Saint-Amour : la transition bio en débat, les subventions au cœur des échanges

Un salon local a réuni les agriculteurs de Saône-et-Loire autour des aides financières nécessaires au passage à l'agriculture biologique.

Saint-Amour : la transition bio en débat, les subventions au cœur des échanges
Illustration Élodie Petitjean / info.fr

Le 16 avril 2026, des agriculteurs de Saint-Amour se sont retrouvés pour débattre de la transition vers le bio. La question des subventions a dominé les échanges. Le contexte national et régional reste incertain.

Saint-Amour, Saône-et-Loire. Le salon du 16 avril a réuni des exploitants locaux autour d’un sujet qui revient régulièrement dans les campagnes de la région : peut-on se convertir au bio sans y laisser sa trésorerie ? Le débat a été direct. Les agriculteurs présents ont pointé le coût de la certification, les délais de conversion et la fragilité des prix à la sortie.

Un département qui peine à consolider ses surfaces bio

La Saône-et-Loire comptait 315 exploitations certifiées bio en 2024, selon La Gazette de France. Un chiffre qualifié de « progression fragile » par les observateurs. En 2025, le département a même enregistré un léger recul, en partie lié au départ à la retraite de la génération pionnière des années 1970-1980, selon Les Echos. La surface agricole utile bio avait pourtant culminé à 8 500 hectares en 2003, selon les données de la préfecture de Saône-et-Loire, avant de régresser au fil des retours vers le conventionnel.

Ce reflux illustre une réalité économique : sans revenu garanti ni soutien durable, la conversion reste risquée. C’est précisément ce que les agriculteurs de Saint-Amour ont mis sur la table lors du salon.

Des dispositifs nationaux revalorisés pour 2026

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Côté soutiens publics, la campagne PAC 2026 apporte quelques améliorations. L’écorégime spécifique au bio est revalorisé à 110 €/ha, avec une enveloppe nationale augmentée de 96,3 M€ pour 2026 et 2027, selon la FDSEA 71. Un nouveau programme opérationnel Lait biologique est aussi créé, doté de 5 M€, pour tenter de stabiliser une filière laitière bio en difficulté.

Le crédit d’impôt en faveur de l’agriculture biologique a été prorogé jusqu’en 2027 par la loi de finances 2026, applicable dès le 1er janvier, selon le ministère de l’Agriculture. En région, le taux d’aide à la qualification atteint 90 % du coût de certification pour les productions éligibles, d’après la FDSEA 71.

Au niveau des filières, la dynamique interprofessionnelle reste un levier cité lors du salon. La connexion entre producteurs et aval de la chaîne est régulièrement mentionnée comme condition de viabilité.

Prochaine étape : des délais serrés pour les candidats

Pour les exploitants qui souhaitent franchir le pas, plusieurs échéances approchent. L’appel à projets 2026 de la DRAAF Bourgogne-Franche-Comté pour l’animation de l’agriculture biologique se clôt le 22 mai 2026. Le Fonds Avenir Bio 2026, doté de 8,8 M€, est ouvert jusqu’au 22 juin 2026, selon l’Agence Bio. La déclaration de surface PAC doit, elle, être déposée au plus tard le 15 mai 2026, selon La France Agricole.

Si les outils existent, leur mobilisation reste conditionnée à une information accessible sur le terrain. C’est, en substance, ce que le salon de Saint-Amour cherchait à organiser.

Sources

Élodie Petitjean

Élodie Petitjean

Installée à Mâcon, elle couvre la viticulture bourguignonne, les tensions sur les classements, l'élevage charolais et les débats sur les services publics. Formée à l'IJBA Bordeaux, elle a commencé en radio. Ligne de travail : interroger les vignerons, les éleveurs, les élus, croiser les chiffres de ventes avant de publier.

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