à camions » : le tunnel est actuellement interdit aux poids lourds de plus de 19 tonnes. En période estivale 2025, le trafic atteignait jusqu’à un véhicule toutes les 16 secondes, soit environ 8 000 voitures par week-end, selon Nice-Matin.

Sur le plan financier, le collectif souligne un dérapage budgétaire significatif : le projet initial était chiffré à environ 176 M€ (financé à 58 % par l’Italie), mais les opposants évoquent des estimations revues à la hausse, proches de 400 M€. Ils jugent le projet incompatible avec la Convention alpine et les objectifs de transition écologique. En face, le ministre des Transports Philippe Tabarot a réaffirmé dans une lettre de février 2026 que le réalésage est « indispensable pour la sécurité des usagers, la fluidité de la circulation, et sa résilience », conformément à l’accord franco-italien de 2007.

Contexte dans les Alpes-Maritimes

Le tunnel routier du col de Tende est le plus ancien tunnel routier d’Europe, selon Wikipedia, construit entre 1878 et 1882 sur 3 182 mètres. Un second tube a été ouvert en alternance le 27 juin 2025, après des travaux marqués notamment par les destructions de la tempête Alex en octobre 2020. Les vallées de la Roya et de la Vermenagna concernées par le débat comptent environ 12 000 habitants, dont 1 898 à Tende seule selon l’INSEE (données 2022).

Dans les Alpes-Maritimes, la question des transports transfrontaliers est récurrente. La ligne ferroviaire Nice-Cuneo-Turin, alternative mise en avant par le collectif, est souvent citée comme sous-exploitée. Les opposants estiment que sa régénération coûterait environ 100 M€ selon des experts qu’ils citent, soit moins que le surcoût contesté du réalésage routier. Ces chiffres n’ont pas été confirmés par une source officielle indépendante à ce stade.

La suite du dossier

Le réalésage du tube historique, distinct du nouveau tunnel déjà ouvert, reste au cœur d’un bras de fer entre partisans de l’infrastructure routière et défenseurs du report modal vers le rail. La mobilisation du 31 mai 2026 constitue une nouvelle étape de pression citoyenne sur un dossier transfrontalier engagé depuis 2007.

Sources

Laura Martinez

Laura Martinez

Laura est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Alpes-Maritimes (06), avec Nice pour chef-lieu. Spécialité du département : Sophia Antipolis (technopole), Cannes et tourisme international. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

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