Saint-Denis : l’adjoint au maire Bagayoko lié à une famille du narcotrafic du 93
Une enquête du magazine Frontières révèle les liens présumés entre l'entourage de Bally Bagayoko et des réseaux de trafic de stupéfiants en Seine-Saint-Denis.
Élu maire de Saint-Denis sous étiquette LFI en mars 2026, Bally Bagayoko est au cœur d'une enquête du magazine Frontières. Son adjoint au sport, Bakary Soukouna, appartient à une famille dont des membres ont été arrêtés en 2022 avec 50 kg de cannabis et une kalachnikov. Le maire n'a pas répondu aux sollicitations.
Élu maire de Saint-Denis lors des municipales du 15 mars 2026, Bally Bagayoko (LFI) fait l’objet d’une enquête exclusive publiée par le magazine Frontières le 29 avril 2026. Le journaliste Jules Laurans y documente des liens présumés entre l’entourage du nouveau maire et des réseaux de narcotrafic actifs en Seine-Saint-Denis. La mairie n’a fourni aucune réaction officielle à ce stade.
L’essentiel
- Élection : Bally Bagayoko (LFI) élu maire de Saint-Denis le 15 mars 2026, a nommé Bakary Soukouna adjoint au sport, aux événements et aux équipements sportifs.
- Arrestation : En novembre 2022, les frères de Bakary Soukouna, Souleymane et Yamadou, ont été interpellés dans un réseau de stupéfiants à Saint-Denis. Saisies : 50 kg de cannabis, une kalachnikov, un gilet pare-balles.
- Publication : Le magazine Frontières consacre 160 pages à l’affaire, en kiosque depuis le 29 avril 2026.
- Soirée électorale : Selon l’enquête, des figures liées au trafic, dont Sidibé Badara, étaient présentes à la soirée de victoire du 15 mars 2026.
- Menaces : Le 1er mai 2026, Jules Laurans a signalé des intimidations contre son équipe à Saint-Denis, selon un article d’info.fr.
Un adjoint connu de longue date du maire
Bally Bagayoko et Bakary Soukouna se sont connus au lycée Paul Éluard de Saint-Denis, selon les informations recoupées par le JDD et Frontières Media. À son arrivée en mairie, Bagayoko a confié à Soukouna la délégation du sport, des événements et des équipements sportifs. Ce choix est au cœur de la controverse.
Jules Laurans, journaliste de Frontières, déclare sur CNews : «L’adjoint au maire appartient à une grande famille du narcotrafic du 93». La famille Soukouna est connue des services de police pour plusieurs affaires de violences et de trafic de stupéfiants en Seine-Saint-Denis, selon le JDD et Frontières.
La perquisition de novembre 2022 : 50 kg de cannabis et une kalachnikov
En novembre 2022, Souleymane et Yamadou Soukouna - frères de l’actuel adjoint - ont été interpellés dans le cadre d’un démantèlement d’un réseau de narcotrafic à Saint-Denis. Lors de la perquisition, les forces de l’ordre ont saisi 50 kg de cannabis, une kalachnikov et un gilet pare-balles, selon des éléments corroborés par Frontières et par une vidéo relayée sur les réseaux sociaux.
La famille Soukouna figure dans plusieurs procédures judiciaires liées aux stupéfiants dans le département, d’après le JDD. Les suites judiciaires de l’affaire de 2022 n’ont pas été précisées dans les sources disponibles à ce stade.
Des figures du trafic à la soirée électorale du 15 mars 2026
L’enquête de Frontières ne se limite pas à l’adjoint. Elle pointe la présence, lors de la soirée de victoire de Bally Bagayoko, de personnages identifiés comme liés au narcotrafic. Parmi eux, Sidibé Badara, dont le rôle précis dans les réseaux n’est pas détaillé dans les sources disponibles.
Jules Laurans précise sur X avoir croisé témoignages de policiers, sources internes et documents pour établir ce qu’il décrit comme un «écosystème de trafiquants» ayant soutenu la candidature. Ces allégations restent à ce jour non confirmées par une autorité judiciaire.
Pas de réponse de la mairie, des menaces contre les journalistes
Bally Bagayoko n’a pas répondu aux sollicitations de Frontières avant publication, selon le magazine. Aucune réaction officielle de la mairie de Saint-Denis n’a été enregistrée depuis la parution de l’enquête le 29 avril 2026.
Le 1er mai 2026, Jules Laurans a signalé des menaces et intimidations contre son équipe à Saint-Denis, selon un article publié sur info.fr. Les circonstances précises de ces menaces et l’identité des auteurs présumés n’ont pas été précisées dans les sources disponibles.
CNews et le JDD ont tous deux relayé les conclusions du magazine, conférant à l’affaire une audience nationale. Le parquet de Bobigny n’avait pas communiqué à ce stade sur une éventuelle ouverture d’enquête.
Contexte dans la Seine-Saint-Denis
Saint-Denis est la préfecture du département le plus densément peuplé de France métropolitaine hors Paris, avec environ 115 000 habitants. Le 93 concentre, selon les chiffres de l’OFAST (Office anti-stupéfiants), certaines des zones de deal les plus actives d’Île-de-France. Plusieurs procédures judiciaires majeures ont visé des réseaux séquano-dyonisiens ces dernières années.
La question du lien entre élus locaux et environnement criminel n’est pas propre au département, mais elle y prend une résonance particulière compte tenu de l’intensité du phénomène. À Écully, une tentative d’incendie avait visé la villa de la sœur d’un narcotrafiquant, illustrant la porosité entre les cercles familiaux et les réseaux criminels dans plusieurs villes françaises. Dans les Bouches-du-Rhône, le préfet avait réuni les nouveaux maires sur la thématique sécurité peu après les municipales de 2026, signe que la question s’impose dans l’agenda des élus.
Les municipales de mars 2026 ont vu LFI s’imposer dans plusieurs grandes communes de Seine-Saint-Denis. À Saint-Denis, Bally Bagayoko succède à une longue tradition de maires de gauche. L’enquête de Frontières est la première à documenter publiquement des liens allégués entre son entourage direct et des réseaux criminels.
Une enquête de 160 pages, une méthode revendiquée
Le magazine Frontières consacre un numéro entier de 160 pages à l’affaire Bagayoko, disponible en kiosque depuis le 29 avril 2026. La rédaction revendique un travail de plusieurs mois croisant sources policières, témoignages et documents. C’est le même média qui avait signé plusieurs enquêtes sur le narcotrafic en banlieue parisienne ces dernières années.
Jules Laurans est l’auteur principal de l’enquête. Il avait déjà couvert des sujets similaires pour Frontières, selon les informations disponibles sur le site du magazine. La méthodologie revendiquée - croisement de témoignages policiers et de sources internes - reste à ce stade non vérifiable indépendamment par info.fr.
Bally Bagayoko dispose du droit de répondre publiquement aux allégations. Aucune conférence de presse ni communiqué n’avait été annoncé au 3 mai 2026.
Sources
- Frontières Media : Enquête : Les réseaux de stups derrière l'élection de Bally Bagayoko
- Le Journal du Dimanche : À Saint-Denis, l'ombre du narcotrafic plane sur la nouvelle majorité de Bally Bagayoko
- CNews : Saint-Denis : les liens entre Bally Bagayoko et le narcotrafic révélés par une enquête
- Info.fr : Saint-Denis : menaces contre les journalistes de Frontières après enquête sur narcotrafic et Bagayoko