Gaz : Londres averti d’un risque de pénurie sans le champ Jackdaw

Le patron d'Adura presse le gouvernement britannique d'approuver d'urgence ce champ gazier de la mer du Nord avant l'hiver

Gaz : Londres averti d'un risque de pénurie sans le champ Jackdaw
Illustration James Whitmore / info.fr

Le PDG d'Adura, Neil McCulloch, met en garde contre des pénuries de carburant cet hiver au Royaume-Uni si le champ gazier de Jackdaw, bloqué par la justice depuis 2025, n'obtient pas rapidement son feu vert. Une consultation publique vient de s'ouvrir.

L’essentiel

  • Avertissement : le PDG d’Adura, Neil McCulloch, prévient d’un risque de pénurie de gaz au Royaume-Uni cet hiver si le champ de Jackdaw n’est pas approuvé d’urgence
  • Consultation : le régulateur OPRED a ouvert le 8 juillet 2026 une consultation publique de 30 jours, jusqu’au 10 août 2026
  • Précédent judiciaire : la licence initiale du projet avait été annulée en janvier 2025 après un recours de Greenpeace et Uplift
  • Poids énergétique : Jackdaw pourrait couvrir environ 6 % de l’approvisionnement en gaz naturel du Royaume-Uni, selon Adura
  • Investissement : plus de 3 milliards de livres sterling ont déjà été engagés dans Jackdaw et le champ voisin de Rosebank

Ce que dit le patron d’Adura

Neil McCulloch ne mâche pas ses mots. Le PDG d’Adura, la coentreprise associant Shell et Equinor, a averti que le Royaume-Uni s’expose à des pénuries de carburant domestique cet hiver si le développement du champ gazier de Jackdaw n’est pas autorisé rapidement, rapporte la BBC. Pour lui, une approbation d’ici août est nécessaire pour espérer une production dès la saison froide.

Un champ bloqué depuis 2025

Jackdaw n’est pas un projet neuf. Situé en mer du Nord, à environ 250 kilomètres à l’est d’Aberdeen, il avait déjà obtenu une première autorisation avant qu’un tribunal britannique ne l’annule en janvier 2025, à la suite d’une action en justice menée par les organisations Greenpeace et Uplift, selon Energy Voice. En cause : l’insuffisance de l’évaluation des impacts climatiques du projet au moment de sa validation initiale.

Depuis, Adura a repris son dossier. Plus de 3 milliards de livres sterling ont déjà été investis dans le développement et la construction des champs de Jackdaw et de Rosebank, un chiffre qui donne la mesure de l’enjeu industriel pour l’entreprise, toujours selon Energy Voice.

Une consultation publique jusqu’au 10 août

Le régulateur britannique OPRED a ouvert le 8 juillet 2026 une nouvelle consultation publique sur le projet, qui court sur 30 jours jusqu’au 10 août 2026, selon les informations publiées sur GOV.UK. C’est à l’issue de cette période que le ministre de l’Énergie, Ed Miliband, devra trancher sur le consentement final à accorder ou non au projet, précise Energy Voice.

Le calendrier serré explique la pression exercée par Adura : sans décision rapide, les délais de construction et de mise en production rendraient une contribution du champ dès l’hiver 2026-2027 très incertaine.

L’argument climatique d’Adura

Pour convaincre Ed Miliband, l’entreprise a déposé une étude d’impact environnemental révisée de 159 pages. Elle y affirme que Jackdaw n’influencera pas de façon significative le réchauffement climatique mondial, le projet ne représentant que 0,02 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre sur toute sa durée de vie, selon la BBC. Un argument taillé pour répondre directement aux motifs qui avaient conduit à l’annulation judiciaire de 2025.

Adura présente par ailleurs Jackdaw comme un projet capable de couvrir environ 6 % des besoins en gaz naturel du Royaume-Uni, un volume non négligeable pour un pays qui importe une part croissante de son énergie.

Ce que ça signifie vu de France

Le débat britannique résonne au-delà de la Manche. Le Royaume-Uni, comme la France, dépend en partie d’importations de gaz pour passer l’hiver, notamment via des terminaux méthaniers et des interconnexions avec le continent. Une pénurie côté britannique aurait des répercussions sur les marchés européens du gaz, où les prix se forment de manière interconnectée. Ce dossier illustre aussi une tension que connaît la France sur d’autres projets énergétiques : l’équilibre entre sécurité d’approvisionnement à court terme et engagements climatiques, arbitré ici par la justice puis par un ministre, exactement comme certains projets d’infrastructures énergétiques français se retrouvent devant les tribunaux administratifs.

Prochaine étape : la consultation publique se termine le 10 août 2026. Ed Miliband devra ensuite se prononcer sur l’autorisation finale du champ de Jackdaw.

James
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Sources

James Whitmore

James Whitmore

James Whitmore est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondant à Londres. basé sur place, Il couvre l'actualité de le Royaume-Uni pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Il pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays,...

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