Saint-Denis : fusillade à Gabriel-Péri, deux blessés graves sur fond de départs de policiers

Le 24 mai 2026, deux hommes grièvement blessés place Stéphan-Mallarmé, alors que le maire Bally Bagayoko confirme le départ d'une vingtaine d'agents municipaux.

Saint-Denis : fusillade à Gabriel-Péri, deux blessés graves sur fond de départs de policiers
Illustration Viviane Payet / info.fr

Une fusillade a éclaté le 24 mai 2026 vers 15h30 dans la cité Gabriel-Péri à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), blessant grièvement deux hommes. L'enquête est confiée à la police judiciaire du 93. Le fait-divers survient dans un contexte de tensions autour du désarmement de la police municipale voulu par le nouveau maire LFI Bally Bagayoko.

L’essentiel

  • 24 mai 2026, 15h30 : fusillade place Stéphan-Mallarmé dans la cité Gabriel-Péri à Saint-Denis (93), deux hommes grièvement blessés.
  • Blessures : un homme atteint par balles à la colonne vertébrale et à une jambe, un autre frappé à la tête par jets de pierre lors d’un passage à tabac.
  • Enquête : confiée au service départemental de police judiciaire de Seine-Saint-Denis, sous l’autorité du parquet de Bobigny ; plusieurs interpellations signalées.
  • Contexte politique : fin mai 2026, le maire LFI Bally Bagayoko confirme le départ d’« un peu plus d’une vingtaine » de policiers municipaux depuis son élection en mars 2026, lié à un processus de désarmement progressif.
  • Précédent immédiat : un homme de 20 ans avait déjà été grièvement blessé par arme à feu deux jours plus tôt dans le quartier Pierre-Semard de la même cité.

Ce qui s’est passé place Stéphan-Mallarmé

Dimanche 24 mai 2026, vers 15h30, des coups de feu éclatent place Stéphan-Mallarmé, au cœur de la cité Gabriel-Péri à Saint-Denis. Deux hommes sont grièvement blessés. Le premier est touché par balles à la colonne vertébrale et à une jambe. Le second est victime d’un passage à tabac : il reçoit des jets de pierre à la tête, selon la mairie de Saint-Denis et Le Parisien.

Les deux victimes sont connues des services de police pour trafic de stupéfiants. La fusillade s’inscrit, selon les mêmes sources croisées, dans un contexte de règlement de comptes lié à un point de deal actif dans le secteur.

L’adjointe au maire Sofia Boutrih (PCF), présente sur place au moment des faits, a déclaré selon le communiqué officiel de la ville : « J’ai entendu les tirs et j’ai découvert un jeune garçon à terre, allongé sur le dos. » Elle a appelé à l’apaisement et à la solidarité.

La réaction de la mairie et la cellule de crise

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La ville de Saint-Denis a publié un communiqué dès le 24 mai, mobilisant ses services et appelant au calme. Une cellule de crise a été mise en place à l’antenne jeunesse Péri, toujours selon le site officiel de la commune.

Le maire Bally Bagayoko, élu le 15 mars 2026 au premier tour avec 50,77 % des voix sur une liste LFI-PCF-SSDAC, succédant à Mathieu Hanotin (PS), n’a pas commenté publiquement la fusillade dans l’immédiat. Sur la question sécuritaire plus globale, il a déclaré sur franceinfo que le commissariat de police nationale est situé à « 800 mètres » de la cité et que « la solution doit être ailleurs ».

L’enquête et les interpellations

L’enquête a été ouverte et confiée au service départemental de police judiciaire de Seine-Saint-Denis (SDPJ 93), sous l’autorité du parquet de Bobigny, selon Le Parisien et Actu.fr. Plusieurs interpellations ont eu lieu dans les heures suivantes. Les investigations portent sur les circonstances exactes de la fusillade et l’identification des auteurs des coups de feu et du passage à tabac.

