Saint-Brieuc : le suspect de l’agression d’une joggeuse a en réalité au moins 14 ans
Mis en examen pour tentative de meurtre et viol sur une joggeuse de 22 ans, le mineur avait d'abord déclaré 10 ans et demi. Des tests osseux révèlent un âge supérieur.
Un garçon de 10 ans et demi mis en examen pour avoir agressé au couteau une joggeuse à Saint-Brieuc le 15 juin. Le parquet a ordonné des tests osseux qui établissent qu'il a au moins 14 ans. Il a été hospitalisé d'office.
L’essentiel
- 15 juin 2026 : une joggeuse de 22 ans est attaquée au couteau dans la vallée du Gouëdic à Saint-Brieuc. L’agresseur exige qu’elle se déshabille et la blesse à l’abdomen et au bras.
- 23-24 juin : un suspect est interpellé en possession d’un couteau similaire. Il reconnaît les faits en garde à vue et est mis en examen pour tentative de meurtre et tentative de viol.
- 25 juin : des examens d’âge osseux ordonnés par le procureur révèlent que le mineur a au moins 14 ans, et non 10 ans et demi comme il le prétendait.
- 26 juin : le parquet fait hospitaliser d’office le suspect en psychiatrie en raison de son profil incompatible avec la détention provisoire.
Des faits d’une rare violence
Le 15 juin 2026, en début de matinée, une joggeuse de 22 ans parcourt la vallée du Gouëdic, un espace boisé et tranquille à Saint-Brieuc. Selon Le Télégramme et Le Figaro, elle est alors abordée par un individu qui lui ordonne de se déshabiller. Devant son refus, l’agresseur sort un couteau et lui porte deux coups : un à l’abdomen, un au bras. La jeune femme parvient à s’enfuir et à donner l’alerte. Son pronostic vital n’est pas engagé, mais elle est hospitalisée.
Le parquet de Saint-Brieuc ouvre rapidement une enquête. Le signalement de l’agresseur est diffusé : un garçon de type africain, vêtu d’un sweat à capuche, semblant très jeune.
L’interpellation et les aveux
Le 23 juin, un suspect est interpellé en possession d’un couteau similaire. Fouillé, il reconnaît les faits en garde à vue. Il est immédiatement placé en garde à vue.
Durant sa retenue, qui dure 24 heures, le suspect reconnaît les faits. Il déclare alors être âgé de 10 ans et demi, né au Congo. Son jeune âge apparent interroge les enquêteurs. Le procureur Julien Wattebled saisit le juge des enfants. Le 24 juin, une information judiciaire est ouverte pour tentative de meurtre et tentative de viol avec arme. Le mineur est mis en examen et placé sous mesure éducative judiciaire provisoire (MEJP), avec un couvre-feu et une interdiction de contact avec la victime.
La question de l’âge : des tests osseux déterminants
Face aux doutes sur l’âge réel du suspect, le procureur ordonne le 25 juin des examens d’âge osseux, effectués par un médecin légiste. Les résultats, rendus le même jour, sont sans appel : le mineur a en réalité au moins 14 ans. Le Télégramme confirme que cette expertise est réalisée conformément à la procédure pénale applicable aux mineurs non accompagnés.
Cette révélation change la donne juridique. Si l’auteur avait 10 ans et demi, il ne pouvait faire l’objet d’aucune sanction pénale en raison de l’âge minimum de responsabilité (fixé à 13 ans en France pour les crimes). Avec un âge évalué à 14 ans, des mesures pénales éducatives renforcées sont envisageables, bien que la détention provisoire reste difficile pour un mineur de cet âge.
Hospitalisation d’office et suites judiciaires
Le 26 juin, le parquet prend une décision radicale : faire hospitaliser d’office le suspect en unité psychiatrique. Selon Le Figaro et Le Télégramme, son profil psychologique a été jugé incompatible avec une mesure éducative en milieu ouvert. « Le mineur présente des troubles graves nécessitant des soins immédiats et une surveillance constante », aurait indiqué une source proche du dossier.
La victime, toujours sous le choc, a été informée de cette évolution. Une association d’aide aux victimes l’accompagne. Par ailleurs, la procédure judiciaire suit son cours : l’instruction se poursuit sous l’autorité du juge des enfants, assisté d’un juge d’instruction. Des expertises psychiatriques complémentaires sont ordonnées.
Contexte dans les Côtes-d’Armor
Saint-Brieuc, préfecture des Côtes-d’Armor (environ 46 000 habitants), n’avait pas connu de fait divers d’une telle gravité impliquant un mineur depuis plusieurs années. La vallée du Gouëdic, fréquentée par les promeneurs et sportifs, est un espace naturel apprécié. Cette agression a provoqué une vive émotion dans la région, d’autant que la jeunesse du suspect a alimenté les débats sur la responsabilité pénale des mineurs et l’évaluation de l’âge chez les migrants non accompagnés.
Le parquet de Saint-Brieuc, dirigé par Julien Wattebled, a communiqué de manière mesurée, rappelant le secret de l’instruction. Ce dossier sensible est suivi de près par les services sociaux et la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) des Côtes-d’Armor. À l’échelle départementale, une réflexion sur le repérage des mineurs isolés pourrait être engagée.
Prochaine étape
L’instruction devrait se poursuivre dans les prochaines semaines. L’hospitalisation d’office du suspect est provisoire ; le juge des enfants devra statuer sur une mesure éducative de longue durée ou une éventuelle adaptation de la prise en charge psychiatrique. La date d’une audience au tribunal pour enfants n’est pas encore fixée.
Ce fait divers a également relancé sur les réseaux sociaux le débat sur l’âge des migrants mineurs non accompagnés, le suspect étant arrivé récemment en France. Pour l’heure, l’enquête doit établir les circonstances exactes de l’agression et le parcours du jeune mis en cause.