Saint-Denis : Bally Bagayoko confirme le départ d’une vingtaine de policiers municipaux
Lors du conseil municipal du 28 mai, le maire LFI a admis les départs sous interpellation de l'opposition, tout en annonçant de nouvelles recrues.
À Saint-Denis, le maire Bally Bagayoko a confirmé le 28 mai 2026, lors du conseil municipal, le départ d'une vingtaine de policiers municipaux depuis son élection en mars. La conseillère d'opposition Sonia Bennacer avait mis le sujet sur la table, dénonçant une dégradation de la sécurité.
L’essentiel
- Une vingtaine de départs : Bally Bagayoko a confirmé lors du conseil municipal du 28 mai 2026 le départ d’environ vingt policiers municipaux depuis son élection en mars 2026.
- Opposition en séance : La conseillère municipale Sonia Bennacer a interpellé le maire sur les effectifs et la dégradation de la sécurité.
- Nouvelles recrues annoncées : Le maire a annoncé l’arrivée de « plusieurs dizaines » de nouveaux agents pour compenser les départs.
- Élection au premier tour : Bally Bagayoko (LFI) a remporté les municipales le 15 mars 2026 avec 50,77 % des suffrages, succédant à Mathieu Hanotin.
- Effectifs de référence : La police municipale comptait environ 120 à 135 postes sur un total de 160 agents avant les départs, selon le site de la mairie de Saint-Denis.
Ce qui s’est passé en séance
Le conseil municipal de Saint-Denis du 28 mai 2026 devait traiter de sujets variés - découpage des quartiers, tarifs de l’eau, restauration scolaire. Mais c’est la question de la police municipale qui a capté l’attention. La conseillère d’opposition Sonia Bennacer a interpellé directement le maire sur les effectifs et la dégradation de la sécurité dans la commune, selon Le Parisien.
Bally Bagayoko n’a pas esquivé. Il a confirmé le départ d’une vingtaine d’agents depuis son entrée en fonctions en mars 2026. Pour expliquer ces démissions ou mutations, il a invoqué des raisons de confort personnel ou de mobilité vers d’autres communes, sans davantage de détails selon les sources disponibles.
Des chiffres qui varient depuis mars
Depuis l’élection du maire LFI le 15 mars 2026, les chiffres de départs ou de demandes de mutation ont oscillé entre 2 et 90 selon les sources et les périodes, rapporte Le Parisien. Cette dispersion s’explique en partie par les annonces du maire sur le désarmement progressif de sa police municipale, notamment le retrait des lanceurs de balles de défense (LBD). Ces annonces avaient provoqué des tensions dès les premières semaines du mandat.
Le chiffre de « une vingtaine » est désormais celui retenu officiellement, confirmé en séance publique sous la pression de l’opposition. Il reste inférieur aux estimations les plus alarmistes qui circulaient depuis le printemps.
La réponse de la majorité : de nouveaux agents en renfort
Bally Bagayoko a annoncé en contrepartie l’arrivée de « plusieurs dizaines » de nouveaux policiers municipaux, sans préciser le calendrier ni les profils recherchés, selon CNews et Le Parisien. La mairie n’a pas encore détaillé publiquement le programme de recrutement ni les délais de formation des nouvelles recrues.
Le maire a également publié sur X un résumé des décisions du conseil municipal, centré sur les autres points à l’ordre du jour :
Contexte dans la Seine-Saint-Denis
Saint-Denis est la deuxième ville d’Île-de-France par la population, avec environ 149 000 habitants (INSEE 2023), et la plus peuplée de Seine-Saint-Denis. La commune a fusionné avec Pierrefitte-sur-Seine pour former une commune nouvelle, ce qui élargit encore le périmètre d’intervention de la police municipale.
Le département du 93 concentre historiquement des défis sécuritaires importants. La Seine-Saint-Denis est régulièrement citée parmi les territoires où les effectifs de police nationale sont sous tension. La police municipale y joue un rôle complémentaire. Les autorités du 93 gèrent par ailleurs d’autres urgences cet été, dont la surveillance des cours d’eau en période de canicule.
Dans ce contexte, la doctrine de désarmement partiel portée par Bally Bagayoko tranche avec les pratiques de son prédécesseur Mathieu Hanotin. Le maire LFI avait été élu dès le premier tour avec 50,77 % des voix, selon Wikipedia et Le Monde. L’installation du conseil municipal avait déjà été qualifiée de « houleuse » par Le Monde. La Seine-Saint-Denis attire par ailleurs de nouvelles implantations économiques dans le cadre de Choose France, ce qui renforce l’enjeu de stabilité du territoire.
L’opposition et la suite
Sonia Bennacer et les élus d’opposition n’ont pas obtenu de réponses chiffrées sur le calendrier de recrutement ni sur le niveau d’effectifs cible. La question de la doctrine d’armement - et notamment du sort des LBD - n’a pas été tranchée en séance selon les informations disponibles à ce stade. D’autres communes franciliennes planifient leurs exercices de sécurité civile pour l’été 2026, illustrant la diversité des approches locales en matière de tranquillité publique.
Le prochain conseil municipal de Saint-Denis-Pierrefitte sera l’occasion de vérifier si les recrutements annoncés se concrétisent dans les délais indiqués par le maire.
Sources
- Le Parisien : Police municipale à Saint-Denis : Bally Bagayoko confirme une vingtaine de départs sous pression de l'opposition
- CNews : Saint-Denis : le maire Bally Bagayoko confirme le départ d'une vingtaine de policiers municipaux
- Le Monde : A Saint-Denis, où l'« insoumis » Bally Bagayoko a été élu dès le premier tour, un conseil municipal d'installation houleux
- Mairie de Saint-Denis : Police municipale de Saint-Denis