Saint-Éloi en Creuse : les habitants mobilisés contre une coupe forestière de 13 hectares

Une promenade de protestation est organisée ce samedi 25 avril à Faucoutance pour alerter sur les impacts environnementaux et économiques.

Saint-Éloi en Creuse : les habitants mobilisés contre une coupe forestière de 13 hectares
Illustration Jean Faucher / info.fr

À Saint-Éloi, commune de 180 habitants en Creuse, les résidents s’opposent à un projet de coupe rase de 13 hectares porté par l’entreprise Mondy. Prévue comme une coupe d’amélioration, cette intervention suscite des craintes pour la biodiversité et le paysage local. Une mobilisation qui s’inscrit dans un conflit plus large contre les coupes forestières dans le département.

Une promenade pour dire « non » à la coupe rase

Ce samedi 25 avril 2026, à 15 heures, les habitants de Saint-Éloi se réunissent à Faucoutance pour une promenade de protestation. L’objectif : alerter sur les conséquences d’une coupe rase de 13 hectares, prévue par l’entreprise Mondy dans les prochaines semaines. Selon Yonne Lautre, le plan simple de gestion forestier prévoyait une coupe d’amélioration, et non une coupe rase, ce qui soulève des questions sur la conformité du projet.

Les opposants dénoncent un risque pour la biodiversité. La parcelle concernée abrite des espèces protégées, et son défrichement pourrait aggraver l’érosion des sols, déjà fragilisés par des coupes précédentes. « C’est une marche blanche pour dire adieu à la forêt », résume La Montagne, citant un riverain.

Un conflit qui dure depuis 2025

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La mobilisation ne date pas d’hier. En octobre 2025, 80 % des 180 habitants de la commune avaient signé une pétition contre les coupes rases, selon France 3 Nouvelle-Aquitaine. Un rassemblement avait eu lieu au lieu-dit Montpigeaud, où plusieurs hectares avaient déjà été rasés. Depuis cinq ans, 200 hectares de forêt ont disparu à Saint-Éloi, soit 20 % de la surface boisée de la commune. À ce rythme, la totalité du massif pourrait être abattue d’ici 2045, alerte un rapport de l’association Canopée cité par Actu-Environnement.

Le conflit dépasse les limites de la commune. En mai 2025, une coupe de 7 hectares à Mourioux-Vieilleville avait été temporairement arrêtée grâce à l’intervention de Canopée, avant de reprendre sous protection policière en octobre. L’association a même relayé le combat des habitants de Saint-Éloi jusqu’à la Commission européenne lors d’une tournée en octobre 2025.

Des arguments divergents

Les forestiers impliqués dans ces projets défendent leur approche. Le Comptoir des Bois de Brive, cité par France 3, affirme respecter la réglementation et pratiquer une gestion durable. Pourtant, les habitants de Saint-Éloi restent sceptiques. Pour eux, les coupes rases menacent non seulement l’environnement, mais aussi l’attractivité touristique et économique de la région.

La promenade de ce samedi pourrait marquer une nouvelle étape dans ce bras de fer. Les organisateurs espèrent attirer l’attention des autorités départementales et régionales, alors que la coupe est toujours prévue pour les semaines à venir.

Contexte

La Creuse est l’un des départements les plus boisés de France, avec près de 30 % de sa surface couverte par des forêts. Les conflits autour des coupes rases y sont récurrents depuis plusieurs années. En 2024, une mobilisation similaire avait eu lieu à Sainte-Feyre, où les habitants s’étaient opposés à un projet de défrichement pour un parc éolien.

Et maintenant ?

La prochaine étape pourrait être une médiation entre les habitants, l’entreprise Mondy et les services de l’État. Une réunion est envisagée dans les prochains jours, selon des sources locales. En attendant, les opposants comptent sur la promenade de samedi pour faire entendre leur voix.

Sources

Jean Faucher

Jean Faucher

Installé à Guéret, couvre la désertification, l'élevage ovin, les tensions sur les services publics et les projets de redynamisation rurale. Formé en PQR limousine, il connaît chaque canton de la Creuse. Posture : rencontrer les maires, les agriculteurs, les infirmières libérales, vérifier les budgets départementaux, ne rien laisser passer sans enquête de terrain.

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