Saint-Denis : Bagayoko confirme le départ d’une vingtaine de policiers municipaux
Interrogé par l'opposition lors du conseil municipal du 28 mai, le maire LFI a reconnu ces départs liés au changement de doctrine sécuritaire.
Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), a confirmé jeudi soir le départ d'« un peu plus d'une vingtaine » d'agents de police municipale depuis son élection en mars 2026. L'aveu intervient sous la pression de l'opposition et dans un contexte de fusillade récente au quartier Gabriel-Péri.
L’essentiel
- Départs confirmés : « Un peu plus d’une vingtaine » d’agents de police municipale ont quitté leurs fonctions depuis l’élection de Bally Bagayoko au 1er tour des municipales du 15 mars 2026.
- Fusillade récente : Le 24 mai 2026 vers 15h30, deux personnes ont été grièvement blessées (dont une à la colonne vertébrale) lors d’une fusillade au quartier Gabriel-Péri, dans un contexte de trafic de stupéfiants.
- Effectifs de référence : La police municipale comptait environ 120 à 160 agents sous la précédente majorité PS de Mathieu Hanotin, selon Le Monde et le site de la mairie.
- Directeur sur le départ : Sofyan El Belqasmi, directeur de la police municipale depuis 2021, est lui aussi signalé comme partant, selon Le JDD.
- Doctrine : Le désarmement progressif, prioritairement le retrait des LBD, a été annoncé dès mars 2026 ; les armes à feu ne sont pas concernées à ce stade.
Une vingtaine de départs reconnus en séance
Lors du conseil municipal du jeudi 28 mai 2026, la conseillère d’opposition Sonia Bennacer a mis le maire face aux chiffres. Bally Bagayoko n’a pas éludé : « un peu plus d’une vingtaine » d’agents de police municipale ont quitté la ville depuis l’installation de la nouvelle municipalité, a-t-il reconnu, selon Le Parisien et CNews.
Le maire a attribué ces départs à des « choix personnels ou professionnels » des agents concernés. Il a parallèlement annoncé le recrutement de « dizaines » de nouveaux policiers municipaux, sans préciser de calendrier ni d’effectif cible.
La question du désarmement au cœur des tensions
Élu au premier tour le 15 mars 2026 sur une liste LFI/union de la gauche, Bagayoko avait annoncé dès mars un changement de doctrine : désarmement progressif de la police municipale, en commençant par le retrait des lanceurs de balles de défense (LBD). Les armes à feu restent pour l’instant en dotation.
Ce tournant tranche avec l’héritage de la majorité précédente. Sous Mathieu Hanotin (PS), la police municipale avait fortement monté en puissance, atteignant environ 120 agents sur le terrain, selon Le Monde et le site de la mairie de Saint-Denis.
Le départ du directeur de la police municipale, Sofyan El Belqasmi - en poste depuis 2021, signalé comme partant pour Rueil-Malmaison - illustre l’ampleur du tournant, selon Le JDD. Des adjoints seraient également sur le départ. La mairie de Saint-Denis est déjà au cœur d’autres polémiques politiques depuis l’installation de la nouvelle équipe.
La fusillade de Gabriel-Péri en toile de fond
Le timing des questions de l’opposition n’est pas anodin. Le dimanche 24 mai, vers 15h30, une fusillade a éclaté dans le quartier Gabriel-Péri, faisant deux blessés graves, dont un touché à la colonne vertébrale et à la jambe, selon la mairie de Saint-Denis. Le parquet a ouvert une enquête en lien avec le trafic de stupéfiants.
Pour l’opposition, cet épisode illustre une dégradation sécuritaire directement liée à la réduction des capacités d’intervention de la police municipale. La vidéo de l’échange entre Sonia Bennacer et le maire, diffusée sur X, a largement circulé dans les heures suivant la séance.
Contexte dans le département (Seine-Saint-Denis)
Saint-Denis est la commune la plus peuplée de Seine-Saint-Denis, avec plus de 110 000 habitants. Elle concentre des enjeux sécuritaires parmi les plus complexes d’Île-de-France, avec des quartiers classifiés QPV et un taux de criminalité structurellement élevé. Dans d’autres communes de la petite couronne, les préfets multiplient les arrêtés pour encadrer l’espace public.
La police municipale dionysienne avait été renforcée sous la précédente majorité PS, notamment en dotation et en effectifs, pour compléter l’action de la police nationale. Le changement de majorité rouvre un débat récurrent sur le rôle et l’armement de cette force dans les villes de grande couronne.
À l’échelle nationale, plusieurs communes de gauche ont engagé des réflexions sur le désarmement des polices municipales, sans qu’une commune de la taille de Saint-Denis ait encore franchi ce pas aussi explicitement. La situation dionysienne est donc suivie au-delà du 93. La Seine-Saint-Denis tente par ailleurs d’attirer des investisseurs dans le cadre de Choose France.
Le maire défend ses agents restants
Bagayoko a tenu à préciser que les agents qui restent ont « toute sa confiance ». Le désarmement est présenté comme graduel : priorité aux LBD, les armes à feu ne sont pas concernées dans l’immédiat, selon CNews et Wikipedia (page Bally Bagayoko, recoupée avec les médias).
La prochaine étape sera le suivi des recrutements annoncés : le maire s’est engagé à des embauches massives, sans chiffre précis rendu public à ce stade.
Sources
- Le Parisien : Police municipale à Saint-Denis : Bally Bagayoko confirme une vingtaine de départs sous pression de l'opposition
- CNews : Saint-Denis : le maire Bally Bagayoko confirme le départ d'une vingtaine de policiers municipaux
- Le JDD : Saint-Denis : Bally Bagayoko reconnaît le départ d'une vingtaine de policiers municipaux
- Mairie de Saint-Denis : Gabriel-Péri : fusillade – deux blessés graves