Rugby : le Top 14 regarde partir ses stars vers Tokyo et Leicester
Cet été, le mercato se joue ailleurs. Les gros coups sont signés en Premiership et au Japon, pendant que le championnat français perd ses piliers et ses ouvreurs.
Le marché des transferts rugby 2026 révèle un basculement les clubs français voient partir leurs internationaux vers Tokyo et Leicester. Le Top 14 recrute, mais ailleurs on recrute MIEUX.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
L'exode des internationaux
Le Top 14 perd ses piliers et ouvreurs internationaux au profit de Tokyo et de la Premiership, un basculement révélateur.
Tokyo, nouvel eldorado
La League One japonaise attire les stars européennes en fin de carrière avec des contrats courts et très rémunérateurs.
La Premiership en embuscade
Leicester et Exeter renforcent leurs packs en débauchant des piliers français sans faire de bruit.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- James Lowe, 34 ans, quitte le Leinster pour Tokyo Sungoliath
- Gareth Anscombe, 35 ans, rentre au Pays de Galles après plusieurs saisons à Bayonne
- Joel Sclavi (La Rochelle) et Nika Abuladze (Montpellier) signent en Premiership anglaise
- Cheslin Kolbe quitte Tokyo pour rejoindre les Stormers en Afrique du Sud
- Castres recrute le flanker écossais Hamish Watson, seul gros coup français du mercato
- RugbyPass place 0 club français dans son top 20 des meilleurs transferts
À Bayonne, Gareth Anscombe, 35 ans - boucle ses valises. Direction les Scarlets, au Pays de Galles. Après des années sous le maillot basque, l’ouvreur gallois rentre au pays. Un départ discret. Pas de fanfare. Juste un contrat qui se termine et un autre qui commence ailleurs.
Quelques centaines de kilomètres plus au nord, à Montpellier, Nika Abuladze signe à Exeter Chiefs. Le pilier géorgien quitte le MHR pour la Premiership anglaise. À La Rochelle, Joel Sclavi - pilier argentin, file vers Leicester Tigers. Deux départs qui passent sous les radars français, mais qui témoignent d’une tendance lourde.
Tokyo fait son marché
Le vrai coup du mercato se joue à des milliers de kilomètres de Paris. Tokyo Sungoliath recrute James Lowe, ailier irlandais du Leinster, 34 ans. Un international qui compte, un finisseur redoutable. Il rejoint le championnat japonais, où les salaires explosent et où les clubs peuvent se permettre d’aligner des stars en fin de carrière européenne.
Tamati Tua - centre néo-zélandais d’Exeter, 28 ans, signe lui aussi au Japon, aux Black Rams Tokyo. Pas un hasard. Le championnat japonais devient l’eldorado des trentenaires qui veulent encore peser tout en encaissant un dernier gros chèque.
Dans l’autre sens, Tokyo Sungoliath perd Cheslin Kolbe - ailier sud-africain champion du monde, qui rentre au pays signer aux Stormers. Un départ qui fait mal, mais qui confirme que le Japon reste une étape, pas une fin de carrière définitive.
Le championnat anglais pioche dans le championnat français
Pendant ce temps, Leicester et Exeter renforcent leurs packs. Sclavi et Abuladze quittent La Rochelle et Montpellier pour des clubs anglais qui misent sur la puissance devant. Le championnat français perd deux piliers internationaux sans faire de bruit. Aucun communiqué fracassant, aucune polémique. Juste des contrats qui se terminent.
On se souvient de mouvements importants vers le championnat anglais ces dernières années. Le mouvement se répète, mais cette fois le championnat français ne riposte plus avec des contre-offensives salariales.
Castres, lui, recrute. Le CO signe Hamish Watson - flanker écossais pour la saison 2026/27. Un coup intéressant pour le Tarn, mais qui ne compense pas l’hémorragie globale. Le championnat français recrute des profils solides, mais pas les stars qui font la Une.
Ce que les chiffres révèlent
Le Racing 92 perd Joey Manu - centre qui rentre en NRL. Un départ symbolique: les clubs français attirent encore des noms, mais ne les retiennent plus. La concurrence est ailleurs. Tokyo offre des contrats courts et gras. Le championnat anglais propose des projets sportifs ambitieux avec des budgets assumés. Le championnat français? Il gère ses masses salariales et regarde passer les trains.
RugbyPass consacre son classement des meilleurs transferts de la saison aux clubs anglais. Pas un seul club français dans leur sélection. Planet Rugby suit les mouvements depuis la France, pas vers la France. Le constat est brutal: le championnat français n’est plus la destination de référence pour les gros coups du marché.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Plusieurs internationaux quittent le championnat français cet été (Anscombe, Sclavi, Abuladze, Manu) contre un seul renfort de calibre comparable (Watson). Un ratio qui illustre le basculement du mercato. Le championnat français exporte, mais n’importe plus.
Enjeux
Derrière ces départs se cache une équation financière implacable. Le championnat japonais propose des contrats avec des salaires attractifs. Pour un joueur en fin de carrière européenne, l’arbitrage est vite fait. Le championnat français, bridé par son encadrement salarial strict, ne peut plus rivaliser sur les derniers gros coups.
L’attractivité du championnat français s’érode également sur le plan sportif. Le championnat anglais, malgré ses difficultés financières passées, reste perçu comme un tremplin vers la Coupe du monde et les sélections nationales. Tokyo, de son côté, offre une vitrine médiatique mondiale lors de la saison japonaise. Le championnat français, lui, peine à exporter son modèle au-delà de l’Hexagone.
Enfin, l’exode des piliers et des ouvreurs pose un problème structurel. Ces postes clés, difficiles à remplacer, se raréfient sur le marché français. Le vivier de jeunes talents ne compense pas encore les départs d’internationaux aguerris. Si la tendance se poursuit, le championnat français risque de perdre son statut de championnat de référence mondiale, supplanté par un championnat anglais offensif et un Japon conquérant.
Un mercato en creux
Anscombe rentre au pays. Sclavi et Abuladze filent en Angleterre. Lowe et Tua s’envolent pour Tokyo. Manu retourne en rugby à XIII. Watson signe à Castres, seul renfort français qui fait du bruit dans ce mercato.
Le reste, c’est du silence. Des départs qu’on remarque à peine. Des arrivées qui ne font pas trembler la concurrence. Pendant ce temps, Tokyo aligne des internationaux et Leicester blinde son pack. Le championnat français recrute des profils solides, fonctionnels, utiles. Mais les stars signent ailleurs.
Dans les tribunes de Bayonne, on ne reverra plus Anscombe. À Montpellier, Abuladze est déjà oublié. À La Rochelle, Sclavi aussi. Le mercato 2026 se joue loin des caméras françaises. Et ça, personne ne le dit assez fort.
