Saint-Denis : des milliers de personnes mobilisées contre le racisme autour de leur maire

Entre 6 000 et 15 000 personnes ont répondu à l'appel du maire LFI Bally Bagayoko, victime d'attaques racistes depuis son élection.

Saint-Denis : des milliers de personnes mobilisées contre le racisme autour de leur maire
Illustration Fatima Benali / info.fr

Le 4 avril 2026, le parvis de la mairie de Saint-Denis a accueilli un rassemblement massif contre le racisme, à l'initiative du nouveau maire Bally Bagayoko. Musique, théâtre engagé et discours politiques ont marqué une journée qui dépasse désormais les frontières du 93.

Trois semaines après son élection au premier tour des municipales, le 15 mars 2026, Bally Bagayoko avait convoqué ses administrés sur le parvis de l’hôtel de ville. La réponse a été massive. Entre 6 000 et 15 000 personnes selon les sources - la mairie revendique 15 000 - , ont répondu à l’appel, dans une ambiance que les participants décrivent comme festive et déterminée.

Des chants scandaient « Résistance ! Résistance ! » avant que La Marseillaise ne conclue le rassemblement. Des performances musicales et théâtrales ont ponctué la journée, transformant la mobilisation politique en événement culturel.

Des attaques racistes depuis le soir de l’élection

Le contexte est direct. Dès le soir du 15 mars, Bally Bagayoko, d’origine malienne et natif des Hauts-de-Seine, a été la cible d’attaques racistes. Sur LCI, ses propos - « ville des rois et du peuple vivant » - ont été déformés en « ville des Noirs ». Les 27 et 28 mars, des injures ont été proférées sur CNews, selon France Info. Le standard de la mairie a reçu de nombreux appels racistes depuis son élection.

Bagayoko a pris la parole sans détour : « Le racisme est, bien sûr, un combat que nous allons gagner ! », a-t-il lancé à la foule, dénonçant également « l’ensemble des médias racistes qui font prospérer le racisme », selon Le Parisien.

Une gauche unie en façade, divisée en coulisses

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Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot, Sophia Chikirou et Éric Coquerel étaient présents. Des délégations PS, EELV et PCF également. Le MRAP, SOS Racisme, la LDH, la FSU et Solidaires avaient co-signé l’appel, selon la LDH. Mohamed Gnabaly, maire écologiste de L’Île-Saint-Denis, a pris la parole.

Le Parisien note pourtant que LFI n’est pas parvenu à « masquer les divisions de la gauche » lors de la journée, les tensions internes restant présentes malgré l’affichage unitaire.

Un précédent local ancré dans l’histoire

Saint-Denis n’en est pas à son premier rendez-vous antiraciste. Le 2 décembre 1983, un rassemblement local avait précédé la grande Marche pour l’égalité et contre le racisme, qui avait réuni 100 000 personnes à Paris, après le meurtre raciste de Toufik Ouanès à La Courneuve. Contrairement à l’élection de Mathieu Hanotin en 2020, qui n’avait pas suscité de vague haineuse comparable, l’élection de Bagayoko a, selon France Info, « cristallisé un débat national sur la discrimination raciale ».

Prochaine étape : le 3 mai à Paris

Depuis le parvis, Bally Bagayoko a annoncé la création d’un réseau national de maires contre le racisme et une demande de rendez-vous auprès du Premier ministre Sébastien Lecornu, selon le site de la mairie. Une marche nationale est prévue le 3 mai 2026 à Paris, avec vocation à « se déployer sur l’ensemble des territoires de l’Hexagone », a-t-il précisé à France Info.

Sources

Fatima Benali

Fatima Benali

Basée à Bobigny, elle traite les tensions sur le logement, les débats sur la sécurité, les projets de Grand Paris Express et les inégalités scolaires. Issue de l'ESJ Lille, elle a grandi en Seine-Saint-Denis. Méthode rigoureuse : interroger les élus, les associations, les enseignants, vérifier les statistiques de la préfecture avant de publier.

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