Saint-Denis : tirs de mortiers quasi quotidiens depuis l’élection de Bally Bagayoko

Une vidéo du 23 avril montre l'escalade de la violence dans la ville, où la police municipale dénonce des agressions répétées.

Saint-Denis : tirs de mortiers quasi quotidiens depuis l'élection de Bally Bagayoko
Illustration Fatima Benali / info.fr

Depuis l'élection de Bally Bagayoko (LFI) comme maire de Saint-Denis le 15 mars 2026, les tirs de mortiers et les agressions contre la police municipale se multiplient. Une vidéo diffusée hier révèle l'ampleur des tensions, tandis que les agents dénoncent un désarmement progressif et un manque de soutien.

Une vidéo alerte les autorités

Une vidéo diffusée sur X dans la nuit du 23 au 24 avril 2026 montre des tirs de mortiers dans les rues de Saint-Denis. Le compte @vivelezbeul, qui a partagé les images, affirme que ces incidents sont devenus quasi quotidiens depuis l’élection de Bally Bagayoko comme maire de la ville. « Depuis que Mr @BallyBagayoko est élu à @VilleSaintDenis, les mortiers sont tirés quasi tous les jours », écrit-il.

La vidéo, qui circule largement sur les réseaux sociaux, a poussé des habitants et des élus à appeler le préfet et le procureur à intervenir. Selon Fdesouche, les policiers municipaux subissent également des insultes et des jets de projectiles, parfois accompagnés de cris « Vive Bally Bagayoko ».

Désarmement et malaise chez les policiers municipaux

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Le 24 mars 2026, Bally Bagayoko a annoncé un désarmement progressif de la police municipale de Saint-Denis. Les lanceurs de balles de défense (LBD) ont été retirés, et les interventions dans les quartiers sensibles sont désormais limitées. Cette décision a provoqué un malaise parmi les agents, dont 30 à 50 (sur 160) ont déposé des demandes de mutation, selon Le Parisien.

Un policier municipal, cité par France Info, décrit une situation tendue : « On nous demande de ne plus intervenir dans certains quartiers, et quand on le fait, on se fait insulter ou agresser. » Le maire a démenti une « vague massive » de départs, affirmant sur France Inter le 30 mars 2026 qu’il n’y avait que deux mutations effectives. Il a également rappelé que les demandes de mutation respectent un préavis de trois mois.

Narcotrafic et insécurité en hausse

Depuis l’élection de Bally Bagayoko, les signalements d’attaques au couteau, de rixes et de rodéos sauvages se sont multipliés, notamment autour de la gare de Saint-Denis. @la_france_sur_x rapporte que des dealers se battent pour le contrôle des points de deal, aggravant l’insécurité dans le quartier.

Une enquête publiée par le magazine Frontières le 29 avril 2026 évoque des liens présumés entre le maire et le narcotrafic local, ainsi que des pratiques communautaristes. Le compte @Frontieresmedia a relayé ces informations, suscitant des réactions sur les réseaux sociaux.

Contexte : une ville déjà marquée par la délinquance

En 2025, avant l’élection de Bally Bagayoko, la Seine-Saint-Denis enregistrait une hausse de 5 % des atteintes volontaires à l’intégrité physique, avec 35 948 faits recensés, selon la préfecture. À Saint-Denis, le taux de criminalité s’élevait à 106,2 pour mille habitants, soit 1,87 fois la moyenne nationale. La police municipale, qui a traité 55 000 appels et réalisé 33 000 interventions en 2025, fait face à une situation de plus en plus tendue depuis mars 2026.

La prochaine étape pour les policiers municipaux en attente de mutation sera le respect du préavis de trois mois. Une enquête administrative est en cours pour faire la lumière sur les incidents récents.

Et maintenant ?

Les autorités locales et nationales devront clarifier les mesures prises pour rétablir la sécurité à Saint-Denis. Le préfet et le procureur, saisis après la diffusion de la vidéo du 23 avril, pourraient annoncer des actions dans les prochains jours. En attendant, la ville reste sous tension, avec des habitants et des agents de police qui expriment leur inquiétude face à cette escalade de violence.

Sources

Fatima Benali

Fatima Benali

Basée à Bobigny, elle traite les tensions sur le logement, les débats sur la sécurité, les projets de Grand Paris Express et les inégalités scolaires. Issue de l'ESJ Lille, elle a grandi en Seine-Saint-Denis. Méthode rigoureuse : interroger les élus, les associations, les enseignants, vérifier les statistiques de la préfecture avant de publier.

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