Le contexte de trafic de stupéfiants dans la cité Gabriel-Péri est documenté. La lutte contre le narcotrafic mobilise également les autorités dans d’autres départements, avec des fermetures administratives de commerces liés à ces réseaux signalées en Drôme début juin 2026.

Le désarmement de la police municipale, toile de fond du débat

La fusillade du 24 mai intervient dans un contexte local tendu autour de la police municipale. Fin mai 2026, Bally Bagayoko a confirmé publiquement le départ d’« un peu plus d’une vingtaine » de policiers municipaux depuis son élection, selon CNews et Ouest-France. Ces départs sont liés au processus de désarmement progressif engagé par la nouvelle municipalité, dont le retrait des lanceurs de balles de défense (LBD).

Avant ces départs, l’effectif de la police municipale saint-dionysienne était estimé entre 135 et 160 agents, dont environ 120 à 135 policiers actifs, selon Ouest-France. Des rumeurs de départs massifs - jusqu’à 90 agents - avaient circulé, mais le maire les a démenties, confirmant le chiffre d’une vingtaine.

Bally Bagayoko assure que ces postes seront remplacés. La question du profil des remplaçants - armés ou non - reste en suspens.

Le débat dépasse Saint-Denis. La question des effectifs sécuritaires et de leur présence nocturne est soulevée dans d’autres communes, comme à Vittel où les absences de la gendarmerie ont récemment fait l’objet d’un débat au conseil municipal.

Contexte dans le département de Seine-Saint-Denis

Saint-Denis est la ville la plus peuplée de Seine-Saint-Denis, avec environ 115 000 habitants. Le département (93) concentre certains des indicateurs de délinquance et de pauvreté les plus élevés d’Île-de-France. La cité Gabriel-Péri, grand ensemble du nord de la ville, est régulièrement concernée par des faits liés aux trafics de stupéfiants.

La fusillade du 24 mai n’est pas isolée. Deux jours auparavant, un homme de 20 ans avait été grièvement blessé par arme à feu dans le quartier Pierre-Semard, situé dans la même cité, selon la mairie et Le Parisien. Cette succession d’incidents alimente l’inquiétude des habitants du secteur, dont Le Parisien rapporte le témoignage sous le titre : « Nous avons peur ».

Sur le plan judiciaire, le parquet de Bobigny - juridiction compétente pour l’ensemble du 93 - pilote régulièrement des enquêtes sur des faits de violences armées liées aux trafics. Bobigny mobilise par ailleurs plusieurs services sur d’autres fronts sécuritaires, dont un exercice canicule de grande ampleur organisé début juin.

Le débat sur l’armement de la police municipale à Saint-Denis s’inscrit dans une fracture plus large entre les partisans d’une police de proximité armée et ceux d’un modèle de médiation sociale sans armes létales - ligne portée par la majorité LFI-PCF depuis mars 2026.

Un quartier sous tension, des habitants dans l’angoisse

Selon Le Parisien, les riverains de la cité Gabriel-Péri expriment une inquiétude croissante après cette nouvelle fusillade. Le journal cite des témoignages d’habitants décrivant la peur de laisser leurs enfants jouer dans la cité. La présence de l’adjointe Sofia Boutrih sur place dans les minutes suivant les coups de feu a été relevée comme un signal de la mobilisation municipale.

Les saisies de drogues liées à des enquêtes en cours touchent plusieurs territoires : à Basse-Goulaine (Loire-Atlantique), 8 kg de cocaïne ont été découverts fortuitement lors d’une perquisition pour escroquerie, illustrant l’étendue des réseaux de trafic au-delà des grandes métropoles.

À Saint-Denis, la prochaine étape sera la progression de l’enquête du SDPJ 93 et l’éventuelle mise en examen de suspects interpellés. La mairie devra également préciser, dans les semaines à venir, le calendrier exact des recrutements destinés à compenser les départs de policiers municipaux.

Sources

Viviane Payet

Viviane Payet

Viviane est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de La Réunion (974), avec Saint-Denis pour chef-lieu. Spécialité du département : cirques UNESCO et volcan actif. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Outre-mer.

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