Royère-de-Vassivière : le préfet valide la porcherie sous conditions

L'arrêté préfectoral autorise le GAEC du Villard à élever 1 200 cochons, mais impose des restrictions d'épandage contestées par les élus locaux.

Royère-de-Vassivière : le préfet valide la porcherie sous conditions
Illustration Jean Faucher / info.fr

Le préfet de la Creuse a signé le 6 juillet l'arrêté autorisant la porcherie de 1 200 cochons du GAEC du Villard à Royère-de-Vassivière. Des conditions strictes encadrent l'épandage du lisier, mais les élus locaux et le Syndicat du lac de Vassivière jugent la décision insuffisante et annoncent des recours.

L’essentiel

  • Fait 1 : Le préfet de la Creuse, Jean-Philippe Legueult, a signé le 6 juillet 2026 l’arrêté autorisant la porcherie de 1 200 cochons du GAEC du Villard à Royère-de-Vassivière.
  • Fait 2 : Le projet prévoit 800 porcs charcutiers et 400 porcelets.
  • Fait 3 : L’arrêté impose un stockage du lisier pendant 9 mois et demi, contre 4 mois selon la réglementation habituelle.
  • Fait 4 : L’épandage est interdit à moins de 50 mètres des habitations, les week-ends, jours fériés, jours de pluie, et du 1er juillet au 31 août.
  • Fait 5 : Les maires de Royère-de-Vassivière et de Faux-la-Montagne, ainsi que le Syndicat mixte du lac de Vassivière, annoncent des recours en justice.

Ce que prévoit le projet du GAEC du Villard

Le préfet de la Creuse, Jean-Philippe Legueult, a signé le 6 juillet l’arrêté d’enregistrement autorisant le projet de porcherie porté par le GAEC du Villard, à Royère-de-Vassivière, selon Facto Media. L’exploitation prévoit l’élevage de 1 200 cochons, répartis en 800 porcs charcutiers et 400 porcelets. Le site est situé à proximité du lac de Vassivière, un point sensible qui a nourri les inquiétudes des riverains et des élus depuis le dépôt du dossier.

Des prescriptions renforcées sur l’épandage

Pour limiter l’impact environnemental, l’arrêté préfectoral impose plusieurs conditions à l’exploitant. Le lisier devra être stocké pendant neuf mois et demi, au lieu des quatre mois habituellement prévus par la réglementation, selon Facto Media. L’épandage sera interdit à moins de 50 mètres des habitations, les week-ends, les jours fériés et les jours où de la pluie est annoncée. Une restriction supplémentaire vise la période estivale : aucun épandage ne sera autorisé du 1er juillet au 31 août.

Cette dernière mesure est contestée sur le terrain. Jean-Paul Gaulier, maire de Faux-la-Montagne, la juge contre-productive, rappelant que la période d’interdiction débutait auparavant en juin, selon Facto Media.

« Les conditions sont réunies » selon la préfecture, contestées par les opposants

Sur les réseaux sociaux, le compte régional @ici_creuse a résumé la position de l’État : « Les conditions sont réunies » pour valider le projet. Le syndicat agricole FNSEA Nouvelle-Aquitaine a lui aussi salué la décision, estimant que le préfet avait « tranché » en faveur du GAEC du Villard.

Du côté des opposants, le ton est différent. L’ingénieur hydrologue Philippe Combrouze affirme que l’allongement de la durée de stockage du lisier ne supprime pas les risques de pollution pour le lac de Vassivière, selon Facto Media. Une position partagée par les élus locaux, qui estiment que les prescriptions de l’arrêté ne répondent pas aux enjeux de préservation du plan d’eau.

Recours en justice et surveillance de l’eau annoncés

Le maire de Royère-de-Vassivière, Anthony Buys, et la vice-présidente du Syndicat mixte du lac de Vassivière, Barbara Dubois, ont annoncé l’engagement de recours juridiques contre l’arrêté préfectoral, selon Facto Media. Les deux communes concernées, Royère-de-Vassivière et Faux-la-Montagne, ainsi que le syndicat, entendent contester la décision devant la justice.

En parallèle, les opposants prévoient de mener des analyses d’eau mensuelles pendant un an autour du lac, et de lancer une cagnotte de financement participatif pour financer ces démarches, selon la même source.

Contexte dans la Creuse

Royère-de-Vassivière est une petite commune du plateau de Millevaches, dans le sud-est du département. Le lac de Vassivière, en partie situé sur son territoire, est l’un des principaux atouts touristiques de la Creuse, département rural marqué par le poids de l’élevage dans son économie agricole. L’arbitrage du préfet illustre une tension récurrente dans ce type de territoire : d’un côté le maintien d’une activité d’élevage porcin sur un site agricole existant, de l’autre la protection d’une ressource en eau utilisée pour les loisirs et l’image touristique locale. Le Parc naturel régional de Millevaches en Limousin, dont dépend la zone, suit également le dossier, selon Facto Media.

Les recours annoncés par les collectivités locales devront être déposés devant le tribunal administratif. Aucune date d’audience n’a été communiquée à ce stade.

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Sources

Jean Faucher

Jean Faucher

Jean est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Creuse (23), avec Guéret pour chef-lieu. Spécialité du département : tapisserie Aubusson UNESCO et art contemporain Vassiviere. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Nouvelle-Aquitaine.

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