Saint-Étienne : inauguration d’OPERA, nouveau labo photonique pour surveiller les déchets nucléaires
Le laboratoire commun OPERA, piloté par l'Université Jean Monnet, le CNRS et Orano, développe des technologies de surveillance en temps réel des installations nucléaires.
Inauguré le 5 juin 2026 à Saint-Étienne, le laboratoire OPERA (UJM-CNRS-Orano) conçoit des capteurs photoniques résistants aux radiations. L'objectif améliorer la sûreté et préparer les futures usines d'Orano.
L’essentiel
- Fait 1 : Inauguration le 5 juin 2026 du laboratoire commun OPERA à l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne.
- Fait 2 : Partenariat UJM, CNRS et Orano pour développer des technologies photoniques de surveillance en temps réel.
- Fait 3 : Exemples de réalisations : dosimètre sur drone testé à La Hague, bouchon intelligent, capteurs de température à réseaux Bragg.
- Fait 4 : Objectif : détecter des doses de radiations plus faibles et intégrer ces innovations dans les futures usines d’Orano (horizon 2040-2050).
Le campus Manufacture de l’Université Jean Monnet a accueilli, le 5 juin 2026, l’inauguration d’OPERA (Innovative Photonics Instrumentation @ Orano Plants). Ce laboratoire commun réunit l’université stéphanoise, le CNRS et le groupe Orano. Il vise à concevoir une nouvelle génération d’instruments photoniques capables de surveiller en temps réel les installations nucléaires et les déchets radioactifs.
Florent Pigeon, président de l’UJM, a salué « la force des collaborations entre la recherche publique et l’industrie » lors de la cérémonie. Mehdi Gmar, représentant du CNRS, a insisté sur le levier que constitue la recherche partenariale pour l’innovation. Guillaume Dureau, d’Orano, a souligné que la photonique permet de « voir l’invisible » et de redéfinir l’opération des usines.
Des technologies concrètes déjà testées
OPERA ne part pas de zéro. La collaboration entre Orano, l’UJM et le CNRS existe depuis 2010, notamment via l’équipe MOPERE du Laboratoire Hubert Curien. Plusieurs technologies sont déjà opérationnelles : un dosimètre embarqué sur drone autonome, testé sur le site de La Hague ; un « bouchon intelligent » qui mesure en continu les radiations ; et des capteurs de température à réseaux de Bragg, insérés dans les emballages de déchets nucléaires.
Ces innovations sont conçues pour résister aux environnements extrêmes - radiations, températures élevées - et permettent une surveillance distribuée en temps réel. L’objectif est de détecter des doses de radioactivité plus faibles que les capteurs actuels, améliorant ainsi la sûreté.
Un partenaire historique : le Laboratoire Hubert Curien
Le laboratoire Hubert Curien (UMR CNRS 5516), qui fête ses 50 ans en 2026, est le pivot scientifique d’OPERA. Spécialisé en optique et photonique, il apporte son expertise des environnements sévères. Le nouveau laboratoire élargit le partenariat à d’autres équipes du LHC, au-delà de MOPERE.
Les capteurs développés sont passifs, ne nécessitent pas d’électronique active sur place, et peuvent être déployés dans des zones difficilement accessibles. Orano prévoit d’intégrer ces technologies dès la conception de ses futures usines, notamment le nouveau site de La Hague, dont la mise en service est envisagée vers 2040-2050.
Contexte dans la Loire
Saint-Étienne, historiquement tournée vers l’industrie et la métallurgie, voit sa filière recherche nucléaire se renforcer. La ville abrite déjà plusieurs laboratoires en lien avec les matériaux et l’énergie. L’implantation d’OPERA confirme la capacité du territoire à attirer des partenariats public-privé de haut niveau. En parallèle, l’actualité locale a été marquée par le départ de Brice Maubleu de l’AS Saint-Étienne, mais l’innovation scientifique reste un atout pour le bassin stéphanois.
Le département de la Loire compte environ 760 000 habitants. Avec l’Université Jean Monnet (environ 20 000 étudiants) et des écoles d’ingénieurs comme Télécom Saint-Étienne, le territoire mise sur les technologies de pointe pour diversifier son économie.
Prochaines étapes
Les équipes d’OPERA vont maintenant déployer et tester les capteurs sur des sites Orano en conditions réelles. L’enjeu est de valider leur fiabilité sur le long terme avant une industrialisation. Les premiers retours d’expérience sont attendus d’ici deux à trois ans. Les innovations issues du laboratoire pourraient ensuite être intégrées dans les cahiers des charges des nouvelles usines de traitement.
Le budget du laboratoire, non détaillé publiquement, est qualifié de « significatif » par Orano. Le partenariat devrait être renouvelé pour une durée initiale de cinq ans.
