Saint-Étienne-du-Rouvray : un sit-in bloque l’expulsion d’une famille algérienne
Des militants et élus ont empêché jeudi l'expulsion d'une famille de six personnes sous OQTF, dont un enfant autiste nécessitant des soins
Une mobilisation citoyenne a bloqué jeudi 16 juillet l'expulsion d'une famille algérienne installée depuis 2019 à Saint-Étienne-du-Rouvray. Deux parents et quatre enfants, dont l'un souffre d'autisme, sont visés par une OQTF. Le bailleur CDC Habitat n'a proposé qu'un hébergement de six nuits.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Une famille algérienne de six personnes, dont un enfant autiste, visée par une OQTF depuis deux ans à Saint-Étienne-du-Rouvray
- Un sit-in de militants et élus a bloqué l'expulsion jeudi 16 juillet 2026
- CDC Habitat a initié la procédure après cession de l'immeuble par la ville
- Le SIAO n'a proposé qu'un hébergement temporaire de six nuits
- La préfecture a rejeté la régularisation en invoquant des ressources précaires et une intégration insuffisante
À Saint-Étienne-du-Rouvray, commune de 28 000 habitants de l’agglomération rouennaise, une famille algérienne de six personnes a échappé jeudi 16 juillet à une expulsion de son logement rue Jules Raimu. Un sit-in regroupant des militants associatifs, des habitants et des élus locaux a bloqué l’intervention pendant plusieurs heures, selon Police & Réalités.
La famille, arrivée en France avant juillet 2016, est sous le coup d’une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) datant de deux ans. Les parents, Boumédiène, 52 ans, ancien agent de bureau à Oran, et son épouse, élèvent quatre enfants dont l’un souffre d’autisme sévère nécessitant un suivi médical spécialisé.
CDC Habitat à l’origine de la procédure
L’expulsion a été initiée par CDC Habitat, filiale de la Caisse des Dépôts, après la cession de l’immeuble par la municipalité. Le bailleur social a engagé la procédure d’évacuation du logement occupé par la famille depuis sept ans.
Le Service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO) n’a proposé qu’une solution d’hébergement temporaire de six nuits, sans perspective de relogement durable, rapporte Le Parisien. Cette offre a été jugée insuffisante par les associations mobilisées.
Une régularisation refusée par la préfecture
La préfecture de la Seine-Maritime a rejeté la demande de régularisation de la famille en invoquant des ressources financières précaires et une intégration jugée insuffisante, selon Seven Radio. Le père travaille occasionnellement sans autorisation, ce qui complique la régularisation de sa situation administrative.
Le Réseau éducation sans frontières et la Confédération syndicale des familles dénoncent cette décision. Elles estiment que la préfecture ignore la continuité des soins nécessaires pour l’enfant autiste, pris en charge dans des structures locales depuis l’arrivée de la famille.
Contexte dans la Seine-Maritime
Saint-Étienne-du-Rouvray, deuxième ville du département après Rouen, compte une importante population d’origine étrangère dans son tissu urbain. La commune a connu en 2016 l’assassinat du père Jacques Hamel par deux terroristes, événement qui avait marqué durablement le territoire.
Les associations locales accompagnent régulièrement des familles en situation irrégulière confrontées à des OQTF. Le cas de cette famille algérienne s’inscrit dans un débat récurrent sur l’équilibre entre application de la loi sur l’immigration et prise en compte des situations humanitaires, notamment lorsque des enfants scolarisés ou nécessitant des soins sont concernés.
Les tensions autour de l’immigration ont également touché récemment d’autres villes de la région, comme à Alès où le maire a reçu des menaces.
Une expulsion susceptible d’être reprogrammée
Malgré la suspension de jeudi, l’expulsion reste programmable à tout moment, préviennent les associations. La famille demeure dans l’incertitude quant à son avenir sur le territoire français.
Les militants mobilisés appellent à une révision du dossier par la préfecture, en tenant compte de l’ancrage scolaire des enfants et du suivi médical indispensable pour l’enfant autiste. Aucune nouvelle date d’expulsion n’a été communiquée à ce stade.
