Saint-Denis : une vingtaine de policiers municipaux partis, 56 mutations demandées
Le maire LFI Bally Bagayoko a confirmé le 28 mai les départs, liés à sa doctrine de désarmement progressif annoncée dès mars 2026.
Deux mois après son élection, le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko reconnaît qu'une vingtaine de policiers municipaux ont quitté la commune. Selon un décompte transmis au Parisien, 56 agents sur environ 135 auraient demandé leur mutation, dont le directeur de la police municipale.
L’essentiel
- Départs confirmés : une vingtaine de policiers municipaux ont quitté Saint-Denis depuis l’élection de Bally Bagayoko le 15 mars 2026, sur un effectif d’environ 135 agents.
- 56 demandes de mutation : selon un décompte d’un agent transmis au Parisien, 56 policiers auraient formulé une demande de mutation depuis le changement de majorité.
- Le directeur concerné : Sofyan El Belqasmi, directeur de la police municipale, ferait partie des départs, selon plusieurs médias concordants.
- Doctrine en cause : le maire a annoncé dès fin mars 2026 un désarmement progressif, avec retrait des LBD en priorité.
- Déclaration publique : Bally Bagayoko a confirmé ces chiffres le 28 mai 2026, lors du conseil municipal et sur sa chaîne YouTube.
Ce que le maire a confirmé le 28 mai
Lors du conseil municipal du 28 mai 2026, et dans une session questions-réponses diffusée sur sa chaîne YouTube, Bally Bagayoko a reconnu le départ d’un peu plus d’une vingtaine de policiers municipaux depuis sa prise de fonction. Le maire a qualifié ces départs de phénomène « naturel » dans un contexte de changement de majorité. « Nous les remplacerons tous », a-t-il déclaré, selon actu.fr, ajoutant recevoir des candidatures.
Ces déclarations interviennent sous pression de l’opposition, qui avait interpellé la majorité sur la situation des effectifs lors de la même séance. Le Parisien rapporte qu’un agent de la police municipale a transmis au journal un décompte faisant état de 56 demandes de mutation depuis l’élection du nouveau maire - soit près de 40 % de l’effectif de terrain estimé à 120 agents sur le terrain (160 au total selon le site de la mairie).
Le directeur de la police municipale sur le départ
Parmi les départs signalés, celui du directeur de la police municipale est confirmé par plusieurs sources croisées. Sofyan El Belqasmi, selon des informations rapportées par actu.fr et Le Figaro, envisagerait de rejoindre Rueil-Malmaison avec un adjoint. La mairie n’a pas formellement commenté cette nomination de remplacement à ce stade.
À noter : en avril, le maire avait démenti des chiffres plus élevés circulant sur les réseaux sociaux - jusqu’à 90 départs évoqués dès mars. Il affirmait alors que seuls deux agents avaient quitté la commune, selon BFM TV. La réalité, qu’il reconnaît désormais lui-même, se situe à une vingtaine de départs effectifs pour deux mois d’exercice.
Le désarmement progressif, facteur déclenchant
Bally Bagayoko avait annoncé dès fin mars 2026 un « processus de désarmement progressif » de la police municipale de Saint-Denis. Concrètement : retrait des lanceurs de balles de défense (LBD) en priorité, maintien des armes à feu avec une doctrine à redéfinir, selon Le Figaro et BFM TV.
Cette orientation a provoqué un malaise immédiat au sein des effectifs. Dès avril, Le Parisien publiait des témoignages d’agents évoquant une « perte de sens » et une attente impatiente de mutation. Plusieurs citaient la crainte d’intervenir sans équipement adapté dans une ville classée parmi les plus exposées aux violences en Seine-Saint-Denis. Pour mémoire, à quelques kilomètres, à Bobigny, un homme armé de deux couteaux a blessé deux voisins avant d’être abattu par un policier en mai 2026, illustrant les réalités du terrain dans le département.
Contexte dans la Seine-Saint-Denis
Saint-Denis est la commune la plus peuplée de Seine-Saint-Denis, avec environ 115 000 habitants. La ville figure régulièrement parmi les territoires les plus touchés par la délinquance en Île-de-France, ce qui fait de la police municipale un enjeu politique de premier plan.
L’élection de Bally Bagayoko au premier tour des municipales du 15 mars 2026, avec 50,77 % des voix, a marqué un basculement net vers La France insoumise. Sa ligne sur le désarmement de la police municipale, inédite à cette échelle en Seine-Saint-Denis, tranche avec les politiques sécuritaires des communes voisines. La question du maintien d’une police municipale armée fait débat dans plusieurs villes du département, mais aucune autre commune du 93 n’a, à ce jour, enclenché une démarche similaire de désarmement.
Le sujet est également scruté au niveau national : CNews, Le Figaro, Le JDD et BFM TV ont tous couvert la situation dyonisienne ces dernières semaines, signe que Saint-Denis devient un cas d’école dans le débat sur l’armement des polices municipales.
Recrutement : des incertitudes sur le remplacement
Le maire assure que les postes vacants seront pourvus. Il dit recevoir des CV de candidats « qui partagent la vision » de la nouvelle municipalité, selon actu.fr. Mais recruter des policiers municipaux prêts à exercer dans une commune où les LBD sont retirés et où la doctrine armée reste à définir représente un défi réel de recrutement, comme le reconnaît indirectement la mairie. Aucun calendrier précis de recrutement n’a été communiqué à ce stade.
La prochaine étape sera de voir si la majorité présente un plan de redéploiement des effectifs lors d’un prochain conseil municipal, alors que les 56 demandes de mutation en attente font peser une incertitude sur la couverture sécuritaire de la ville cet été.
Sources
- actu.fr : Bally Bagayoko annonce qu'une vingtaine de policiers municipaux ont quitté Saint-Denis depuis son élection
- Le Parisien : Police municipale à Saint-Denis : Bally Bagayoko confirme une vingtaine de départs sous pression de l'opposition
- CNews : Saint-Denis : le maire Bally Bagayoko confirme le départ d'une vingtaine de policiers municipaux
- Le Figaro : Le nouveau maire LFI de Saint-Denis annonce un processus de désarmement de la police municipale